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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées
Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 11:22

Université d’Abomey-Calavi (UAC) – Le Mans Université

« Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées »

5 - 6 - 7 février 2020,

Université d’Abomey-Calavi & Ouidah (Bénin)

 

Le colloque sur les mémoires de l’esclavage, co-organisé par l’Université d’Abomey-Calavi et Le Mans Université est une rencontre scientifique qui vise à promouvoir une approche comparatiste des mémoires relatives à l’esclavage, à partir du lieu historique de Ouidah sur la côte Est du Bénin, l’une des routes les plus tragiques de l’esclavage. Il s’agira d’interroger les processus mémoriels de l’esclavage au Bénin et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme le Ghana ou le Sénégal, et d’analyser les représentations de ce passé douloureux et tragique dans les arts contemporains, en l’occurrence la littérature, la photographie, les arts plastiques, les films, ainsi que les discours historiographiques qu’ils véhiculent. Les représentations du ‘passage du milieu’, des ‘esclavagisés’ et des esclavagistes seront discutées à travers l’analyse de projets artistiques et d’œuvres littéraires (romans, récits de vie, autobiographie, biographie). Les débats éthiques qui sous-tendent la construction de ce type d’images seront également étudiés, ainsi que l’impact de ces images traumatiques sur des générations entières des deux côtés de l’Atlantique, à travers la comparaison de documents datant de la période de l’esclavage au début du 21èmesiècle.

Le colloque intègrera des études sur la musique populaire et l’oralité à travers les contes ou les proverbes considérés comme des espaces de subversion, permettant aux populations dispersées de maintenir un lien avec le passé et de transmettre les traditions locales de leur lieu d’origine. Une approche comparative avec les cultures hispano-américaines par exemple permettra d’envisager les différentes politiques de mémorialisation (notamment la notion de « réparation ») et de croiser les regards sur l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe. 

Du National Museum of African American History and Culture (Washington) au Musée du Quai Branly (Paris), du Mémorial de l’abolition de l’esclavage (Nantes) à la Maison des esclaves (Ile de Gorée), du Musée du Noir (Rio de Janeiro) au MuséeOgier Fombrun (République d’Haïti), du Fort Zanzibar au Fort de Cape Coast (Ghana), à la porte de non-retour de Ouidah (Bénin) où le colloque se tiendra, les activités de médiation et de mise en scène muséales méritent d’être étudiées dans le contexte de la restitution des biens culturels volés à l’Afrique, décidée par la France. Le Bénin fut le premier pays à en faire la demande et il est le premier à certainement récupérer environ dix-neuf premières œuvres d’art rendues par la France. Les démarches sont très avancées à cet effet. 

Ce colloque international vise à construire une réflexion sur les imaginaires de l’esclavage façonnés par les textes et les images de l’époque coloniale à l’époque postcoloniale. Il s’agira aussi d’identifier les oublis de l’histoire de l’esclavage en interrogeant les processus mémoriels officiels et/ou populaires, à partir des lieux historiques, comme celui de la route des esclaves de Ouidah, au Bénin. 

Objectifs

Le colloque poursuit plusieurs objectifs :

  • Renforcer les connaissances sur les siècles de l’esclavage, les espaces, les personnages et les faits qui ont ébranlé le monde depuis cette tragédie.
  • Vulgariser les informations anciennes et nouvelles sur l’esclavage.
  •  Faire une synthèse objective des mémoires de l’esclavage vue par les chercheurs de tous les domaines possibles. 
  • Faire connaître les sites de l’esclavage du Bénin dont Ouidahet Porto-Novo.

*

Les propositions de communications (français ou anglais) sont à envoyer au plus tard le 15 septembre 2019 aux deux adresses suivantes : 

colloque_lemans_fllac@uac.bj

et

benaouda.lebdai@gmail.com

*

Conditions de participation :

Le colloque est ouvert à toutes les personnes venant des sphères scientifique, culturelle, politique, artistique, touristique, spirituelle ainsi que de tous ceux qui aspirent à une meilleure connaissance de la traite des esclaves et des acquis ou inconvénients hérités par les pays impliqués. Les activités du colloque sont prises en charge par le comité d’organisation. Toutefois, après la lettre d’acceptation délivrée par le comité scientifique, les participants doivent verser une contribution minimum au plus tard le15 novembre 2019. Le montant forfaitaire de participation se présente comme suit :

  • 10.000 F CFA (15 euros) pour les doctorants et étudiants,  
  • 20.000 F CFA (30 euros) pour les internationaux, 
  • 30.000 F CFA pour les autres participants nationaux

Les frais de participation doivent être envoyés sur le Compte N°003833780001 (BOA) de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC). Après versement des frais, chaque participant devra envoyer la copie scannée du récépissé par courriel à colloque_lemans_fllac@uac.bj

Le montant couvre le kit du participant, les pauses-café, les déjeuners. Au dernier jour du colloque, un dîner de gala sera offert. Le billet d’avion et les frais d’hébergement sont à la charge des participants. Pour tous renseignements complémentaires, contactez :Tél. : +229 976 095 68 ou+229 958 303 10.

