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Calls for Papers and Contributions

Journée d'Étude Jeunes Chercheurs : Sur les traces du voyageur-écrivain
Posted: Thursday, October 25, 2018 - 12:56

Journée d'Étude Jeunes Chercheurs Lettres / Histoire / Sciences humaines

« Sur les traces du voyageur-écrivain : témoignages croisés d'une histoire »

Université Littoral Côte d'Opale, Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée

Mercredi 20 mars 2019

Unité de Recherche sur l'Histoire, les Langues, les Littératures et l'Interculturel (UR H.L.L.I. EA 4030)

 

Argumentaire

Cette Journée d'Étude s'inscrit dans la continuité des manifestations scientifiques de l'UR H.L.L.I. sur la thématique des récits de voyage, genre qui se situe aux confins de la littérature, de l'histoire, de l'anthropologie et de bien d'autres disciplines. Elle proposera de réfléchir sur l'écriture du voyage en se centrant sur deux figures du voyageur, l'écrivain-voyageur d'une part, le voyageur écrivain d'autre part. En effet, le récit de voyage est un genre ambigu dans la mesure où il est riche par la diversité des formes qu'il peut emprunter, récit de pèlerinage, récit de croisade, chronique, lettre, journal, carnet de bord, récit romanesque, etc. Autant de formes qui correspondent aux différentes catégories de voyageurs : pèlerins, brigands, parias, commerçants, ambassadeurs, navigateurs, historiens, politiciens, médecins, militaires, romanciers, etc. De surcroît, selon le statut du voyageur, le regard présenté diffère en fonction des choix d'écriture de l'auteur ; l'écrivain voyageur donne la primauté à la littérature et offre une vision subordonnée à ses compétences d'écrivain tandis que le voyageur écrivain privilégie ses capacités d'expertise dans son domaine respectif pour reconstruire le réel.

Les écrits de ces deux types de voyageurs mettent à la disposition du lecteur d'aujourd'hui un nombre non négligeable d'informations qui reposent sur l'observation des lieux, des usages à une période donnée dans un pays, de la culture d'un peuple, mais également sur les émotions, les impressions, qui transparaissent à travers les techniques d'écriture et qui offrent un matériel inépuisable à la recherche. Ces récits sont donc d'une importance capitale dans la mesure où ils sont des sources qui informent sur des contrées et des périodes mal connues comme le fait Hérodote au sujet du développement de l'empire perse ou encore de l'origine des guerres médiques au ve siècle avant notre ère dans les Histoires ou l'Enquête, première œuvre historique du monde occidental.

Par ailleurs, les avancées scientifiques selon les époques, notamment dans le domaine de la navigation et dans les différents modes de déplacement, ouvrent de nouvelles perspectives et sont un facteur à prendre en considération dans la restitution du voyage par les auteurs. Ces derniers s'emploient à décrire avec précision les conditions de voyage et l'impact des innovations techniques sur la durée de leur voyage ou sur une mission précise. Ils peuvent également caractériser les nouvelles terres qu'ils explorent et ainsi apporter un témoignage d'ordre historique. Et bien d'autres aspects peuvent être étudiés.

Ainsi les récits de voyage peuvent être considérés dans une certaine mesure comme des documents de premier ordre car les auteurs visent à une vulgarisation du savoir tout en classant et en répertoriant le monde connu. Ils ont le souci de regrouper les connaissances sur des domaines les plus variés (gastronomie, généalogie, développement des villes et de ses traditions, etc.) afin d'appréhender la culture de l'autre. La mobilité joue donc un rôle essentiel dans la mesure où le voyageur apprend de ses expériences et peut instruire le lecteur par le biais de ses écrits.

D'autre part, le voyage vers l'inconnu peut être perçu par les auteurs comme une quête de connaissance des autres pour une meilleure connaissance de soi. L'écriture résultant de ces nouvelles rencontres peut devenir dès lors un refuge ou un exutoire pour le voyageur. Il exprime ses désirs, ses rêveries, ou au contraire il se défend contre des stéréotypes. On tend ici à l'écriture d'un voyage ontologique né d'un voyage réel. Néanmoins, ce voyage ontologique peut apparaître à partir d'un voyage totalement imaginé par la pensée d'un écrivain ou par la réminiscence d'un de ses souvenirs ; l'écriture est alors travaillée différemment pour rendre compte d'une autre réalité.

Dans la diversité de ces récits de voyage, la réception du lecteur est d'autant plus importante car il est le trait d'union entre les récits des voyageurs-écrivains et des écrivains-voyageurs. En effet, la portée de ces récits est à déterminer par une analyse minutieuse des choix d'écriture des auteurs. Peut-on se fier davantage au récit de voyage d'un voyageur-écrivain qu'à celui d'un écrivain-voyageur ? Quels sont les critères qui permettent de juger de l'objectivité du voyageur spécialiste et de la subjectivité de l'écrivain qui voyage ? Le moment où le voyageur se met à écrire sur un support choisi a-t-il un impact sur l'authenticité de sa représentation ? L'écrivain-voyageur et le voyageur-écrivain sont-ils si dissemblables dans la restitution de leurs voyages ?

Axes de recherche

Dans cette Journée d'Étude Jeunes Chercheurs, en prenant en compte la distinction écrivain voyageur et voyageur-écrivain, nous nous interrogerons essentiellement sur les motivations qui poussent les voyageurs à écrire, le conditionnement de leur écriture et la place qu’ils occupent dans leurs écrits à travers la reconstitution de leur voyage. Les textes pouvant donner matière à réflexion peuvent être des récits de voyage réels ou fictifs. Tous les types de récits de voyage de l'Antiquité à nos jours pourront donner lieu à étude. Sans exclusive, les questionnements suivants pourront être abordés :

  • Quel type d'écrit est-il adéquat pour quel voyage ? À quel moment le voyageur se met-il à écrire ? Dans quelle(s) perspective(s) le voyageur écrit-il son voyage ?

  • Quand commence l'écriture du voyage ? Comment est-elle activée et dans quel contexte ?

  • Quelle place le voyageur occupe-t-il dans son récit ? Cherche-t-on l'exactitude de la représentation du voyageur ? Ou sa perception personnelle a-t-elle un but précis ?

  • Le voyage permet-il de modifier le regard du voyageur sur les autres ? Comment les voyages permettent-ils au voyageur de se construire une identité ?

  • Comment le voyage  est-il restitué ? Dans quel but ? Quelle(s) stratégie(s) le voyageur adopte-t-il pour raconter son voyage ?

  • Qu'est-ce qui peut justifier, motiver l'écriture du voyage ? Qu'apporte l'écriture du voyage et a t elle un impact sur le monde ? Le récit de voyage s'arrête-t-il au voyage ? A-t-il une autre visée ? Une portée symbolique ? Politique ? Ou autre ?

  • Quelle est la particularité des récits de voyage comme sources historiques ? Que nous apprennent-ils sur la période historique considérée ? Existe-t-il une différence entre récits d'écrivain-voyageur et récits de voyageur-écrivain en tant que source historique ?

