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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Légitimité et illégitimité de la littérature et du théâtre
Posted: Monday, October 15, 2018 - 20:19

Colloque interuniversitaire jeunes chercheur·se·s

28 et 29 juin 2019 – Sorbonne Université / Sorbonne Nouvelle

Légitimité et illégitimité de la littérature et du théâtre :

Qui a le droit d’écrire quoi ? Qui a le droit de montrer quoi ?

« [I]l y a des limites que la littérature, même la plus légère, ne doit pas dépasser, et dont Gustave Flaubert et co-inculpés paraissent ne s'être pas suffisamment rendu compte ». Ces mots sont ceux du jugement rendu à l’issue du procès intenté à Gustave Flaubert devant le tribunal correctionnel de la Seine le 8 février 1857[1], tels qu’on les trouve rapportés par la Gazette des tribunaux. Quelques mois plus tard, le 20 août, l’avocat Ernest Pinard, qui occupait déjà la fonction de procureur général lors du procès de Madame Bovary, prononce un réquisitoire à l’encontre du Baudelaire des Fleurs du mal : « De bonne foi, croyez-vous qu’on puisse tout dire, tout peindre, tout mettre à nu […] ?[2] » Pierre Desproges se demandait si l’on pouvait « rire de tout », ce n’était en fait que le déplacement et la limitation au seul domaine de l’humour d’une question plus vaste que l’on pourrait formuler ainsi :  « peut-on écrire de tout ? », ou encore « peut-on tout écrire ? » Le débat suscité récemment par la réédition des pamphlets antisémites de Céline par Gallimard montre assez que la question de ce qui a droit à l’imprimé est loin de connaître un apaisant consensus, et la polémique autour de ces textes a aussi pour intérêt de complexifier le profil et les motivations des opposant.e.s à la libre publication, puisque ce sont ici des acteur·trice·s de la société civile (la LICRA[3], le BNVCA[4]) qui ont clamé que l’on ne peut pas tout dire sous prétexte de littérature. Le débat sur la légitimité des textes littéraires, qui a scandé les grandes étapes de notre histoire littéraire, des bienséances du théâtre classique au procès Genet d’Hambourg[5], est donc encore vivace. Cet éternel débat, dont les termes changent, illustre aussi l’évolution de notre rapport à la littérature (on ne reproche pas la même chose à un.e auteur·e du XVIe siècle et à un·e écrivain·e contemporain·e) autant que des pratiques d’écriture (un·e auteur·e qui veut être publié·e est bien obligé·e de savoir, selon le mot de Cocteau, « jusqu’où il peut aller trop loin »). Les diverses polémiques cristallisent en outre les tensions politiques de la société : que penser d’auteur·e·s francophones soupçonné·e·s de plagiat, tels Yambo Ouologuem ou Sony Labou Tansi ? Que dire encore des mises en scène controversées à l’instar de Kanata créé par Robert Lepage et Ariane Mnouchkine ?

Penser la légitimité de la littérature et du théâtre permet d’interroger les instances de légitimation : en effet, qui légitime les œuvres, qui les censure et comment ces phénomènes fonctionnent-ils ? On pourra également s’intéresser aux rapports entretenus par les écrivain·e·s avec les institutions (Église, Justice, Université, etc.) et aux stratégies qui leur permettent de déjouer la censure. Du reste, la récupération des œuvres polémiques ou périphériques par les institutions (notamment les théâtres subventionnés, les programmes scolaires...) pourra être interrogée : de quelle manière la société, en faisant de l’auteur·e un·e de ses membres honoré·e et donc honorable, met-elle à mal les potentialités subversives de la littérature ?

La question de la légitimité invite en outre à penser les processus de marginalisation. En effet, l’identité de l’auteur·e semble peser sur la reconnaissance de son œuvre lorsqu’il s’agit d’une identité dite subalterne. On pourra ainsi interroger les obstacles auxquels sont confronté.e.s des auteures femmes ou des écrivain.e.s issu.e.s de l’ancien empire colonial. Comment fonctionne l’occultation de ces écrivain.e.s, à quel moment sont-ils·elles marginalisé·e·s et sous quels prétextes ?

La légitimité a également partie liée avec la réception. Il pourra être intéressant d’aborder le poids des polémiques littéraires (procès, campagne de presse…) mais aussi théâtrales (on pense notamment aux mises en scène qui ont fait scandale) qui contribuent à consacrer une œuvre ou bien à la condamner à l’oubli. En outre, le canon littéraire pose la question des genres illégitimes : que dire des littératures oubliées par les cadres d’études, qui échappent aux divisions des champs universitaires et qui risquent par là de demeurer invisibles ? Peut-on, par exemple, ouvrir les portes du canon littéraire à un·e écrivain·e pornographique ou à des auteur·e·s de genres illégitimes, tel que les romans de gare ou les contes pour enfants ?

Les propositions de communication d’une demi-page, accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, doivent être envoyées à colloque.legitimite.litterature@gmail.comavant le 31 décembre 2018.