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Principales activités 

Durant les trois jours du colloque, il est prévu une diversité de manifestations qui permettent aux participants non seulement d’apprendre, d’échanger mais aussi de s’offrir des moments de détentes. Ainsi, la tenue du colloque englobe entre autres :

  • Communications / débats.
  • Prestations artistiques.
  • Visites des sites de Ouidah et Porto-Novo.
  • Musique, les danses & chorégraphies.
  • Exposition d’œuvres d’arts et d’ouvrages à Ouidah. 
  • Foire de produits made in Benin à Ouidah.

*

La cérémonie officielle d’ouverture du colloque est prévue le 05 février 2020 à 9h à l’Amphithéâtre Idriss Deby de l’Université d’Abomey-Calavi tandis que les communications et autres manifestations se dérouleront à ‘l’hôtel des diasporas’ dans la ville historique de Ouidah.

*

Comité d’organisation

  • Président : Pr Okri Pascal TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Vice-président : Pr Benaouda LEBDAI, Le Mans Université
  • Responsables à l’organisation
    • Pr Flavien GBETO, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Delphine LETORT, Directrice du Laboratoire 3L.AM, Le Man Université
    • Dr (M.A) Célestin GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr Alfred DJOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.A) Charles Dossou LIGAN, Université d’Abomey-Calavi

Comité scientifique international 

  • Pr Maxime da CRUZ, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Flavien GBETO, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Benaouda LEBDAI, Le Mans Université
  • Pr Delphine LETORT, Directrice du Laboratoire 3L.AM, Le Mans Université
  • Pr Eliane ELMALEH, Le Mans Université 
  • Pr Augustin AÏNAMON, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Léonard KOUSSOUHON, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Pierre MEDEHOUEGNON, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Médard Dominique BADA, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Laure Clémence CAPO-CHICHI ZANOU, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Okri Pascal TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
  • Pr Serpos TIDJANI, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Vincent ATABAVIKPO, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Julien GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Rogatien TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Romuald TCHIBOZO, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C)Didier M. HOUENOUDE, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C)Didier N’DAH, Université d’Abomey-Calavi 
  • Dr (M.C) Innocent S. KOUTCHADE, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Célestin AMOUSSOU, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (M.C) Simplice AGOSSAVI, Université d’Abomey-Calavi 
  • Dr Bellarmin CODO, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (MA) Charles Dossou LIGAN, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (MA) Célestin GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (MA) Ferdinand KPOHOUE, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (MA) Anicette QUENUM, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr (MA) Vinakpon Marcel HOUNDEFO, Université d’Abomey-Calavi 
  • Dr (MA) Marius SOHOUDE, Université d’Abomey-Calavi
  • Dr Dieudonné GNANMMAKOU, Université d’Abomey-Calavi 
Call for submissions: Authorizing Early Modern Women: From Biography To Biofiction
Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 10:53

Authorizing Early Modern Women: From Biography To Biofiction is a new volume of essays that aims to chart intersections among history, biography, and the growing field of biofiction, or contemporary fictionalizations of historical figures, in this case of early modern women. Edited by James Fitzmaurice, Naomi J. Miller, and Sara Jayne Steen, the volume will include essays on women artists, conceived broadly, across examples of painting, poetry, playwriting, prose, and tapestry. 

We’re particularly interested in essays that consider recent biographies and/or fictionalizations (novels, stage plays, films) about such early modern women as Sofonisba Anguissola and Artemisia Gentileschi, Judith Leyster and Mary Beale, Elizabeth Cary and Aphra Behn. 

To be considered for inclusion, please send a 250- to 500-word proposal/abstract and a 1-page CV summary by August 30, 2019 to James Fitzmaurice (j.fitzmaurice49@gmail.com), Naomi Miller (njmiller@smith.edu), and Sara Jayne Steen (sjsteen300@gmail.com). Completed essays will be due by July 2020. 