Comité scientifique

Jacqueline Bel, Professeur à l’ULCO, Directrice de l’UR H.L.L.I., Études germaniques

Jean Devaux, Professeur à l’ULCO, Littérature française du Moyen Âge et de la Renaissance

Éric Roulet, Professeur à l’ULCO, Histoire moderne

Laurent Warlouzet, Professeur à l’ULCO, Histoire contemporaine

Modalités de soumission

Pour cette Journée d'Étude, nous prendrons uniquement en considération les propositions de jeunes chercheurs (doctorants et jeunes post-doctorants). Dans une perspective pluridisciplinaire, nous souhaiterions croiser les regards de littéraires et d'historiens sur cette thématique. Les spécialistes d'autres disciplines d'arts ou de sciences humaines ou de sciences du langage peuvent bien entendu proposer des communications pour cette journée si elles éclairent l'un des points mentionnés ci-dessus. Les interventions seront limitées à 25 minutes. Les propositions de communications se présenteront sous la forme d'un résumé d'une dizaine de lignes précédé d'un titre provisoire. Elles seront suivies d'un bref curriculum vitaeCes propositions sont à soumettre par mail sous un format lisible (Word, OpenOffice, PDF) aux organisatrices, Grace Baillet et Mélanie Fruitier, avant le 11 décembre 2018 aux adresses suivantes :

ulcogracebaillet@gmail.com

melanie.fruitier62@gmail.com

Une réponse individuelle sera communiquée par mail à partir du 10 janvier 2019.

Colloque "La stigmatisation : une lecture interdisciplinaire"
Posted: Thursday, October 25, 2018 - 12:51

Centre cognitif des Etudes et des Recherches El Madar en collaboration avec l’Université de Sfax et l’Université de Gabès 

Sousse, les 8 et 9 février 2019

Avec la coopération de l’Université Félix Houphouët Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire), le Groupe de Recherches sémiotiques de Côte d’Ivoire (GRS-CI), le Laboratoire « Approches du Discours » (LAD), Le laboratoire de Recherches : Études Maghrébines, Francophones, Comparées et Médiation Culturelle et l’Unité de recherche Etat, Culture et Mutations de la société (ECUMUS).

 

PRÉSENTATION

Phénomène social par excellence, la stigmatisation repose sur un ensemble de stratégies de discrimination d’un individu ou d’un sous-groupe d’individus par un groupe dominant ou majoritaire dans une société bien déterminée. Traditionnellement fréquente dans la médecine et plus particulièrement dans la psychiatrie, la stigmatisation touche aussi bien les malades atteints de troubles psychiques que leurs proches et même les psychiatres et les soignants qui les prennent en charge.

Étymologiquement, la stigmatisation est l’action physique de « marquer de manière définitive le corps de quelqu’un afin de lui donner une cicatrice distinctive » (Le Petit Robert). Il en va ainsi des stigmates résultant de la crucifixion de Jésus Christ comme de l’opération de marquer les criminels au fer rouge en France sous l’Ancien Régime. D’où la mise en écart d’un individu dont le comportement déroge aux normes d’une société bien déterminée. Irving Goffman identifie dans cette perspective trois formes de stigmatisation : la première touche les personnes présentant une déformation physique remarquable (cicatrices, infirmités physiques, obésité ou au contraire anorexie…), la deuxième concerne plutôt les personnes manifestant des différences de type comportemental (troubles mentaux, toxicomanie, alcoolisme, homosexualité masculine ou féminine, délinquance…), la troisième trouve sa source dans les différences ethniques, idéologiques, culturelles, religieuses, sociétales…

D’une manière générale, le stigma est considéré comme un attribut profondément disqualifiant pour l’individu qui le porte dans la mesure où il le fait passer du statut d’une personne « complète » et « normale » au statut d’une personne « incomplète » et « anormale » pour le réduire enfin à un label négatif (un toxicomane, un criminel, un obèse, un homosexuel, un noir…). Mais, y a-t-il en fin de compte une norme sociale qui soit universellement admise par toutes les communautés humaines ?

Il convient de remarquer tout de même que si le stigmate physique ou moral, considéré comme une déviance par rapport à la norme, conduit à rejeter l’individu stigmatisé, lui-même peut être sujet au phénomène de l’auto-stigmatisation s’il se rend compte du fait qu’il est indésirable et dégradé socialement. Mieux encore, la situation peut se renverser dans la mesure où le stigmatisé peut devenir à son tour stigmatisant par rapport à ceux qui l’ont déjà stigmatisé.

Tel est par exemple le cas de Franz Fanon, psychiatre martiniquais, arrivant en France métropolitaine, face à ses patients, qui sont par essence stigmatisés en raison de leurs troubles psychiques, ce qui ne les empêche pas pour autant d’être « stigmatisants » à l’égard de la peau noire de leur médecin comme tous les autres Français de peau blanche. Le schéma devient plus complexe lorsque Fanon, lui-même, avoue dans Peaux noires, masques blancs, que de stigmatisé qu’il était au départ, son statut de psychiatre noir soignant des malades blancs, lui confère une certaine supériorité par rapport à ses vis-à-vis et l’amène parfois à prendre une attitude « stigmatisante » dans ce jeu symétrique entre individus de couleurs différentes.

D’où la présence de la dialectique de l’agent et du patient au niveau des rapports complexes entre stigmatisation et auto-stigmatisation. Un autre écrivain martiniquais, Aimé Césaire refuse de succomber à l’auto-stigmatisation et réplique par l’offensive à la stigmatisation dont sont victimes les Noirs pour fonder le mouvement de la négritude qui refuse l’intériorisation de ce que Howard Saul Becker appelle l’étiquette dans le cadre de sa théorie de l’étiquetage.

En littérature, la stigmatisation trouve sa meilleure expression dans la question de la marginalité dans la mesure où les auteurs qui ne reproduisent pas ou qui refusent délibérément de se conformer à l’idéal littéraire de leur temps sont souvent stigmatisés et marginalisés par l’institution officielle. Il en va ainsi des auteurs libertins qu’on trouve pratiquement dans toutes les sociétés et dans toutes les cultures du fait de leur écart par rapport aux règles normatives, religieuses ou sociales. Issu du latin « libertinus » au sens d’« esclave affranchi », le mot « libertin » a en effet fait son entrée dans la langue française au début du XVI è siècle (1525) au sens d’homme puis d’auteur affranchi du poids de la religion et des coutumes.

Cela dit, le phénomène du libertinage n’est pas récent puisque déjà à l’époque romaine Épicure est taxé de libertinage en raison de son matérialisme. De même, dans l’Italie de la Renaissance, Machiavel auteur du livre Le Prince, qui est paradoxalement une référence incontournable pour tous les politiciens du monde, est considéré comme libertin, et ce pour son pragmatisme politique. D’ailleurs, certains auteurs libertins italiens à l’instar de Vanino Vanini et de Giordano Bruno n’ont pas été seulement stigmatisés par les autorités religieuses de leur temps mais également condamnés à l’autodafé et brûlés vifs sur les places publiques pour dissuader leurs contemporains de porter les stigmates tant redoutés de « penseur libertin », de « libre penseur » ou encore d’« esprit fort ». Il suffit de lire à ce propos Surveiller et Punir où Michel Foucault retrace l’histoire de la torture à l’époque classique pour se rendre compte de l’horreur des supplices inhumains que l’Église catholique et l’Inquisition ont exercés sur les auteurs libertins et sur les « hérétiques ».