 

Avec le soutien des équipes de recherche : THALIM, IRET (Sorbonne Nouvelle) – CELLF, CRLC (Sorbonne Université)

Et des Écoles Doctorales : ED 120, ED 267 (Sorbonne Nouvelle) – ED 3 (Sorbonne Université)

Comité d’organisation : GRILL (Groupe de Recherche Interuniversitaire en Langue et Littérature : Jean-Christophe Corrado, Esther Demoulin, Alice Desquilbet, Marco Doudin, Agathe Giraud, Charlotte Laure, Clément Scotto di Clemente, Marie Vigy)

[1]Ce texte est reproduit dans Gustave Flaubert, Œuvres complètes, t. III, 1851-1862, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2013, p. 533-535, ici p. 535.

[2]Ce texte est reproduit dans Charles Baudelaire, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1975, t. I, p. 1206-1209, ici p. 1207. Yvan Leclerc retrace l’histoire des procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal dansCrimes écrits. La Littérature en procès au 19e siècle, Paris, Plon, 1991.

[3]Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme.

[4]Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme.

[5]Le procès, en autorisant la publication de la traduction allemande de Notre-Dame-des-Fleurs en 1962, suscita une révision des lois sur la censure touchant les œuvres érotiques.

CfP: Friends, neighbours, countrymen! A celebration of European friendship, kinship and transnational connections
Posted: Friday, October 12, 2018 - 02:15

Aston University (Birmingham, UK) Friday 29 March 2019

Guest speakers

Prof Dr Heinrich Detering (Universität Göttingen)

Dr HDR Thierry Laurent (Sorbonne/Université de Haute Alsace)

  Papers, posters, performances and other interventions (20-25 minutes max) are invited for a special one-day colloquium at Aston University, Birmingham, UK on Friday 29th March 2019. The aim of the colloquium will be to explore, analyse and celebrate the representations and narratives of cross-border affiliations, inspirations and tensions that mark, shape and transform relationships between Europeans across the centuries but especially those that traverse the English Channel in either direction. Contributions from humanities specialists of any European culture (including Britain) and time frame are welcome. 

This colloquium is not a forum for international relations, diplomacy, political science, current affairs or simple lamentation. Rather, it is about the richness and timelessness of a continental village of which the personal, artistic, cultural, geographical and historical infrastructure can never be destroyed by treaty, law or any legal instrument.   The publication of a collection of peer-reviewed papers from the colloquium is planned.   Abstracts of 250 words in English by 7 December 2018 to

Brian Sudlow b.sudlow@aston.ac.uk

Uwe Schütte u.schutte@aston.ac.uk

 
Appel à communications: Gaston d’Orléans et l’Antiquité
Posted: Friday, October 12, 2018 - 02:03

Université de Reims-Champagne Ardenne (CRIMEL, EA 3311)

2-4 octobre 2019

Les récentes études de Pierre Gatulle (Gaston d’Orléans, entre mécénat et impatience du pouvoir, Champ-Vallon, 2012) comme de Jean-Marie Constant (Gaston d’Orléans, Prince de la Liberté, Perrin, 2013), ainsi que leur catalogue de l’exposition qui s’est tenue à Blois en 2017 (Gaston d’Orléans, prince rebelle et mécène, P.U.R., 2017) ont permis de faire le point sur l’image protéiforme, au gré de la tradition et du fantasme, d’un prince autour duquel s’est construite une sorte de « cour parallèle » qui n’a rien à envier, du point de vue de son effervescence intellectuelle, artistique et idéologique, à celles des deux grands règnes du XVIIème siècle – et ce, bien qu’elle ait été souvent occultée par les aspects pittoresques et/ou discutables de l’action politique comme de la vie privée de Gaston d’Orléans.

Le colloque « Gaston d’Orléans et l’Antiquité » organisé à l’Université de Reims du 2 au 4 octobre 2019 se situera dans la lignée de ces études qui, développant les travaux de Claude Kurt Abraham (Gaston d’Orléans et sa Cour, Chapel Hill, 1964), ont permis de nuancer l’image romanesque longtemps attachée à Monsieur[1]. La figure de Monsieur, frère puis oncle du roi de France, se prête en effet aux analyses tant politiques qu’esthétiques et socio-culturelles, dans la mesure où ce prince a cristallisé, durant tout le règne de Louis XIII et ensuite dans le contexte de la Fronde, les attentes et les projections de Grands hostiles à la montée de l’absolutisme, comme de savants ou d’artistes gravitant dans sa Cour et enclins à un idéalisme social dont Gaston d’Orléans a pu sembler le champion.

Les liens de Monsieur, de son entourage et de sa cour avec l’Antiquité (grecque, romaine et hébraïque en particulier) pourront être abordés sous différents angles.

Gaston et l’Antique

- Les objets collectionnés par Gaston d’Orléans devaient refléter un goût, autant qu’ils satisfaisaient

une curiosité, comblaient un appétit de savoir et organisaient un discours implicite sur l’identité de

leur possesseur. Quelle place le collectionneur Gaston d’Orléans accorde-t-il à l’Antiquité ? Quels

types de médailles, statues, textes, objets d’art et de science semble-t-il avoir plus particulièrement

recherchés ?