Call for proposals: Book series, New Transculturalisms, 1400-1800
Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 10:49

 

Series Editors: Ann Rosalind Jones, Jyotsna G. Singh, and Mihoko Suzuki 

Contact: Megan Laddusaw, megan.laddusaw@palgrave-usa.com 

This series presents studies of early modern contacts and exchanges among the states, polities, cultures, religions, and entrepreneurial organizations of Europe; Asia, including the Levant and East India/Indies; Africa; and the Americas. Books investigate diverse figures, such as travelers, merchants, mariners, cultural inventors /explorers, mapmakers, artists, craftsmen, and writers as they operated in political, mercantile, sexual, affective, and linguistic economies. We encourage authors to reflect on their own methodologies in relation to issues and theories relevant to the study of transculturalism, translation, and transnationalism. We are particularly interested in work on and from the perspective of the Asians, Africans, and Americans involved in these interactions. For more information, visit http://jsingh.msu.domains/transculturalisms-1400-1700/

CfP: Special Session on Theater, Diplomacy, and Politics, PAMLA 2019, San Diego
Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 10:43

 

Thursday, November 14, 2019 to Sunday, November 17, 2019

This session aims at reflecting on the interrelation between theater, performance, diplomacy, and politics. Since theater became theater, plays and performances have reflected, reacted, rejected, denounced, and embraced political turmoil. This panel welcomes papers presenting an interdisciplinary or theoretically grounded analysis of the ways in which theater and/or theatrical audiences react to political turmoil and/or feed institutional discourses that endorse National politics.

The multifarious nature of theater escapes unidirectional readings and categorizations: performers, directors, and the very nature of a performance's dialogic form often complicates the way in which jokes, comedy, and meaning are endorsed. Recent studies on festival plays and royal celebrations have highlighted how public performances, festivals, celebrations, and theatrical venues helped individuals to identify as members of a group, thus activating (proto)nationalistic feelings. On the other hand, studies on Early Modern and Contemporary theater have highlighted the importance of theater in creating audiences, and in the active role that these audiences had in the development of creating public discourse and “publics”, and how in turn these publics could become dynamic actors in the social sphere. The recent imprisonment of performers in Spain, Russia, and China reminds us of the ideological power theater carries within itself.

All disciplines and periods are welcomed. Submit your proposals until June 10th, at: https://pamla.ballastacademic.com/Home/S/17919.

Appel à communications/CfP : Gournay philosophe
Posted: Thursday, April 18, 2019 - 10:18

Lieu:

Université Jean Moulin-Lyon 3, Faculté de philosophie, IHRIM-Lyon3

 

Date:

1-2 avril 2020

 

Organisation: M.-F. Pellegrin

 

Comité scientifique:

P. Desan, S. Ebbersmeyer, E. Ferrari, I. Garnier, T. Gontier, R. Hagengruber, S. Hutton, M.-F. Pellegrin, L. Shapiro.

 

Les propositions de contributions doivent comprendre un titre et un résumé de 200 mots. Elles doivent être adressées en pièce jointe (word ou PDF) à M.-F. Pellegrin (marie-frederique.pellegrin@univ-lyon3.fr) avant le 15 septembre 2019. Elles seront ensuite examinées par le comité scientifique du colloque. 

 

Proposals for contributions must include a title and a summary of 200 words. They must be sent as an attachment (word or PDF) to M.-F. Pellegrin (mariefrederique.pellegrin@univ-lyon3.fr) before September 15, 2019. They will then be examined by the scientific committee of the conference.

 

ARGUMENTAIRE

Marie le Jars de Gournay (1565-1645) est une philosophe, c'est du moins le postulat de

cet appel à communications. Ecrivaine, traductrice, éditrice, linguiste, critique,

théoricienne de la littérature, elle est donc déjà reconnue comme une femme de lettres.

On l'associe généralement à la philosophie par le biais de ses rapports avec Montaigne,

qui la nomme sa « fille d'alliance » et lui confie le soin de l'édition des Essais après sa

mort. On connait également ses liens avec La Mothe Le Vayer, ce qui invite à étudier ses

rapports intellectuels avec certaines formes modernes de scepticisme au delà du seul

Montaigne (et notamment avec ce que l'on a pu appeler le libertinage érudit). D'un point

de vue philosophique, il y a donc en premier lieu un intérêt à interroger précisément le

rôle du scepticisme dans sa pensée. Mais la lecture de son oeuvre nécessite également de

donner sens à ses usages du platonisme et de l'aristotélisme. La variété même de ces

influences montre le rôle de la philosophie dans sa pensée. Elle aboutit donc

légitimement d'une part à la nécessité d'une étude précise des influences philosophiques

dans l'oeuvre de Gournay, d'autre part à la question de savoir s'il y a une philosophie de

Gournay que l'on pourrait dessiner et expliquer.