Mais, il n’y a pas que les libertins qui furent l’objet de stigmatisation de la part des religieux fanatiques, les hommes de science tels que Galileo Galilée ont, eux aussi, payé de leur vie leurs révolutions scientifiques qui sont universellement saluées et reconnues de nos jours.  

Mais au-delà de la mouvance du libertinage moral et philosophique de l’âge classique qui fut au cœur d’un large mouvement de stigmatisation à l’instigation des autorités religieuses et à moindre degré des autorités politiques de l’époque, la Querelle des Anciens et des Modernes, qui a divisé les hommes de lettres du XVII è siècle, a donné lieu à une grande compagne de stigmatisation et de contre-stigmatisation de la part des deux parties opposées de cette controverse littéraire. En réalité, cette querelle a éclaté à l’occasion de la publication en 1687 du poème « Le Siècle de Louis le Grand » où Charles Perrault remet en cause la fonction de modèle de l’Antiquité gréco-latine sous le masque de l’éloge de la majesté et de la splendeur du règne de Louis XIV. D’où la réaction virulente de Nicolas Boileau, chef des Doctes et des Anciens, aux hardiesses de Perrault et des Modernes.

À la fin du XIX è siècle, ce sont les « poètes maudits » à l’instar de Baudelaire et du « couple » Verlaine-Rimbaud qui ont ouvert la voie à la modernité littéraire en assumant pleinement les stigmates de la malédiction sociale et esthétique en signe de provocation à l’encontre de leurs émules et de leurs exégètes. L’on pourrait multiplier à ce propos à l’infini les exemples des auteurs de différentes contrées du monde qui ont subi le sceau de la stigmatisation tantôt sous le mode de la résignation tantôt sous le mode de la réaction. Il existe, en revanche, des cas d’auteurs qui ne furent pratiquement jamais l’objet d’une quelconque stigmatisation, ce qui ne les a pas empêché de défendre la cause de certains individus ou communautés humaines stigmatisés.

Le cas le plus emblématique à ce propos est celui de Jean-Paul Sartre qui s’est engagé dans le mouvement de l’anticolonialisme pour dénoncer les abus de la France, « pays de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen » (1790), à l’égard des peuples de l’Afrique. De même, en forgeant le concept du « tiers-mondisme », Sartre s’insurge contre la nouvelle classification des pays qui est issue de la Deuxième guerre mondiale.

Actuellement, dans le contexte de la modernité et de la postmodernité, un mouvement universel de dénonciation et de lutte contre la stigmatisation dans toutes ses formes traverse les textes de lois et les constitutions de toutes les sociétés. D’ailleurs, c’est dans les programmes scolaires officiels que l’on trouve l’expression de cette tendance pour répondre à cette politique de formation des nouvelles générations à travers les fameux thèmes de « la paix », de « la tolérance »…

Cela dit, bien que ces questions ne soient pas récentes dans les cursus éducatifs des jeunes écoliers puisqu’elles datent depuis plus d’un siècle, les résultats escomptés de ces politiques d’intériorisation de l’acceptation de la différence d’autrui devraient faire l’objet d’une évaluation et d’un bilan. En effet, si l’on prend à titre d’exemple l’ampleur du problème de l’intégration des émigrés dans les pays d’accueil, qui est l’une des causes principales du phénomène mondial de la violence et du terrorisme, le succès des politiques et des mouvements de lutte contre la stigmatisation devrait être mis en cause.

En définitive, il est assez judicieux de faire l’état des lieux du phénomène séculaire de la stigmatisation dans le cadre de ce congrès. Un certain nombre d’interrogations s’impose à ce propos : Quelles sont les multiples formes de stigmatisation qui traversent l’histoire humaine ? Quels jeux de forces s’exercent entre stigmatisation, contre-stigmatisation et auto-stigmatisation ? Dans quelle mesure la critique de la stigmatisation a-t-elle contribué à la lutte contre ce phénomène ? Quelles nouvelles stratégies faut-il adopter alors pour faire face aux manifestations renouvelables de ce phénomène ?  Peut-on repenser cette question sans avoir recours à différents angles de vue et à de multiples approches dans le cadre de l’interdisciplinarité ?

 

AXES

C’est pour répondre à ces interrogations et à tant d’autres que les chercheurs de différents domaines sont conviés à réfléchir sur la stigmatisation et à enrichir le débat sur ce sujet. Sans prétendre à l’exhaustivité, voici quelques pistes de réflexion :

I.       Les formes de la stigmatisation

1.      Physique (les handicaps, les difformités, les cicatrices, l’obésité…).

2.      Ethnique (Blancs et Noirs, Arabe et Amazighs…).

3.      Sociale (les enfants des cités et des banlieues, les citadins et les ruraux, les délinquants, les fils naturels, les homosexuels, les transsexuels, les marginalisés…).

4.      Culturelle et Religieuse (juifs et musulmans, chrétiens catholiques, protestants, orthodoxes… musulmans sunnites, chiites, daesch… minorité musulmane rohingyas au Mynmar, bouddhidtes, athées …).

5.      Politique (Conservateurs et Progressistes, les oppositions idéologiques entre les différents partis politiques…).

6.      Littéraire (Conservateurs et Modernistes, Conformistes et Anticonformistes, Libertins…).

II.      Les enjeux de la stigmatisation

1.      La manipulation politique des stigmas.

2.      La manipulation religieuse des stigmas.

3.      Les effets sociaux de la stigmatisation.

4.      L’influence des mass-médias et des réseaux sociaux en matière de stigmatisation.

5.      La récupération littéraire de la stigmatisation.

III.    Les stratégies de la dé-stigmatisation

1.      Les politiques de tolérance et de cosmopolitisme.

2.      L’appel à la cohabitation pacifique.

3.      Le rôle des mass-médias.

4.      Le rôle de l’enseignement.

5.      La mission des penseurs, des sociologues, des anthropologues, des artistes et des hommes de lettres.

Les objectifs du Congrès

•        Insister sur la pertinence de la réflexion au sujet de la stigmatisation.

•        Insister sur la nécessité d’une étude interdisciplinaire du phénomène de la stigmatisation (psychologie, sociologie, anthropologie, littérature, histoire, didactique…).

•        Cerner l’ampleur du phénomène de la stigmatisation.

•        Evaluer l’efficience des différentes politiques et stratégies déjà mises en œuvre dans la lutte contre la stigmatisation.

•        Essayer de définir de nouvelles stratégies pour faire face aux manifestations actuelles de la stigmatisation.