- Les processus de constitution des collections et les intermédiaires : on pourra éclairer l’identité, les

parcours et la culture des intermédiaires de Gaston, qu’ils aient contribué au rassemblement ou à

la description des livres et des objets.

- Les principes de classement et de mise en valeur des objets. On sait que le château de Blois

comprenait une « galerie des Antiques » mentionnée dans l’inventaire après décès : quels principe

muséographiques (pour utiliser une notion anachronique), symboliques ou autres présidaient à

l’organisation des collections dans les demeures du prince ?

- La bibliothèque antique : quels ouvrages antiques ornaient la bibliothèque du prince ? Dans quelles

éditions et sous quelles formes ? Dans la possession des livres il est souvent difficile de faire le

départ entre intérêt bibliophile et goût de lecteur : quelles pistes peut-on suivre pour comprendre

le rapport de Gaston d’Orléans aux livres / aux textes antiques ?

- Un sort spécifique pourra être réservé au catalogue d’Augustin Courbé, libraire de Monsieur.

- Gaston d’Orléans fut très tôt donné pour modèle de l’honnête homme. Dans quelle mesure ses

collections et sa bibliothèque reflètent-elles le rapport du public mondain à l’Antiquité ? Décèle-ton

des spécificités liées à l’identité voire à la personnalité du prince ? Ses collections furent-elles

érigées en modèles et Gaston a-t-il eu des imitateurs ?

- Portraits de Gaston en prince érudit et/ou collectionneur : quelle place les antiques occupent-ils

dans les portraits du prince ?

Fictions antiques d’un prince moderne

- Quel imaginaire, quels modèles génériques, formels, esthétiques issus de l’Antiquité mit-on au

service de l’élaboration de l’image de Gaston d’Orléans, souvent donné pour un prince moderne ?

Quelles fictions antiques, explicites ou sous-jacentes, interviennent dans les représentations

littéraires et artistiques (monnaies, devises, tableaux, gravures, genres musicaux tels la chanson ou

le ballet) de Gaston d’Orléans ?

- La posture de mécène ou à tout le moins de dédicataire de Gaston d’Orléans pourra être interrogée

à travers les modèles antiques : à quelles traditions de patronage se réfère-t-on au XVIIème siècle

concernant le frère du roi ?

- Quels habits politiques hérités de l’Antiquité fit-on endosser à Gaston d’Orléans ? De quel ordre

est le rapport à l’Antiquité, et plus particulièrement l’usage de ses modèles esthétiques : repli

nostalgique, continuité, détour, travestissement parodique…

- P. Gatulle a signalé une « guerre des images » entre les proches du Roi [2]. Quels dialogues et quelles

concurrences peut-on observer entre les images issues de l’Antiquité émises autour de Gaston

d’Orléans et celles qui sont produites autour de Louis XIII sous l’influence de Richelieu, celles

auxquelles recourt Richelieu pour lui-même ou celles d’autres princes du sang ? De manière plus

générale, quel rapport à ces images Gaston a-t-il manifesté ?

- Quel imaginaire de l’Antiquité privilégie-t-on dans les cercles constitués autour de Monsieur ?

Comment la référence à l’Antiquité (rêvée) et aux auteurs antiques (allégués ou non) est-elle mise

à profit dans les oeuvres littéraires, picturales, et les ballets créés par ses protégés ? On pense entre

autres à l’Adonis de la cour de Claude Favier, à la Peruviana de Claude-Barthélemy Morisot, à la Sylvie

de Mairet, à la Climène de La Serre, aux Aventures amoureuses d’Omphale de Grandchamp, mais aussi

aux entrées et cérémonies officielles. Quelles périodes et quelles figures privilégie-t-on ? Quels liens

ces mondes imaginaires entretiennent-ils avec d’autres univers de fiction, comme les fictions

chevaleresques issues d’un Moyen Âge esthétisé ?

Modèles politiques, historiques et sociaux : Antiquitas magistra vitae ?

- Peut-on identifier dans les menées des partisans ou opposants de Gaston d’Orléans, ou dans les

productions d’auteurs contemporains, des modèles politiques issus de la pensée antique

contrevenant par exemple au machiavélisme de Richelieu ? Dans quelle mesure et de quelles

manières les différents partis ont-ils rattaché leurs valeurs et leurs revendications à l’Antiquité ?

- Quels modèles historiographiques s’élaborent à propos et autour de Gaston ? Quelle place y tient

l’Antiquité ? Dans quelle mesure les modèles antiques font-ils l’objet de recyclage, de

détournement, de manipulation, etc. ? Quels éléments de médiation, de vulgarisation, de

simplification entrent en jeu ?

- Peut-on identifier des modèles antiques de sociabilité dans les cercles savants et littéraires liés à

Monsieur ? On connaît par exemple le conseil de vauriennerie. Dans quelle mesure, dans ce conseil

et ailleurs, y a-t-il réitération et/ou parodie de pratiques antiques ?

- Culture antique et ethos aristocratique : les Mémoires de Monsieur [3], ceux de ses proches et de ses

pairs, leurs correspondances, ou encore les dédicaces d’un Tristan L’Hermite, par exemple,

témoignent d’un moment spécifique dans l’histoire de l’aristocratie. Comment l’ethos aristocratique

se manifeste-t-il dans les références, citations, allusions à l’Antiquité ?