 

Car il nous semble que Gournay n'est pas philosophe par simple capillarité et érudition.

Ses écrits affrontent de nombreux enjeux philosophiques au moyen de procédés

d'écriture très variés. L'autobiographie, les maximes, les digressions, l'édition

philosophique, la promenade (roman philosophique et méditation) comme le traité sont

autant de moyens de penser et d'exprimer des convictions philosophiques. La profusion

formelle de l'oeuvre de Gournay indique d'ailleurs à elle seule la nécessité de repenser

les formes reconnues de l'expression philosophique à l'époque moderne, surtout si on

veut y inclure des femmes philosophes.

 

Nombre de sujets qui intéressent Gournay touchent de près ou de loin à la philosophie.

De loin par exemple lorsque ses partis pris poétiques en faveur du pétrarquisme

peuvent avoir un enjeu anti-stoïcien ; de près avec notamment bien sûr ses traités

philosophiques sur l'égalité. Il est significatif que Bayle la cite aux côtés de Poulain de la

Barre parmi les théoricien.ne.s de l'égalité des sexes dans la remarque B de l'article

"Marinella" du Dictionnaire historique et critique.

 

Gournay propose en effet une vaste réflexion sur l'être humain et ses capacités natives

et construites. Elle interroge ainsi la question du sexe et celle du genre. Le coeur de sa

réflexion philosophique est féministe. Sa pensée est originale à plus d'un titre en ce

domaine. D'abord, le schème de l'égalité qu'elle défend est un schème minoritaire et

donc original à cette époque. Ensuite, son féminisme n'a pas une dimension simplement

morale et religieuse. Gournay en fait une question et une revendication sociales. C'est la

place des lettrés et notamment des femmes lettrées dans la cité qui l'intéresse. L'enjeu

est donc également politique. Dans cette perspective, Gournay prend part à des débats

politiques importants.

 

Elle s'associe parallèlement aux projets d'académie qui reconfigurent le monde des

lettres à cette époque. Au regard des transformations importantes de ce monde, le

modernisme et l'anti-modernisme de Gournay méritent également d'être questionnés

d'une manière philosophique et politique.

 

De telles prises de position sur sa propre société se traduisent également par une

réflexion éthique dont les thèmes moralistes ont une profondeur nettement

philosophique.

 

Il est enfin important de mettre en valeur la Gournay scientifique que l'on connait

encore trop peu. Passionnée d'expérimentations, notamment dans le domaine

alchimique, Gournay consacre beaucoup de temps et d'argent à ses recherches

scientifiques. Cet intérêt peut être mis en rapport avec son appréciation du rôle de la

curiosité (notamment féminine) en science.

 

Les questions directrices de ce colloque seront donc les suivantes:

Quelles sont les influences philosophiques de Gournay?

Y a-t-il une philosophie de Gournay?

Quels sont les enjeux anthropologiques, moraux, sociaux et politiques de son féminisme?

 

La liste non exhaustive des thèmes qui pourraient être abordés est donc la suivante:

Gournay, Apologie, autobiographie, fabrication de soi comme écrivaine

Gournay, scepticisme, Michel de Montaigne

Gournay, Libertinage érudit, François La Mothe le Vayer, Gabriel Naudé, Théophile deViau

Gournay, fidéisme, christianisme, exégèse (critique?) des textes sacrés, Pierre Charron, Jean-Pierre Camus, François de Sales

Gournay, (néo-)aristotélisme, (néo)-platonisme, anti-stoïcisme, Marcile Ficin, Léon l'Hébreu

Gournay, définition de l'être humain, raison, corps

Gournay, égalité des sexes, féminisme, théorie du genre, Mario Equicola, Christine de Pisan, François Poulain de la Barre, Pierre Bayle

Gournay, république des lettres, organisations et diffusions des savoirs, éducation des filles, Anna-Maria van Schurman, Daniel Heinsius

Gournay, politique et polémique, Hugo Grotius

Gournay, philosophie morale, pensée moraliste, Charles de Saint-Evremond, Gilles Ménage, Charles Sorel

Gournay, philosophie du langage, anti-modernisme

Gournay, philosophie humaniste, Juste Lipse

Gournay, science, expérimentation, alchimie, Jacques Le Pailleur

 

Le but plus large de ce colloque est de participer à l'exhumation d'un matrimoine

philosophique qui est en réalité remarquable à l'époque moderne mais que le canon

philosophique habituel occulte encore largement, notamment en France. Nombre

d'auteur.e.s du XVIIe siècle y invitent d'ailleurs, qui compilent patiemment des listes de

femmes savantes. C'est plus précisément Ménage qui encourage une telle démarche, lui

qui rédige une Histoire des femmes philosophes en 1690 qui ne concerne que l'Antiquité.