 

Bibliographie

1.      Blanchot, M. Faux pas, Paris, Gallimard, 1943.

2.      Canguilhem, G. Le normal et le pathologique, Paris, P.U.F, 2005.

3.      Collectif, L'adolescence à l'épreuve de la stigmatisation- Abdessalem Yahyaoui (Direction) Paru le 19 avril 2017, Edition In Press.

4.      Collectif, Les Mots de la stigmatisation urbaine, Jean-Charles Depaule (Direction), Les mots de la ville, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Éditions UNESCO, Collection : Les mots de la ville, 2006.

5.      Croizet, J.C., Leyens, J.P., Mauvaises réputations Réalités et enjeux de la stigmatisation sociale, Paris, Armand Colin, 2003.

6.      Dagognet, F. Changement de perspective : le dedans et le dehors, Paris, La Table ronde, 2002.

7.      Elias, N. La société des individus, Paris, Pocket agora, 1998.

8.      Fanon, F. Peaux noires, masques blancs, Paris, Le Seuil, 1952.

9.      Fassin, D, Rechtman R, L’Empire du traumatisme : enquête sur la condition de victime, Paris, Flammarion, 2007.

10.    Foucault, M. Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.

11.    Gauchet, M. La démocratie contre elle-même, Paris, Gallimard, 2002.

12.    Girard, R. La violence et le sacré, Paris, Grasset, 1972.

13.    Giordana, J.Y., La stigmatisation en psychiatrie et en santé mentale, Paris, Masson, 2010.

14.    Goffman, I. Stigmate : les usages sociaux des handicaps, Paris, Editions de Minuit, 1975.

15.    Le Bihan, Y., Construction sociale et stigmatisation de la « femme noire », Imaginaires coloniaux et sélection matrimoniale, Paris, Logiques sociales, 2007.

16.    Sloterdijk, P. La domestication de l’être, Paris, Mille et une nuits, 2000.

17.    Souleze Larivière D, Eliacheff C, Le temps des victimes, Paris, Albin Michel, 2007.

 

Président et Coordinateur général du Congrès

Dr. Abdelwaheb Bacha, Directeur du Centre cognitif des Recherches et des Etudes El Madar.

Coordinateur et Responsable de publication du Congrès

Dr. Lassàad Héni.

 

Protocole de participation et de publication

-        La proposition doit toucher l’un des axes du Congrès. Elle doit être également inédite et non extraite d’un quelconque travail académique (Mémoire de Master, Thèse…). Les langues des communications sont l’arabe, le français, l’anglais, l’espagnol et le turc.

-        Les communications ne doivent pas être en-deçà des 10 pages et au-delà des 25 pages. Les notes, les références et les annexes doivent figurer en bas de page. La bibliographie doit obéir à l’ordre alphabétique et figurer à la fin de la communication.

-        La proposition doit être sous la forme d’un projet de communication.

-        Les propositions acceptées pour la participation sont soumises à l’évaluation du comité scientifique en vue de leur éventuelle publication.

-        Les propositions en français, en anglais, en espagnol et en turc sont à rédiger dans la police Times New Roman, interligne 1.5, caractère 14, bas de page, caractère 12. Les communications en arabe sont à rédiger dans la police Simplified Arabic.

-        Les propositions doivent être accompagnées d’une brève notice biographique (Nom et prénom, Grade, Institution de rattachement, numéro de téléphone, émail..).

-        Les propositions en arabe doivent être accompagnées d’un résumé en français ou en anglais avec la délimitation de 5 mots-clés.

-        Les communications en français et en anglais doivent être accompagnées d’un résumé en arabe.

-        Le comité scientifique statue sur l’acceptation des propositions et informe les auteurs de la nécessité d’envoyer le texte complet de leurs communications avant la date limite de leur réception.

-        Les communications doubles sont acceptées à condition d’être présentées par un seul conférencier.

-        Les communications des doctorants doivent être sous la forme de poster.

-        Les enseignants universitaires et les docteurs sont libres de choisir la forme de leurs communications : conférence, poster…

Dates importantes

-        Dernier délai pour l’envoi des propositions : 30 novembre 2018.

-        Notification d’acceptation : 07 décembre 2018.

-        Dernier délai pour la réception des communications : 10 janvier 2018.

-        Envoi des invitations de participation : 20 janvier 2019.

-        Annonce du programme du congrès : 25 janvier 2019.

-        Réception des participants : 7 février 2019.

-        Tenue du congrès : 8 et 9 février 2019.

Frais de participation

-        Les frais de transport sont à la charge des participants.

-        Les frais de participation des enseignants et des étudiants algériens sont 22000 dinars algériens pour les chambres doubles à payer avant le 31 décembre 2018. Après le 1 janvier 2019 les participants sont conviés à payer la somme de 25000 dinars algériens.

-        Les frais de participation des enseignants et des étudiants tunisiens sont 230 dinars tunisiens pour les chambres doubles à payer dans le lieu du congrès.

-        Les frais de participation pour les citoyens des autres pays est 200 euros ou leur équivalent en dollar à payer dans le lieu du congrès.

-        Pour les chambres individuelles, les participants sont conviés à s’acquitter de la somme de 60 dinars tunisiens à raison de 20 dinars par nuitée.

-        Les frais de participation couvrent le séjour à l’hôtel, la restauration, le cartable du congrès, une attestation de participation cosignée par le Centre El Madar et l’Université de Gabès.

-        Les frais de publication électronique ou en papier sont 20 euros à payer dans le lieu du congrès.

Email du congrès

Congres.stigmatisation2019@gmail.com

Email du Centre El Madar

rsmcenterdz@gmail.com

Appel à contribution : “Représentation du désir féminin : entre texte et image”
Posted: Thursday, October 25, 2018 - 12:48

Appel à contribution pour le numéro 10 de la revue électronique Litter@ Incognita

(http://blogs.univ-tlse2.fr/littera-incognita-2/)

 

Trop souvent définie comme étant du côté des instincts et de la nature, la sexualité humaine est entourée de contraintes et d’interdits socialement construits. Trop souvent également, le désir sexuel exprimé et représenté est celui des hommes, principaux producteurs et premiers destinataires de ces écrits et de ces images. Le désir féminin a longtemps été construit en miroir par les hommes pour répondre à leurs propres fantasmes : le masochisme féminin faisant pendant au sadisme masculin ; l’exhibitionnisme féminin répondant au voyeurisme masculin ; le désir de violer, auquel correspondrait celui d’être violée, etc. La femme est ainsi traditionnellement un objet du désir et l’instrument de la jouissance masculine plutôt qu’un sujet qui parle, voit, agit et désire de façon autonome. En ce sens, le désir féminin semble d’une certaine manière invisibilisé, au mieux suggéré. Il resterait dans l’ombre non seulement de son pendant masculin, mais également des conventions sociales, littéraires, ou artistiques.

En 1975, Hélène Cixous écrit dans Le Rire de la Méduse : « [i]l faut que la femme s’écrive » (Cixous : p. 37). Pour elle, cet acte « marquera [entre autres] la Prise de la Parole par la femme, donc son entrée fracassante dans l’Histoire qui s’est toujours constituée sur son refoulement » (Cixous : p. 46). Mais qu’en est-il depuis cet appel lancé aux femmes à se « fraye[r] [leur] voie dans le symbolique » (Cixous : p. 59) ?