Les propositions, qui compteront environ 500 mots, pourront être envoyées jusqu’au 31 décembre 2018 à Céline Bohnert et Valérie Wampfler :

celine.bohnert@univ-reims.fr  

valerie.wampfler@univ-reims.fr 

Les langues du colloque seront le français et l’anglais.

 

1 Cf. les titres des ouvrages de Georges Dethan, Gaston d’Orléans, conspirateur et prince charmant, Fayard, 1959 ; Christian Bouyer, Gaston d’Orléans, le frère rebelle de Louis XIII, Pygmalion, 2007, précédemment Séducteur, frondeur et mécène, Albin Michel, 1999.

2 P. Gatulle, « La grande cabale de Gaston d’Orléans aux Pays-Bas espagnols et en Lorraine : le prince et la guerre des images », XVIIe siècle, n°231, 2006 (2), p. 301-326.

3 Colloque organisé sous le patronage scientifique de Jean-Marc Chatelain (BnF), Jean-Marie Constant (Univ. Le Mans), Jean Duron (CMBV), Pierre Gatulle (Paris-Nanterre), Jacqueline Glomski (University College London), Frank Greiner (Lille III), Thomas Leconte (CMBV), Yann Lignereux (Univ. Nantes), Bernard Teyssandier (URCA).

Appel à communications: Journée d’étude « Circulation des écrits littéraires de la première modernité et humanités numériques »
Posted: Monday, October 8, 2018 - 11:25

Mardi 5 juin 2019

Journée d'étude organisée par l’équipe éditoriale “Joyeuses Inventions”

en partenariat avec l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes

et l’Institut Universitaire de France

La journée d’étude “Circulation des écrits de la première modernité et humanités numériques” vise à mettre en perspective les premières réflexions méthodologiques et épistémologiques menées dans le cadre du séminaire “Génétique éditoriale de la première modernité” (dir. Anne Réach-Ngô & Richard Walter), initié à l’ITEM en octobre 2016. Consacré aux enjeux de l’édition numérique des écrits de la première modernité, le séminaire s’intéresse aux modalités d’investigation et de restitution de corpus complexes, fondés sur la variabilité, la modularité et la sérialité. Alliant l’exploration d’outils et de méthodes (base de données, corpus et bibliothèque numériques, édition critique) à la présentation de projets numériques (voir les programmes 2016-2017, 2017-2018, 2018-2019), le séminaire a donné lieu à un atelier d’édition numérique visant à en expérimenter les pistes de recherche. 

Cet atelier a pris pour objet d’analyse un recueil collectif de poésies, le Thresor des joyeuses inventions du parangon de poésies, qui a connu quatre éditions très différentes, entre 1554 et 1599 (voir présentation du projet et équipe éditoriale). Les remaniements des recueils, menés sur plus d’un demi-siècle, en font une véritable caisse de résonance de l’actualité éditoriale du temps en matière de production poétique. Observatoire précieux des pratiques d’emprunt d’un recueil à l’autre, de la circulation des textes et de la reconfiguration du recueil suivant les attentes du public, l’édition critique de cet ouvrage collectif de poésies présente de nombreuses difficultés, qui tiennent aussi bien à la singularité du régime textuel de ce type d’ouvrages (instabilité textuelle, anonymat, attributions erronées, réécritures, etc.) qu’aux méthodes et pratiques de l’édition critique proprement dite (choix d’une édition-pivot, étude des variantes suivant une perspective téléologique, etc.) : comment publier sur un même support les diverses versions d’un même ouvrage lui-même à géométrie variable ? comment restituer la genèse éditoriale des poèmes qui composent ces recueils, si l’on intègre à leur édition critique leurs multiples occurrences, parfois en des formes et sous des titres différents, dans d’autres recueils parus précédemment ? comment, enfin, rendre compte de la circulation des textes (intertextuelle, auctoriale, générique) et des réseaux (entre auteurs, traducteurs, compilateurs, imprimeurs-libraires) qui animent la production et la diffusion des écrits littéraires de la première modernité ?

Sans prétendre proposer des méthodes et des outils éprouvés qui viendraient répondre à tous ces questionnements, les humanités numériques enrichissent la réflexion d’autres interrogations qui invitent à renouveler l’appréhension de ces corpus : comment transcrire les textes de ce type d’œuvres suivant une perspective génétique et quelles pratiques d’annotation engager ? quelle place accorder aux outils d’interrogation et de visualisation ? quels logiciels employer pour un travail collaboratif sur un même projet d’édition numérique ? La détermination de descripteurs propres au projet et de formats standardisés (notamment autour de XML-TEI) doit-elle s’adapter aux spécificités du corpus dans sa singularité ou favoriser l’interopérabilité et la mise en réseau des projets qui traitent de corpus apparentés ? quels accès favoriser auprès des lecteurs traditionnels de ces textes et comment en renouveler les parcours de lecture et d’exploitation ? d’un point de vue éditorial, informatique mais aussi institutionnel (financement, hébergement, maintenance, partenariats), comment assurer la pérennité des données et leur valorisation ?