Il convient d'étendre cette mise en valeur des femmes philosophes à son époque même,

l'époque moderne.

 

A l'issue du colloque, les contributions retenues par le comité scientifique donneront

lieu à une publication. Elle aura l'ambition de proposer une sorte de "Companion to

Gournay". Elle sera éditée en anglais afin d'atteindre un large public de spécialistes, de

non spécialistes et de curieux dans la collection Women in the History of Philosophy and

Sciences chez Springer (dir. R. Hagengruber, G. Paganini, M. E. Waithe).

 

PROPOSAL

Marie le Jars de Gournay (1565–1645) is a philosopher, or at least that is the premise of

this call for papers. A writer, translator, publisher, linguist, critic, literary theorist, she is

already recognized as a woman of letters. She is usually associated with philosophy by

way of her relationship with Montaigne, who referred to her as his adopted daughter, or

fille d’alliance, and entrusted her with the posthumous publication of his Essays. We also

know about her connection to La Mothe La Vayer, which invites a study of her

intellectual connection to certain modern forms of scepticism beyond just Montaigne

(notably with what has been called libertinage érudit). From a philosophical perspective,

therefore, it is of interest first of all to look more closely at the role of scepticism in her

thought. But reading her work also requires making sense of her use of Platonism and

Aristotelianism. Just the variety of these influences shows the role philosophy plays in

her thought. This leads on the one hand to a need for a precise study of the philosophical

influences in Gournay’s work, and on the other hand to the question of whether Gournay

has her own philosophy that can be illustrated and explained.

 

It would seem, then, that Gournay is not a philosopher simply by erudition and

absorption. Her writings confront numerous philosophical issues through a large variety

of genres: autobiography, maxims, digressions, philosophical commentary, and the

promenade (philosophical novel and meditation), not to mention the treatise, are all

ways of thinking and expressing philosophical convictions. The formal abundance of

Gournay’s work in itself illustrates, moreover, the need to rethink the recognized forms

of philosophical expression in the modern era, especially if we want to include women

philosophers.

 

Many of the topics that interest Gournay touch on philosophy either indirectly or

directly: indirectly, for example, when her poetic bias in favour of Petrarchism suggests

anti-Stoic concerns; more directly, of course, with her philosophical treatises on

equality. It is significant that Bayle cites her alongside Poulain de la Barre among the

theorists of gender equality in note B of the article on “Marinella” in the Dictionnaire

historique et critique.

 

Indeed, Gournay proposes a vast reflection on humans and their innate and constructed

capacities. She thus examines the question of sex and of gender. At its heart, her

philosophical reflection is feminist. Her thought in this respect is original in more than

one way. First, the framework of equality that she champions is a minority framework,

and thus original in its time. Second, her feminism does not simply have a religious or

moral dimension; she makes it a social issue and statement. It is the place of scholars,

and especially of female scholars in society that interests her. The issue is therefore also

political. In this perspective, Gournay takes part in important political debates.

 

She is simultaneously associated with the academic projects that were reshaping the

world of letters at this time. In light of the significant changes taking place in this milieu,

Gournay’s modernism and anti-modernism also deserve to be interrogated in a

philosophical and political way.

 

At any rate, such positions vis-à-vis her own society also demonstrate an ethical

reflection whose moralistic themes have a profoundly philosophical depth.

 

It is finally important to emphasize Gournay as a scientist, who we know still too little.

Passionate about experiments, in particular in the alchemical domain, Gournay

dedicates a lot of time and of money to her scientific researches. This interest can be put

in touch with her appreciation of the role of the curiosity (in particular feminine) in

science.

 

What are de Gournay’s philosophical influences?

Can we identify Gournay’s own philosophy?

What are the anthropological, moral, social, and political stakes of her feminism?

 

The larger aim of this symposium is to participate in the exhumation of a philosophical

matrimoine (exhumantion of a female philosophical heritage) which is actually

remarkable for the modern era, but which the standard philosophical canon still largely

obscures, especially in France. Many seventeenth-century writers of both sexes who

patiently compiled lists of learned women invite this kind of investigation. Specifically,

Gilles Ménage encourages such an approach, having published his Histoire des femmes

philosophes, which deals only with Antiquity, in 1690. It is appropriate to extend this

valorisation of women philosophers into his own time, namely the modern era.

