Le clair-obscur du visible Fénelon et l’image

Edité par Olivier Leplatre ; préface de François-Xavier Cuche. Genève, Droz, Cahiers du GADGES 14, 2017. isbn 978-2-36442-074-8. 470 p., 60 ill. n&b., br., 41.71 €.

 

Emblème d’un siècle ambivalent vis-à-vis des arts de représentation, iconolâtre autant qu’iconophobe

Fénelon témoigne dans son oeuvre d’un complexe du visible. Chez lui, dialoguent en

tension les plus grandes réticences et l’intérêt stratégique voire le goût profond pour l’image.

Les études rassemblées ici sondent et comparent les divers pans d’un corpus divers qui assemble

fictions, essais pédagogiques et esthétiques, et bien entendu prose spirituelle. Ce balayage permet

une grande pluralité des approches qui saisissent les enjeux et les soubassements d’une pensée,

d’une croyance et d’une sensibilité à la fois inquiétées et passionnées par le pouvoir de l’image.

Pour partie, Fénelon met en soupçon, éventuellement refuse les images, jugées risquées parce que

séductrices, trompeuses, illusoires (le pur amour quiétiste est fondamentalement sans vision).

Mais il sait aussi ne pouvoir se passer du régime de l’image, concrète et mentale, pour toucher

et persuader les hommes auxquels il s’adresse et que les sens rendent incapables de s’élever spontanément

à l’abstraction des idées ou de la foi. Le lecteur trouvera dans ce volume un croisement

de perspectives : spirituelles, littéraires, stylistiques, esthétiques, didactiques, éditoriales…

L’enquête conclut à la place centrale et éminemment problématique que l’oeuvre de Fénelon n’a cessé d’entretenir avec les différents modes de la figuration.

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