La journée du 4 juin 2019 sera l’occasion de confronter les premiers résultats issus de ces réflexions avec d’autres projets de recherche qui portent sur des corpus écrits de la première modernité, suivant des perspectives diverses (littérature, histoire du livre, histoire culturelle et histoire des idées, musicologie et iconographie). Les éclairages apportés, issus de méthodologies différentes, mettront en évidence l’impact des choix éditoriaux, à la fois scientifiques et techniques, sur la définition de l’objet étudié, conduisant à examiner la contribution des humanités numériques à l’élaboration d’une méthodologie propre à l’édition critique des œuvres littéraires de la première modernité. De l’association de ces perspectives émergera sans aucun doute un ensemble de problématiques communes qui nourriront la mise en œuvre de collaborations nouvelles.

Les propositions, d’environ 400 mots, seront envoyées, accompagnées d’une brève présentation bio-bibliographique, à anne.reachngo@yahoo.fr et richard.walter@ens.fr avant le 5 novembre 2018.

 

Comité d’organisation :

Équipe éditoriale “Joyeuses Inventions” : Magda Campanini, Sylvie Giraud, Marine Parra, Carole Primot, Anne Réach-Ngô, Côme Saignol, Miriam Speyer, Richard Walter.

 

Calendrier :

5 novembre 2018    soumission des propositions

15 novembre 2018    réponse aux auteurs

30 novembre 2018    publication du pré-programme

Appel à communications: L’Œuvre recomposée. Regroupement et agencement des écrits littéraires de la Renaissance à nos jours
Posted: Monday, October 8, 2018 - 11:19

14-15 novembre 2019

Université de Haute-Alsace, Mulhouse

Colloque international organisé par Rudolf Mahrer et Anne Réach-Ngô,

avec le soutien de l’Université de Lausanne, de l’Université de Haute-Alsace

et de l’Institut Universitaire de France

 

Il arrive régulièrement qu’un auteur ou un groupe d’auteurs, un imprimeur-libraire ou un directeur de collection arrange des textes déjà écrits (parfois même déjà publiés) pour en faire un ensemble inédit. Lors de ce montage, l’autonomie des textes originaux est remise en jeu au sein de l’entité qui désormais les intègre. Un tel processus concerne des réalités littéraires et éditoriales fort diverses : volumes réunissant des poèmes, des contes ou des épîtres publiées d’abord séparément, œuvres complètes ou partielles d’un auteur, anthologies, feuilletons ou encore récits brefs encyclés en romans.

Le colloque “L’œuvre recomposée” sera consacré à l’étude de ces procédés de regroupement et de réagencement. Il s’agira d’étudier la manière dont plusieurs textes, naguère autonomes, sont à l’œuvre, c’est-à-dire engagent, une fois réunis, une poétique nouvelle qui relance le dispositif de signification du tout comme des parties. Les contributions prendront pour objet d’étude des parcours qui conduisent d’une pluralité de textes déjà écrits à la cohérence d’une œuvre nouvelle ; elles participeront ainsi, de manière théorique et méthodologique, à l’élaboration d’une génétique de la composition, tant auctoriale qu’éditoriale, centrée sur les opérations de (ré)organisation textuelle.

Les phénomènes étudiés étant étroitement liés à l’histoire des supports, les cas présentés pourront concerner tous les siècles de l’imprimerie, de la période des incunables – qui hérite de la pratique manuscrite du recueil factice – à celle des écrits numériques – où les textes sont pris dans un réseau virtuel à géométrie variable et en constant remaniement.

Plusieurs perspectives pourront être adoptées :

(1) La génétique textuelle a peu interrogé les opérations de (re)combinaison par lesquelles l’auteur rassemble des textes anciens. Les contributions pourront porter sur les opérations d’agencement auctoriales, telles qu’on pourra les reconstituer à partir des brouillons notamment. On s’intéressera aux opérations macrotextuelles, qui relèvent de l’élaboration du plan global, et concourent à fixer l’ordre et la hiérarchisation des parties dans le tout. On examinera également la topographie et les dispositifs péritextuels assurant une cohérence d’ensemble, préparant des lectures, favorisant une navigation dans le livre. On analysera encore dans quelle mesure ces transformations macrostructurelles conduisent à des réécritures locales, modifiant l’identité stylistique voire générique des textes réagencés.

(2) Les gestes de recomposition se produisent fréquemment à un moment de l’écriture où la poétique de l’auteur rencontre celle de l’éditeur. La négociation des projets auctoriaux et éditoriaux porte alors tout particulièrement sur le choix et l’arrangement des textes dans le livre. Par suite, les contributions porteront aussi sur l’entreprise de composition prise en charge par l’instance éditoriale en concertation avec l’auteur ou du moins avec l’assentiment de celui-ci, dont témoignent des épreuves annotées ou la correspondance auteur-éditeur. Suivant cette même perspective, certains textes peuvent être élaborés en vue d’un rassemblement à venir, que l’auteur laisse au soin d’un collectif ou d’un éditeur, de son vivant ou après sa mort. Quelle spécificité présente la production de tels écrits, nés du projet de paraître et de reparaître dans des configurations multiples et non contrôlées par l’auteur ? Comment celui-ci produit-il un texte-module dont la composition est déléguée ?