 

Following the symposium, the contributions retained by the committee will be

published in a volume that aims to be a kind of Companion to Gournay. It will be

published in English in the collection Women in the History of Philosophy and Sciences

(Springer; Eds. R. Hagengruber, G. Paganini, M. E. Waithe) in order to reach a large

audience of specialists, non-specialists, and curious readers.

 

Selective list of themes that could be addressed:

Gournay, apology, autobiography, self-fabrication as a writer

Gournay, scepticism, Montaigne

Gournay, libertinage érudit, François La Mothe le Vayer, Gabriel Naudé, Théophile de Viau

Gournay, fideism, christianity, critical exegesis of sacred texts, Pierre Charron, Jean-Pierre Camus, François de Sales

Gournay, (neo)-aristotelianism, (neo)-platonism, anti-stoicism

Gournay, definition of the human being, reason, mind, body

Gournay, sex equality, feminism, gender theories, Mario Aquicola, Christine de Pisan, François Poulain de la Barre, Pierre Bayle

Gournay, Republic of Letters, organisation and dissemination of knowledge, Girl's education, Anna-Maria van Schurman, Daniel Heinsius

Gournay, politics, polemic, Hugo Grotius

Gournay, moral philosophy, moralistic thought (les moralistes), Charles de Saint-Evremond, Gilles Ménage, Charles Sorel

Gournay, philosophy of language, anti-modernism

Gournay, humanist philosophy, Justus Lipsius

Gournay, science, experimentation, alchemy, Jacques Le Pailleur

 

OEuvres de Gournay:

OEuvres complètes, (sous la dir. de Arnould J.-C., Bichard-Thomine M.-C., Blum C., Worth-

Stylianou V., Franchetti A. L., Berriot-Salvadore É.), Paris, H. Champion, 2002.

 

(Repris de la notice "Gournay" de la SIEFAR par J.-C. Arnould)

- 1594 : Le Proumenoir de Monsieur de Montaigne, Paris, Abel Langellier (comprend la

«Version du second livre de l'Æneide» et le «Bouquet poetique, ou meslanges»). - 1595 :

«Preface sur les Essais de Michel, seigneur de Montaigne», in Les Essais de Michel

Seigneur de Montaigne, Paris, Abel Langellier (préface longue qui reparaîtra dans les

éditions de 1617, 1625 et 1635 des Essais et dans l'édition de 1599 du Proumenoir).

- 1595 : hommage en prose à Jean de Sponde, dans Response du Feu Sieur de Sponde...,

Bordeaux, S. Millanges.

- 1598 : «Preface sur les Essais de Michel, seigneur de Montaigne», in Les Essais de Michel

Seigneur de Montaigne, Paris, Abel Langellier (préface courte qui reparaîtra dans les

éditions de 1598, 1600, 1602, 1604 et 1611 des Essais).

- 1608 : Bienvenue de Monseigneur le duc d'Anjou, Paris, Fleury Bourriquant.

- 1610 : Adieu de l'Ame du Roy de France et de Navarre Henry le Grand, avec la Defence des

Peres Jesuites, Paris, Fleury Bourriquant et Lyon, Jean Poyet.

- 1619 : Versions de quelques pieces de Virgile, Tacite, Salluste, avec l'Institution de

Monseigneur, frere unique du Roy, Paris, Fleury Bourriquant (comprend également un

«traicté sur la Poësie»).

- 1620 : Eschantillons de Virgile, s.l. [Paris], s.n.

- 1620 : deux poèmes dans Les Muses en deuil, Paris, Toussaint du Bray.

- 1621 : Traductions. Partie du Quatriesme de l'Eneide, avec une oraison de Tacite, et une

de Saluste, Paris, sn.

- 1622 : Egalité des Hommes et des Femmes, s.l. [Paris], s.n.

- 1624 : Remerciement, au Roy, s.l. [Paris], s.n.

- 1626 : L'Ombre de la Demoiselle de Gournay, Paris, Jean Libert (comprend «De

l'éducation des Enfans de France», «Naissance des Enfans de France», «Exclamation sur

l'assassinat deplorable de l'année mil six cens dix», «Adieu de l'ame du Roy à la Reyne

Regente son espouse», «Priere pour l'ame du mesme Roy, escrite à son trépas»,

«Gratification à Venise sur une victoire», «Institution du Prince», «Du langage François»,

«De la medisance», «Des fausses devotions», «Si la vangeance est licite», «Antipathie des

ames basses et hautes», «Consideration sur quelques contes de Cour», «Advis à quelques

gens d'Eglise», «Que les grands esprits et les gens de bien s'entrecherchent», «De la

neantise de la commune vaillance de ce temps et du peu de prix de la qualité de

Noblesse», «Que l'integrité suit la vraye suffisance», «Sur la version des Poetes antiques,

ou des Metaphores», «Egalité des hommes et des femmes», «Chrysante, ou

convalescence d'une petite fille», «Des Vertus vicieuses», «Des Rymes», «Des diminutifs