Le développement de nouvelles pratiques artistiques ainsi que l’essor des adaptations cinématographiques et télévisuelles de romans ces dernières décennies ont fait naître de nouvelles problématiques mais ont aussi permis l’émergence de nouveaux discours. Il nous semble ainsi intéressant de ne pas nous cantonner à l’écriture seule mais de l’articuler avec les images. Cette relation texte-image ne se limite pas au champ de la transmédialité ; elle est également au cœur de dynamiques intermédiales, si nous entendons l’intermédialité comme « l’ensemble des conditions qui rendent possibles les croisements et la concurrence des médias, l’ensemble possible des figures que les médias produisent en se croisant » (Marinielllo : p. 48). Il convient ainsi de se pencher sur des productions culturelles intermédiales et transmédiales qui déjouent les représentations textuelles, visuelles ou psychiques conventionnelles pour mieux interroger les modalités complexes de représentation du désir sexuel féminin. Il ne s’agit pas ici de mesurer ou de démontrer une hypothétique écriture féminine mais bien d’étudier ce que l’articulation entre le texte (écrit ou oral) et l’image (visuelle ou mentale) permet aux femmes dans la représentation et l’expression de leurs désirs sexuels.

Les modalités d’articulation entre les images et les textes ne relèvent pas uniquement d’un procédé réducteur de traduction “à la lettre” de l’image en texte, ou du texte en image. Les relations qui s’établissent entre ces deux éléments sont plus complexes, elles jouent fréquemment avec un écart volontaire entre ce que l’un et l’autre suggèrent. Ce décalage permet de fissurer la représentation, de créer des brèches à travers lesquels s’engouffre l’imagination du·de la lecteur·trice. Ce·tte dernier·ère se projette intimement dans ces failles qui ménagent un espace marginal, alternatif et ambigu, propice au développement du désir féminin. Nous nous intéresserons donc aux imbrications entre les textes et les images qui se répondent imparfaitement, se contredisent, s’opposent, créent des blancs et des silences, ménageant ainsi une multitude d’interstices désirants.

AXES DE RÉFLEXION

Nous invitons les chercheur·se·s et jeunes chercheur·se·s de toute discipline à interroger la relations entre l’articulation texte/image et le désir féminin. Nous proposons quelques axes de réflexion non exhaustifs afin de guider les contributeur·trice·s.

  • Adaptations cinématographiques et télévisuelles

Les adaptations de livres au cinéma ou à la télévision sont légion. Ainsi, plusieurs textes écrits par des femmes et mettant en scène leurs sexualités ont été adaptés à l’écran : on pense notamment aux séries Orange is the New Black ou My Mad Fat Diary mais aussi aux adaptations des romans de Nelly Arcan, Virginie Despentes ou encore Marguerite Duras. Quels changements le passage du texte à l’image opère-t-il sur la représentation de la sexualité et du désir des personnages et sur leurs effets sur le·a lecteur·rice et le·a spectateur·rice ? L’image en dit-elle plus ou moins que le texte ?

  • Tensions texte/image dans la bande dessinée, le roman graphique et l’album

La bande dessinée, le roman graphique et l’album se nourrissent de la tension entre l’image et le texte, sans cesser d’en réinventer les modalités. Ces trois supports, traditionnellement privilégiés par des artistes masculins, ont cependant été choisis par des artistes féminines, et souvent féministes, pour exprimer, crûment et/ou poétiquement, l’intime et le désir féminins, depuis les mouvements undergrounddes années 1960-1970 (par exemple avec les anthologies d’autrices Wimmen's Comix et Tits and Clits) jusqu’à nos jours (Le Bleu est une couleur chaude de Julie Marauch, Los Juncos de Sandra Uve, etc.). Leur revendication d’un regard féminin et féministe sur les corps, les désirs et les sexualités constitue également un contrepoint à une réification des corps et des personnages de femmes, habituelle dans certaines catégories de bandes dessinées sérielles (histoire, fantasy, science-fiction, etc.). Une réflexion sur la nature et l’évolution de l’intégration du texte à l’image, de la répartition graphique des éléments textuels et visuels sur la planche et de leurs rapports de force et de complémentarité dans ces œuvres d’autrices permettrait notamment d’analyser la déconstruction des représentations sexistes qu’elles opèrent.

  • Récits de fans : quand le désir des femmes fait désordre...

Parmi les formes d’expression du désir féminin les plus controversées, on compte le travail des fans. Les fanfictions, les fanarts ou encore le vidding sont des pratiques actives de la réception où les fans vont enrichir l’univers fictionnel d’un produit médiatique. Ces écrits et créations artistiques sont un terrain fertile de jeu et d’expression pour le désir sexuel d’une communauté très majoritairement jeune et féminine : ce sont donc des productions faites par et pour les femmes. La pudique romance hétérosexuelle est loin d’être toujours de rigueur : sadisme, masochisme, transsexualité, homosexualité, bisexualité, écriture et représentations explicites voire pornographiques, viols, etc. sont fréquemment au cœur de ces productions. La crudité de ces textes et images choque à l’extérieur (et parfois même à l’intérieur) de la communauté. Comment s’articulent alors les textes et les images de ces fans pour permettre l’expression de ce désir féminin parfois subversif et introduire du politique au sein de ces pratiques ?

La diversité des contextes dans lesquels la relation entre le désir féminin et l’articulation texte/image est susceptible d’apporter un éclairage invite à la discussion et à un renouvellement des questionnements scientifiques qui y sont attachés. Naturellement, la liste des pistes proposées et les domaines concernés ici sont non-exhaustifs et tout sujet qui se concentrerait sur des enjeux sous-jacents à la question posée sont bienvenus.

 

Bibliographie Indicative

BOURDAA Mélanie, ALESSANDRIN Arnaud (dir.) Fan studies, gender studies. La rencontre, Paris, Théraèdre, 2017.

CARANI Marie, « Le désir au féminin », Recherches féministes, n°18, 2005, 9–37.

CIXOUS Hélène, Le Rire de la Méduse et autres ironies, Paris, Galilée, « Lignes fictives », 2010.

DESTAIS Alexandra, Éros au féminin, Paris, Klincksieck, 2014.

GRAMMEL Irene (dir.), Confessional Politics : Women's Sexual Self-Representations in Life Writing and Popular Media, Carbondale, Southern Illinois University Press, 1999.

Alice HUGHES et Kate INCE (dir.), French Erotic Fiction: Women's Desiring Writing, 1880-1990, Oxford, Berg, 1996.

GRANOFF Wladimir et PERRIER François, Le désir et le féminin, Paris, Aubier Montaigne, 1979.

MACKINNON Kenneth, Uneasy Pleasure: The Male as Erotic Object, Londres/Cranbury, Cygnus Arts/Fairleigh  Dickinson University Press, 1997.