(3) Enfin, l’étude du regroupement et du réagencement conduit à se pencher sur des moments de l’élaboration des œuvres où l’éditeur agit seul, rassemblant des écrits sans l’autorisation des auteurs (recueils pirates) ou post-mortem (recueils posthumes, œuvres complètes, anthologies…). Bien qu’alors totalement allographique, la recomposition n’en demeure pas moins un processus, qui mérite une attention génétique. Quels textes sont choisis pour faire œuvre ensemble, selon quels critères de sélection, quel ordre… ?  Il s’agit de reconnaître la créativité et l’historicité du geste de l’éditeur en passant, si l’on veut, de la description de ses interventions à celle de son invention.

L’analyse des processus de réagencement et de regroupement pourra croiser diverses approches telles que la génétique textuelle (identifiant les acteurs de l’œuvre polytextuelle et décrivant les processus de recomposition), la poétique (caractérisant les propriétés (péri)textuelles des œuvres recomposées), l’histoire du livre et des supports de l’écrit (questionnant les effets des supports d’écriture et de diffusion sur la recomposition et la structure de l’œuvre qui en résulte) ou encore la philologie (s’attachant à trouver des moyens d’éditer les œuvres à configuration variable).

*

Les propositions, d’environ 400 mots, seront envoyées, accompagnées d’une brève présentation bio-bibliographique, à anne.reach-ngo@uha.fr et rudolf.mahrer@unil.ch, avant le 1er décembre 2018.

*

Comité d’organisation

Rudolf Mahrer (Université de Lausanne)

Anne Réach-Ngô (Université de Haute-Alsace, Institut Universitaire de France)

avec l’aide de Marine Parra (Université de Haute-Alsace)

 

Comité scientifique

Jean-Michel Adam

Raphaël Baroni

Marta Caraion

Roger Chartier

Marc Escola

Almuth Grésillon

Jean-Louis Lebrave

Dominique Massonaud

Guillaume Peureux

Gilles Polizzi

Christophe Schuwey

Frédérique Toudoire-Surlapierre

Bénédicte Vauthier

 

Calendrier

1er décembre 2018                       envoi des propositions

10 janvier 2018                            réponse aux auteurs

15 mars 2019                                publication du pré-programme

 

 

Bibliographie indicative

Adam Jean-Michel & Heidmann Ute (2010) : Textualité et intertextualité des contes. Perrault, Apulée, La Fontaine, Lhéritier…, Paris, Classiques Garnier.

Adam Jean-Michel (2018) : Souvent textes varient. Génétique, intertextualité, édition et traduction, Paris, Classiques Garnier.

Alexandre Didier, Frédéric Madeleine & Gleize Jean-Marie (2002) : Le Recueil poétique, Méthode ! Revue de littérature française et comparée, no2.

Audet René (2000) : Des textes à l'œuvre. La lecture du recueil de nouvelles, Québec, Éditions Nota bene.

Baroni  Raphaël (2017) : Les Rouages de l’intrigue. Les outils de la narratologie postclassique pour l’analyse des textes littéraires, Genève, Slatkine.

Benjamin Walter (1972) : « Ich packe meine Bibliothek aus. Eine Rede über das Sammeln », in Gesammelte Schriften, Tillman Rexoth (éd.), Frankfurt am Main, vol. 4, 1e partie, pp. 388-396.

Baudrillard Jean (1968) : Le Système des objets, Paris, Gallimard.

bombart Mathilde & Peureux Guillaume (2003) : « Politiques des recueils collectifs dans le premier XVIIe siècle : émergence et diffusion d’une norme linguistique et sociale », in Irène Langlet, Le Recueil littéraire : pratiques et théories d’une forme, Rennes, Presses universitaires de Rennes, pp. 239-256.

Brescia Pablo & Evelia Romano (2006) : « Estrategias para leer textos integrados », in El ojo en el caleidoscopio Las colecciones de cuentos integrados en la literatura latinoamericana, Brescia, Pablo & Evelia Romano (éds.), México, UNAM, pp. 7-42.

Dumont François (dir.) (1998) : Poétique du recueil, Études littéraires, 30

(https://www.erudit.org/fr/revues/etudlitt/1998-v30-n2-etudlitt2262/).

Goeing Anja-Silvia, grafton Anthony T.  & Michel Paul (éds) (2013) : Collector’s Knowledge. What Is Kept, What Is Discarded, Leiden / Boston, Brill.

Ingram Forrest L. (1971) : Representative Short Story Cycles of the Twentieth Century : Studies in a Literary Genre, The Hague, Mouton.

Grésillon Almuth (2008) : La Mise en œuvre. Itinéraires génétiques, Paris, CNRS Éditions.

Kennedy Gerald J. (1988) : « Towards a Poetics of the Short Story Cycle », in Journal of the Short Story in English, 11, pp. 9-25.