François», «Des grimaces mondaines», «De l'impertinente amitié», «Des sottes ou

presomptives finesses», «Grief des Dames», «Deffence de la Poësie et du langage des

Poetes», «Advis sur la nouvelle edition du Promenoir», «Promenoir», «Apologie pour

celle qui escrit», «Lettre sur l'art de traduire les Orateurs», «Version d'une Oraison de

Tacite», «Version d'une Oraison de Salluste», «Epistre de Laodamie traduicte d'Ovide»,

«Seconde Philippique de Ciceron traduicte», «De la façon d'escrire de Messieurs du

Perron et Bertault, qui sert d'Advertissement sur les Poesies de ce volume», «Partie du

Premier de l'Æneide, commençant où monsieur le Cardinal du Perron acheve de le traduire», «Second de l'Æneide traduict», «Partie du Quatriesme de l'Æneide,

commençant comme dessus apres monsieur le Cardinal», «Bouquet de Pynde, composé

de fleurs diverses», «Si ce Livre me survit...»).

- 1628 : trois poèmes, in Recueil de plusieurs inscriptions proposées pour remplir les

Tables d'attente estans sous les statues du Roy Charles VII et de la Pucelle d'Orléans...,

Paris, Edme Martin.

- 1634 : Les Advis, ou les Presens de la Demoiselle de Gournay, Paris, Toussaint du Bray

(ajoute à L'Ombre: «Discours sur ce livre à Sophrosine», «Oraison du Roy à S. Louys

durant le siege de Rhé», «Premiere delivrance de Casal», «De la temerité» et la

traduction du VIe livre de l'Énéide).

- 1635 : un poème, in Le Sacrifice des Muses, Paris, S. Cramoisy.

- 1635 : un poème, in Le Parnasse royal, Paris, S. Cramoisy.

- 1641 : réédition des Advis (le troisième traité sur la «Medisance» prend son autonomie

sous le titre «Des Broquarts»; ajout de la «Copie de la Vie de la Damoiselle de Gournay»).

- 1642 : deux épigrammes, in le Jardin des Muses, Paris, A. de Sommaville.

- 1644 : une épigramme, in l'«Approbation du Parnasse» qui précède Les Chevilles de Me

Adam Menuisier de Nevers, Paris, T. Quinet.

 

Bibliographie indicative:

ALBISTUR M. et ARMOGATHE D., Histoire du féminisme, 2 tomes, Éditions des Femmes,

1977.

ARNOULD J.-C. (ed.), Marie de Gournay et l'édition de 1595 des Essais de Montaigne, H.

Champion, 1996.

BROAD J., GREEN K., A History of Women's Political Thought in Europe. 1400-1700,

Cambridge University Press, 2009.

CLARKE D., The Equality of the Sexes. Three feminist texts of the Seventeenth Century,

Oxford University Press, 2013.

CONROY D., Ruling women. Governement, Virtue and the Female Prince in Seventeenth-

Century France, Palgrave MacMillan, 2016.

DESLAURIERS M., "Marie de Gournay and Aristotle", forthcoming, in Feminist History of

Philosophy: The recovery and Evaluation of Women's Philosophical Thought, Springer.

- "One soul in two bodies: Marie de Gournay and Montaigne", Angelaki, n°13(2), 2008.

DEVICENZO G., Marie de Gournay : un cas littéraire, Fasano-Paris, Schena Editore-Presses

de l’Université de Paris-Sorbonne, 2002.

DEZON-JONES E., Marie de Gournay : Fragments d’un discours féminin, Paris, José Corti,

1988.

DORLIN E., L'évidence de l'égalité des sexes, L'Harmattan, 2001.

FOGEL M., Marie de Gournay: Itinéraires d'une femme savante, Fayard, 2004.

MACLEAN Ian, Woman Triumphant. Feminism in French Literature. 1610-1652,

Clarendon Press, 1977.

- "Marie de Gournay et la préhistoire du discours féminin", in D. Haase-Dubosc, E.

Viennot (dir.), Femmes et Pouvoirs sous l'Ancien Régime, Rivages Histoire, 1991.

O'NEILL E., “Justifying the Inclusion of Women in Our Histories of Philosophy: The Case

of Marie de Gournay”, in ALCOFF L., KITTAY E. (eds), The Blackwell Guide to Feminist

Philosophy, Blackwell Publishing, 2007.