MARINIELLO Silvestra. Commencements. In : MÉCHOULAN Éric et al. (dir.). Naître [En ligne]. Montréal : Université de Montréal, Centre de Recherche Intermédiales sur les arts, les lettres et les techniques, 2003, Intermédialités, n°1, p. 47‑62.

POLLOCK Griselda, Differencing the Canon: Feminist Desire and the Writing of Art’s Histories, Londres et New York, Routledge, 1999.

 

MODALITÉS DE SOUMISSION

Les propositions de contributions en français (titre et résumé de 500 mots maximum), accompagnées d’une brève notice biobibliographique (affiliation institutionnelle, axes de recherche, publications majeures) sont à envoyer à l’adresse électronique de la revue Litter@ Incognita litterai@univ-tlse2.fr

Les articles sont soumis de manière anonyme à l’évaluation d’un comité scientifique composé d’enseignants-chercheurs de l’Université Toulouse Jean Jaurès.

 

Calendrier prévisionnel

  • Soumission des propositions avant le 19 novembre 2018
  • Annonce des résultats de la sélection des propositions : 1er décembre 2018
  • Soumission des articles complets retenus : 15 février 2019
  • Publication des articles évalués : juin 2019
CfP: "Timepieces"
Posted: Thursday, October 25, 2018 - 12:46

The University of Toronto’s Centre for Comparative Literature’s 29th Annual Conference 

50thAnniversary of the Centre for Comparative Literature 1969-2019

March 29th and 30th, 2019

 

PRESENTATION

What is time? How do we think about it? These timeless questions haunt us still.

From Aristotle’s unities of time and space, to Einstein’s theory of space-time dichotomy, to Bergson’s duration, the issue of temporal representation has raised questions about chronology/chronometry and conceptions of time as cyclical, linear, or multi-directional. Literature and other artistic media, such as music, theatre, film, photography, and visual arts have revolved around the paradoxical task of representing time’s passage, stasis, duration, embodiment, fragmentation, and distortion. Recently, diverse time-space epistemologies such as those founded in Indigenous cultures and questions of the digital, the postcolonial, memory, remediation of ephemera, ecology, and gender have opened up new perspectives on temporality. 

Attempts at temporal unification for cultural, economic and political reasons mark human history. Postcolonial time has often been considered an alternative temporality in opposition to Western forms of temporal homogenization (standard time, clock time, imperial time). However, can the postcolonial “other” encourage a perspectival definition of time while simultaneously helping to reconsider the alleged incommensurability between the time of the “other” and “Western temporality”?[1]

Time is also intrinsically linked to questions of cultural and personal memory and trauma. Acts of remembrance (re)enact the past in the present, and the imagination projects past and present into the future. By remembering and forgetting, witnessing and enacting, subjectivation and self-formation are mediated through time. What are the ethical implications of shaping the self through memory? Can time heal? Moreover, how does the multi-directionality of memory complicate linear and progressive understandings of time?  

“Hold on to the now, the here, through which all future plunges to the past,” wrote James Joyce. The opposite holds true as well – remembering the future as past can illumine how we address present problematics. The Anthropocene is upon us – an era of accelerated change and, consequently, collective human responsibility. Ice caps melting, oceans polluted and overfished, countless animals killed for human consumption – this is the contemporary condition of climate time. What roles does time play in ecology and the processes of extinction and climate change?[2]

It is in light of recent societal and planetary developments (climate change, globalization, multiculturalism, etc.) that re-thinking time and politics becomes urgent. The historical materialist thinking of time as capital persists in contemporary neoliberalism: “sustainability” is used as a catch-phrase in policy making, while simultaneously sustaining the belief in progress and exploitation. Time is still money, after all. Can alternative politics of time envision new and unexplored forms of society? Are utopian imaginaries of the future a productive way of thinking time and politics?[3]

We, as participants in the academic discourse, acknowledge that our current and future perception of time affects disciplines and structures in pedagogy and academia. Considering gender and marginalization in our reflections on temporality allow us to imagine time in unexplored yet crucial ways: to challenge more, critique louder, and erase erasure. Now is the time to consider what it means to be contemporary; what it means to participate in our times. This is an invitation to a critical rethinking of, and a creative engagement with, the subject of time from a contemporary perspective.  

The organizing committee of the 29thAnnual Conference welcomes academic and artistic submissions (e.g. poetry, performance, visual arts) that engage with aspects of temporality. Suggested topics include, but are not limited to: 

  • Representations of Time in the Arts    
  • “Pre-modern” Conceptions of Time
  • Time and the Postcolonial
  • Indigenous Temporalities 
  • Time, Memory, Trauma
  • Ruins, Monuments, and Ethnographies
  • Gender, Embodiment, Aging Bodies 
  • Languages through Time

 

PROPOSALS

Proposals should be a maximum of 250–300 words. Individual talks should be 15–20 minutes in duration and altogether, panels and roundtables should not exceed 90 minutes. Please include a biographical statement of no more than 50 words and submit your abstract by e-mail to complitconference2019@gmail.comby December 1st, 2018

 

PRÉSENTATION

Qu’est-ce que le temps ? Comment y réfléchissons-nous ? Ces questions, intemporelles, continuent de nous hanter.

Des unités de temps et d’espace d’Aristote à la théorie binaire de l’espace-temps d’Einstein, en passant par le concept de durée chez Bergson, la question de la représentation temporelle a soulevé de nombreuses questions quant à la chronologie/chronométrie et aux conceptions cycliques, linéaires, et multidirectionnelles du temps. La littérature et les arts, y compris la musique, le théâtre, le cinéma, la photographie, et les arts visuels, s’attaquent depuis la nuit des temps au défi paradoxal de représenter le passage du temps, mais aussi sa stagnation, sa durée, son incarnation, sa fragmentation, sa distorsion. Récemment, des questions relatives à l’ère numérique, aux épistémologies autochtones, au postcolonialisme, à la mémoire, à l’écologie, à la remédiation de l’éphémère et à l’identité de genre ont permis l’émergence de perspectives novatrices sur la temporalité.

L’histoire humaine a été marquée par de nombreuses tentatives visant l’unification du temps pour des raisons culturelles, politiques et économiques. Certains considèrent d’ailleurs les temporalités postcoloniales en opposition avec les formes occidentales d’homogénéisation temporelle (avec des outils comme l’heure standard, les horloges, et les mesures impériales). Cela dit, aujourd’hui, « l’Autre » postcolonial peut-il définir le temps différemment, tout en questionnant et en reconsidérant la présumée incommensurabilité entre sa propre temporalité et celle de l’Occident ?[4]

Le temps est également intrinsèque à la mémoire et aux traumatismes, individuels comme collectifs. Les gestes commémoratifs (re)créent le passé et le présent, tandis que l’imagination projette le passé et le présent dans l’avenir. Se rappeler et oublier, être témoin et acteur ; la subjectivation passe par la médiation du temps. Sur le plan éthique, qu’est-ce que la construction de soi et des autres à l’aide de la mémoire et des souvenirs implique ? Le temps peut-il guérir ? Comment la multidirectionalité de la mémoire complique-t-elle les notions linéaires et progressives du temps ?