— (1995) : « The American Short Story Sequence. Definitions and Implications », in Modern American Short Story Sequences. Composite Fictions and Fictive Communities, Gerald J. Kennedy (éd.), Cambridge,  Cambridge UP, pp. vii-xv.

Lebrave Jean-Louis (1994) : « Hypertexte – mémoires – écriture », Genesis, no 5, pp. 9-24. (https://www.persee.fr/doc/item_1167-5101_1994_num_5_1_951)

Letourneux Matthieu (2017) : Fictions à la chaîne. Littératures sérielles et culture médiatique, Paris, Seuil.

Mahrer Rudolf (dir.) (2017) : Après le texte. De la réécriture après publication, Genesis, 44 (https://journals.openedition.org/genesis/1579).

Matelo Gabriel (2010) : « Short Story Cycle/Cuentos integrados : apropiaciones nacionales y continentales de un formato narrativo », Actas del IV Congreso Internacional de Letras, [Buenos Aires, UBA], pp. 2207-2212.

Mora Gabriela (1993) : « Notas teóricas en torno a las colecciones de cuentos cíclicos o integrados », Revista chilena de literatura, n42, pp. 131-137.

Langlet Irène (dir.) (1998) : Le Recueil littéraire : Pratiques et théorie d'une forme, Rennes, Presses universitaires de Rennes. Nouvelle édition (http://books.openedition.org/pur/32013).

Réach-Ngô Anne (dir.) (2014), Genèses éditoriales, Seizième Siècle, n10 (https://www.persee.fr/issue/xvi_1774-4466_2014_num_10_1).

Sermain Jean-Paul (dir.) (2004) : Le Recueil, Féeries, no 1 (http://journals.openedition.org/feeries/61).

Schuwey Christophe (2013) : « Aux enseignes de papier : les recueils comme plateforme de publication », in Linda Gil et Ludivine Rey (dirs), Genèses des corpus littéraires à l’âge classique, Paris, CELLF (http://www.cellf.paris-sorbonne.fr/cellf-16-18/publications-en-ligne).

Jeanneret Yves & Labelle Sarah (2004) : « Le texte de réseau comme méta-forme »,  Culture, savoirs, supports, médiations : le texte n’est-il qu’une métaphore, Thessalonique, Université de Thessalonique  (https://www.academia.edu/1011494/Le_texte_de_r%C3%A9seau_comme_m%C3%A9ta-forme).

Vauthier Bénédicte (2017) : « Las teorías sobre los ‘ciclos de cuentos integrados’ a prueba de cuatro cuentarios sobre la ‘destrucción del idilio de la tierra natal’ de Juan Eduardo Zúñiga (Largo noviembre de Madrid, La tierra será un paraíso, Capital de la gloria y La trilogía de la guerra civil) », in Hispanófila, no 179, pp. 41-59.

Voir aussi l’entrée « recueil » de l’atelier Fabula : http://www.fabula.org/atelier.php?Recueil.

New Publications

La Fontaine expliqué aux adultes. Lecture du livre I des Fables (Patrick Dandrey)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:08

Patrick Dandrey, La Fontaine expliqué aux adultes. Lecture du livre I des Fables, Paris, Hermann, 2022.

D’ordinaire, on s’efforce d’expliquer les fables de La Fontaine aux enfants. Ils n’en ont pas besoin  : ils les comprennent d’intuition, même sans saisir parfois la moitié des mots. En grandissant, nous perdons cette fraîcheur de sympathie. Et il faut beaucoup de science et de patience aux adultes pour remonter la pente, pour que l’œil se fasse à ce ciel nocturne brillant de tant d’étoiles qu’est le recueil des Fables choisies mises en vers.

Cet ouvrage voudrait jouer le rôle d’un télescope secourable pour faciliter cette observation, sans autre prétention que d’aider à lire La Fontaine, à le déchiffrer et à le goûter. Il scrute pas à pas les 22 fables du livre I, de La Cigale et la Fourmi au Chêne et le Roseau, pour en faire ressortir et en faire ressentir la profondeur secrète, les mystères enfouis, les connivences celées et la logique de l’assemblage, analogue à celle d’un jardin à la française. Une invitation à la promenade au jardin des Fables…

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Joachim Du Bellay, Œuvres complètes Ier volume La Deffence, et illustration de la langue françoyse - éd. Goyet (Francis), Millet (Olivier)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:06

Joachim Du Bellay,  Œuvres complètes Ier volume La Deffence, et illustration de la langue françoyse, éd. Goyet (Francis), Millet (Olivier), Paris, Classiques Garnier, 2022.

Plus qu’un simple essai polémique, La Deffence, et illustration de la langue françoyse propose un système des catégories esthétiques et rhétoriques, fruit de la lecture de Quintilien et de Cicéron. Le texte original, éclairé par des annotations érudites, est suivi d’une analyse de l’élaboration de cette poétique.

Nombre de pages: 461
Parution: 20/04/2022
Réimpression de l’édition de: 2003
Collection: Textes de la Renaissance, n° 71
ISBN: 978-2-406-13064-2

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Marguerite de Valois, Mémoires et autres écrits 1574-1614 (éd. Eliane Viennot)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:03

Marguerite de Valois, Mémoires et autres écrits 1574-1614, éd. Eliane Viennot, Paris, Classiques Garnier, (1999) 2022.

Les Mémoires ont fixé dans l’imaginaire de la postérité l’image d’une femme intelligente et intrépide, qui avait traversé la Saint-Barthélemy et bravé l’autorité royale durant des années. À ce texte sont joints le Mémoire justificatif, le Discours docte et subtil sur la Querelle des femmes ainsi que les poésies.

Nombre de pages: 368
Parution: 20/04/2022
Réimpression de l’édition de: 1999
Collection: Textes de la Renaissance, n° 31
ISBN: 978-2-406-13220

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Jean de Sponde, Poésies complètes - éd. Deloince-Louette (Christiane), Lardon (Sabine)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:00

Jean de Sponde, Poésies complètes, éd. Deloince-Louette (Christiane), Lardon (Sabine), Paris, Classiques Garnier, 2022.

La présente édition réunit la totalité des poèmes de Sponde connus à ce jour (aussi bien en français qu’en grec ou en latin, manuscrits ou imprimés) en présentant les deux grands ensembles poétiques, l’Essay de quelques Poemes chrestiens et les Amours, dans l’ordre chronologique de leur publication, en l’état des connaissances actuelles.

Nombre de pages: 304
Parution: 20/04/2022
Collection: Textes de la Renaissance, n° 242
Série: République des Muses, n° 5
ISBN: 978-2-406-12680-5

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Philippe Quinault, Théâtre complet. Tome IV Tragi-comédies historiques (éd. William Brooks et Buford Norman)
Posted: 30 Apr 2022 - 15:58

Philippe Quinault,  Théâtre complet. Tome IV Tragi-comédies historiques, éd. William Brooks et Buford Norman, Paris, Classiques Garnier, 2022.

Ce volume rassemble les cinq dernières tragi-comédies de Philippe Quinault, à savoir celles à sujet historique. Créées entre 1657 et 1662, elles montrent l’immense talent d’un auteur qui était à l’apogée de sa carrière de dramaturge du théâtre parlé.

*

All these tragi-comedies exhibit that sense of connivance between playwright and audience that characterises Quinault's entire output: the audience is well aware of the theatrical illusion, the playwright knows perfectly well what the audience thinks, but everyone will pretend not to notice. Irony is never far from these pages. For all that he was, without doubt, a Modern in the eyes of Boileau and his allies, Quinault still had one foot in the past, and the baroque is untrammeled by the straitjacketing self-assurance of classicism.

Three of the plays build up to moments of pathos that will bring tears to the eyes of all who lack hearts of stone. Three contain heroes who, having died by various means offstage, reappear hale and hearty in later scenes. Three feature furious affronted heroines who exhibit what Daniel Mornet called "l'amour déchaîné, [qui] ne connaît plus ni devoir, ni pitié, ni prudence" and in whom he saw models for some of Racine's women. Four trace the early development of Quinault's novel and uncornelian view that the duty owed by a hero is not duty to God or to one's monarch (or even to oneself) but is imposed and controlled by powerful third parties for reasons of their own. Three feature variants on his favourite theme of mistaken identity, though in two cases the audience is in the know from early on. One, Quinault's eighth, Le Feint Alcibiade, involves cross-dressing - incidentally the last time he was to use the device - and is seasoned with a whiff of female same-sex attraction to titillate the male half (or very likely, four-fifths) of the playgoers in the auditorium.

Three, and perhaps four, were enormous box-office successes. On the other hand, Stratonice, the fourth play in the volume and Quinault's eleventh, labelled a triumph by every Quinault commentator, was a flop, as the editors show. It was one of only two plays in Quinault's whole career to achieve that dubious distinction, and no! Boileau's notorious put-down ("Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement" was not aimed at it, though one can be forgiven for thinking it was, since every other exegete says so. Two of the plays - Stratonice, again, and Amalasonte - appeared in modern editions in the 1980s, but the others have been unavailable since the eighteenth century. One can identify reasons for Stratonice's failure on stage, but it is a very good read.

Seekers of other dramatists' source materials can question whether an exciting moment in Amalasonte inspired Thomas Corneille (in Camma) and Prade (in Arsace), and whether a pathetic scene in Le Mariage de Cambise showed Racine how to create an even more harrowing passage in Britannicus. Contemptuous Cornelians can disparage Quinault's way with historical sources (broadly, his utter indifference to them). Experts in prosody can affirm that, while Racine "rase la prose, mais avec des ailes" (to quote Leo Spitzer), Quinault's verses "rasent la prose, tout court", though they should concede the deliberate creation of identifiable poetic effects that crowd into moments of high drama, the better to underline the tension and the emotion. Limpidity was Quinault's watchword, and even if some of us relish the challenge of Thomas Corneille's often embrangled syntax, it is a wiser playwright who realises the audience needs to keep up.

*

Nombre de pages: 613
Parution: 20/04/2022
Collection: Bibliothèque du théâtre français, n° 91
ISBN: 978-2-406-12930-1

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