« Tiens-toi au maintenant, à l’ici, à travers quoi tout futur plonge dans le passé, » écrivait James Joyce. L’inverse est aussi vrai : concevoir l’avenir comme le passé nous permet d’imaginer des solutions à des problématiques actuelles avec une singulière lucidité. L’anthropocène, cette ère de changements accélérés et, par conséquent, de responsabilité humaine et collective accrue, règne. Les banquises fondent, les océans sont pollués, les animaux deviennent des produits de consommation : voilà les paysages du réchauffement climatique. Quel rôle le temps joue-t-il dans les processus écologiques tels que l’extinction et les changements climatiques ?[5]

À la lumière de certains développements sociétaux et planétaires — réchauffement climatique, mondialisation, multiculturalisme, etc. –, repenser les liens entre le temps et la politique s’avère urgent. La perspective du matérialisme historique, qui considère le temps comme du capital, persiste dans le régime néolibéral actuel : en effet, le mot « durabilité » est utilisé à toutes les sauces par les gouvernements et les entreprises, ce qui alimente la conviction que le progrès et l’exploitation sont à privilégier. Force est d’admettre que la devise « le temps, c’est de l’argent » est toujours d’actualité. Une vision politique différente du temps nous aiderait-elle à envisager de nouvelles formes sociales jusqu’ici inexplorées ? Des imaginaires utopiques nous permettraient-ils de penser le futur autrement en termes de temps et de politique ?[6]

En tant que chercheurs, il nous faut reconnaître que les façons dont nous percevons le temps ont une incidence sur les disciplines et les structures universitaires et pédagogiques. Inclure les questions de genre et de marginalisation dans nos réflexions sur la temporalité, par exemple, nous permet de repenser le temps différemment. Le temps est maintenant venu de réfléchir à ce que cela signifie d’être contemporains et de participer à l’époque actuelle. Ce colloque est une invitation à la réflexion critique et créative sur le sujet du temps, d’un point de vue littéraire et contemporain.

Le comité organisateur du 29ecolloque annuel sollicite les propositions de communications et les soumissions artistiques (poésie, performance, arts visuels, etc.). Les propositions peuvent aborder, sans s’y limiter, les thèmes suivants :

  • Les représentations artistiques et littéraires du temps et de la temporalité
  • Les conceptions « pré-modernes » ou précoloniales du temps
  • Le temps et le postcolonialisme
  • Les temporalités autochtones
  • La mémoire et le traumatisme
  • Les ruines, monuments et ethnographies
  • Le genre, la corporalité, la vieillesse
  • Les langues au fil du temps
  • La responsabilité éthique et politique à l’ère actuelle
  • Le temps et l’anthropocène
  • Les hétérotopies, utopies, hétérochronies
  • Les définitions économiques du temps ; le temps comme capital
  • La mondialisation et la compression de l’espace-temps 
  • Les rythmes, mouvements, accélérations

 

COMMUNICATIONS

Le colloque se tiendra à l’Université de Toronto les 29 et 30 mars 2019. Nous acceptons les propositions (en anglais ou en français) d’au plus 300 mots. Les communications individuelles seront d’une durée maximum de 20 minutes ; les panels et les tables rondes seront d’une durée totale de 90 minutes. Veuillez également inclure une note biographique d’environ 50 mots, et soumettre votre proposition par courriel avant le 1er décembre, à l’adresse suivante : complitconference2019@gmail.com.

 

NOTES

[1]Watson, J. K. and Wilder, G. (eds.). The Postcolonial Contemporary: Political Imaginaries for the Global Present. New York, NY: Fordham University Press, 2018; Kaltmeier, O. and M. Rufer (eds.) Entangled Heritages: Postcolonial Perspectives on the Uses of the Past in Latin America. Abingdon, Oxon; New York, NY: Routledge, 2017.

[2]Menely, T. and Taylor, J. O. Anthropocene Reading: Literary History in Geologic Times. University Park, Pennsylvania: The Pennsylvania State University Press, 2017; Davis, H. and Turpin, E. Art in the Anthropocene: Encounters Among Aesthetics, Politics, Environments and Epistemologies. London: Open Humanities Press, 2015.

[3]Morfino, V. and Thomas, P. D. (eds.) The Government of Time: Theories of Plural Temporality in the Marxist Tradition. Boston: Brill, 2018.

[4]Watson, J. K. et Wilder, G. (dir.). The Postcolonial Contemporary: Political Imaginaries for the Global Present. New York, NY: Fordham University Press, 2018; Kaltmeier, O. et M. Rufer (dir.) Entangled Heritages: Postcolonial Perspectives on the Uses of the Past in Latin America. Abingdon, Oxon; New York, NY: Routledge, 2017.

[5]Menely, T. et Taylor, J. O. Anthropocene Reading: Literary History in Geologic Times. University Park, Pennsylvania: The Pennsylvania State University Press, 2017; Davis, H. et Turpin, E. Art in the Anthropocene: Encounters Among Aesthetics, Politics, Environments and Epistemologies. London: Open Humanities Press, 2015.

[6]Morfino, V. et Thomas, P. D. (dir.) The Government of Time: Theories of Plural Temporality in the Marxist Tradition. Boston: Brill, 2018.

 

French Graduate Conference, University of Cambridge
Posted: Thursday, October 25, 2018 - 12:42

25th-26th April 2019

Confirmed Keynote Speakers: Prof. Achille Mbembe, Dr Adeline Desbois-Ientile, Dr Claire White.

 

PRÉSENTATION

The ‘temporal turn’ of the last decade has witnessed the return of the concept of delay at the centre of literary and artistic production. These often focus on the deployment of time in works, for instance, the dyschronia of the contemporary (Agamben 2008). The disjuncture between lived and perceived time is echoed by the hermeneutics of ancient texts and contemporary literary theory. The propensity for anachronic readings (Bayard) in the 2000s, or studies of ‘queer temporalities’ (Allen, Time and Literature¸2018), make a compelling case for a re-reading of canonical texts and literary re-interpretations through ‘timely’ studies.

Whether by the use of hyperbaton, which dislocates the sentence and produces a delayed effect through the deferred appearance of a word, or by the deceleration of rhythms (through pauses in the narration or the aesthetics of slowness, such as the dyssynchronization between sound and image exhibited in Godard’s films or “slow cinema”), writers and filmmakers experiment with the rhythms of time. Sixteenth-century authors dwell on their perennial linguistic delay in relation to the ideal of Antiquity, which they are emulating, and the “Querelle des Anciens et des Modernes” in the seventeenth-century solidifies two centuries of literary debates on the legitimacy of the present.

Time lag can become the marker of civilisations deemed inferior, of people and modes of living which elude heteronormative or so-called ‘normal’ rules as defined by dominant cultures. To be ‘passé’, ‘retarded’, ‘underdeveloped’, are amongst the many expressions which reduce alterity to an inferiority gestured to through temporality. Within this context, the use of the notion of delay to think of spatial differences is interrogated: one need only evoke the ‘backwardness’ of former French colonies in relation to France, or the gap between Anglo-American literary theoretical developments and French schools of thought.

We would warmly welcome presentations from doctoral students working on a range of periods in the French and Francophone world: from the Middle Ages to the Ultra-contemporary. The following is a non-exhaustive list of potential topics of interest:

- Delays in press and publications. Materiality of works and its delays

- Philosophical notions of dyschronia, anachronia, parachronia, the future of the past, and the impossibility of simultaneity

- Spatial and temporal disjuncture

- Spatial and temporal displacement, migrations

- Cinematic delays

- Queer temporalities

- Representations in time and the deconstruction of liminal/marginal characters and spaces

- Poetic delays (microsctructural and macrostructural)

- Dislocating stylistic figures

- Anachronic readings

- Aesthetics of delays/ tragedy

- Progress/’backwardness’

- Perceptions of historical time

- Causes and effects of delays

 

COMMUNICATIONS

The conference will take place at the University of Cambridge (Corpus Christi College) on 25th and 26th of April 2019. We invite proposals (250 words max) to be sent by 30th January 2019 to the following address : delaysretards2019@gmail.com. It is envisaged that a selection of the papers presented will be subsequently published.

New Publications

Françoise de Graffigny,Lettres d'une Péruvienne, Édition de Martine Reid
Posted: 30 Apr 2022 - 16:26

Françoise de Graffigny,Lettres d'une Péruvienne, Édition de Martine Reid, Collection Folio classique (n° 7042), Gallimard, 2022.

Arrachée à son Pérou natal, une jeune Inca est ramenée de force en France. Un officier amoureux d’elle la prend son sous aile et tente d’en faire une jeune Française. A son fiancé resté au Pérou, Zilia raconte sa découverte de la France, tout en se languissant de leurs retrouvailles. Peu à peu, elle parvient à retourner à son profit tous ses handicaps : le déracinement, la différence de langue et de culture, le manque d’autonomie. En autodidacte, grâce à la lecture et à l’observation, elle s’instruit. Elle ne choisit ni l’assimilation ni l’oubli des origines, mais une troisième voie, synthèse d’ici et d’ailleurs.
Dans ce roman d’amour par lettres, Françoise de Graffigny fait le récit de l’émancipation progressive d’une femme qui refuse d’être asservie à un protecteur ou un amant. Paru en 1747, l’ouvrage rencontre un extraordinaire succès dans toute l’Europe, déclenchant une véritable mode « à la Péruvienne ». Il est l’un des premiers bestsellers de la littérature française, et l’un des premiers manifestes pour l’indépendance des femmes.
Précurseure du droit à la différence, féministe avant l’heure, déjà critique de l’appropriation culturelle : telle est Françoise de Graffigny, dont il convient de redécouvrir le magnifique roman.

272 pages, sous couverture illustrée, 108 x 178 mm
Achevé d'imprimer : 13-01-2022

Genre : Romans et récits Catégorie > Sous-catégorie : Littérature française > Romans et récits
Époque : XVIIIe siècle
ISBN : 9782072890611 - Gencode : 9782072890611 - Code distributeur : G04105

en vente ici.

Condorcet, Conseils à sa fille et autres textes (Édition et préface de Laura El Makki et Nathalie Wolff)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:23

Condorcet, Conseils à sa fille et autres textes, Édition et préface de Laura El Makki et Nathalie Wolff, Paris, Folio Gallimard, 2022.

Habile, Condorcet met en lumière les contradictions d’une Révolution qui, tout en souhaitant faire table rase du passé, le prolonge irrémédiablement. Il croit aux capacités des femmes à participer à la chose publique. Et il pose bientôt la question inhérente à celle, première, du droit de cité : à quoi servirait le droit de vote s’il était octroyé à des femmes privées du savoir et des moyens d’accéder à la raison critique ?

Penseur des Lumières, Condorcet (1743-1794), non loin d’Olympe de Gouges, ouvre dans ces quatre textes méconnus la voie d’un féminisme particulièrement exigeant et plaide pour une émancipation intellectuelle de toutes et tous. Il y déplie aussi la profondeur singulière du lien père-fille dans une lettre remarquable de finesse et de sensibilité.

Plus d'informations ici.

Pontus de Tyard, Œuvres complètes. Tome VII La droite imposition des noms (De recta nominum impositione), Eva Kushner, Jean-Claude Margolin, Sophie Kessler-Mesguich, Colette Nativel (ed.) & Jean Céard (trad.)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:21

Pontus de Tyard, Œuvres complètes. Tome VII La droite imposition des noms (De recta nominum impositione), Eva Kushner, Jean-Claude Margolin, Sophie Kessler-Mesguich, Colette Nativel (ed.) & Jean Céard (trad.)

Paris, Classiques Garnier, coll. "Textes de la Renaissance", 2022

EAN: 9782406130086
DOI: 10.15122/isbn.978-2-37312-802-4
560 pages
Prix : 59€
Date de publication : 01 Avril 2022

Dans cette dernière œuvre, Pontus de Tyard pose le problème de l’imposition des noms. Il tire de maints domaines, tant mythologiques que bibliques, historiques et scientifiques, des étymologies mettant à l’épreuve son cratylisme. Un humanisme joyeux, capable de libre jugement, s’affirme dans cet essai à la résonance montaignienne.

Plus di'nformations ici.

Etienne Tabourot, Les Bigarrures du Seigneur des Accords. Quatrième Livre avec Les Apophthegmes du Seigneur Gaulard, Gabriel-André Pérouse (éd.)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:18

Etienne Tabourot, Les Bigarrures du Seigneur des Accords. Quatrième Livre avec Les Apophthegmes du Seigneur Gaulard, Gabriel-André Pérouse (éd.), Paris, Classiques Garnier, 2022.

EAN: 9782406130079
DOI: 10.15122/isbn.978-2-37312-572-6
293 pages
Prix : 36€
Date de publication : 30 Mars 2022

Le quatrième livre des Bigarrures est une invitation à goûter le mélange savoureux des quatre « discours » avec les facéties des Apophthegmes. La pertinence des analyses sociales, poétiques ou épistémologiques de l’esprit réformateur d’Étienne Tabourot voisine avec l'impertinence copieuse du Seigneur Gaulard.

Plus d'informations ici.

LA PLUME VAGABONDE : D’une rive à l’autre, d’une culture à l’autre (Alia Baccar Bournaz)
Posted: 30 Apr 2022 - 16:13

Alia Baccar Bournaz, LA PLUME VAGABONDE : D’une rive à l’autre, d’une culture à l’autre, Académie Tunisienne des Sciences et des Arts, 2022.

Langue : Française
Format : 24 x 16
Nombre de pages :343
Thème:littérature

Contact :
Le siège de l’Académie avec une remise de 20%.
Le site de l’Académie avec une remise de 20% :

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Dans les librairies : Abencerage, Al kiteb, Babel, Cérès, Edito, Fahrenheit, Gai-savoir, Le Libre R.