- "The Equality of Men and Women", in CLARKE D., WILSON C. (eds), The Oxford

Handbook of Philosophy in Early Modern Europe, Oxford University Press, 2011.

PAL C., Republic of Women: Rethinking the Republic of Letters in the Seventeenth Century,

Cambridge University Press, 2012.

TELEL M. (ed.), Montaigne et Marie de Gournay, Actes du colloque international de Duke,

31 mars-1er avril 1995, Champion, 1997.

WAITHE Mary Ellen, A History of Women Philosophers, vol. 2., 500-1600, Kluwer

academic publishers, 1989.

 

New Publications

Les Dossiers du Grihl, 2022 : "Écriture du groupe. Écriture en groupe" (Laurence Giavarini & Camille Noûs, dir.)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:57

Les Dossiers du Grihl ont le plaisir de vous annoncer la mise en ligne du numéro "Ecriture du groupe. Ecriture en groupe", sous la direction de Laurence Giavarini et Camille Noûs, 
Vous pouvez le consulter à l'URL suivante : https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/9649 
 

Ce numéro des Dossiers du Grihl est le deuxième volet d’une enquête qui aborde le fait littéraire à partir du problème spécifique des collectifs. Tels qu’ils nous arrivent du passé après nombre d’opérations éditoriales et critiques, tels qu’ils sont largement configurés par l’histoire littéraire, les écrits nous apparaissent pour une bonne part dans une perspective « groupale » qui contribue à opacifier notre appréhension dans le passé de ce que Lanson a appelé le « fait social de la littérature ». Une partie des contributions de ce volume travaille ainsi à interroger les fictions de groupes qu’ont produites non seulement l’histoire littéraire mais les opérations éditoriales du XVIIe siècle qui réunissaient des pièces poétiques, collectaient des fragments, rassemblaient des lettres. « Trio d’acteurs », groupement de conteuses, académies instituées, « ordinaires » ou fantasmées, pratiques poétiques ou épistolaires, République des Lettres : qu’en fut-il de la réalité de ces « groupes » transmis par l’histoire ? Comment comprendre le surgissement du « groupe », parfois du « corps », dans la désignation des pratiques sociales des acteurs du passé qui furent des professionnels de l’écriture, mobilisèrent la « littérature » ou furent enrôlés dans l’institution du littéraire ? et dans quelle mesure ces « groupes » travaillaient-ils avec les autres appartenances et les intérêts de ces acteurs ? L’enquête collective proposée dans ce numéro du Grihl auquel contribuent plusieurs jeunes chercheurs en histoire et en littérature, ainsi que des chercheurs confirmés peut ainsi se lire comme une enquête sur la production et les fictions du social par l’écriture et la littérature. Elle est une invitation à prendre en charge, dans la réflexion sur cette question si constituée des « écritures collectives », les modalités d’ordonnancement voire d’archivage des écrits, ainsi que les opérations de littérarisation et de production de la valeur indissociables de leur transmission.

SOMMAIRE

Introduction
Laurence Giavarini : Écrire le groupe, écrire en groupe : pour une histoire du fait social de la littérature sous l’Ancien Régime

1. Le travail du fait littéraire
Groupements et collectifs

Flavie Kerautret : Le « trio » de farceurs de l’Hôtel de Bourgogne. Penser la construction du collectif théâtral
Elise Roussel : Le « groupe des conteuses » de la fin du XVIIe siècle : une construction ? Le cas de Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon

Le trompe-l’oeil

Nicolas Schapira : Tallemant des Réaux et ses amis dans le Manuscrit 19142. Le groupe par la mise en recueil
Stephanie Bung : Le Recueil Lauvergne (1680) de Claude Barbin. Écriture en groupe ou coup d’éditeur ?
Juliette Deloye : Écriture du groupe et institution. Retour sur l’Académie politique de Torcy

2. Faire corps par l’écriture

Sophie Houdard : Jean-Joseph Surin et le Royaume intérieur. La construction d’un groupement volontaire spirituel
Léa Renucci : Épistolairement vôtre. Faire académie à l’Arcadia au XVIIIe siècle
Maxime Martignon : Usages et désignation du groupe chez les nouvellistes du temps de Louis XIV
Olivier Bonfait : Conférences sans conférer ? Les conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1699 

3. Retour sur la « République des Lettres »

Laurent-Henri Vignaud : Biens précieux et actions épistolaires. L’économie du savoir dans la République des Lettres au XVIIe siècle

L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808) (Sophie lefay)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:48

LEFAY SOPHIE, L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808), Paris, H. Champion, 2022.

Avant-propos de Michel Baridon

Le jardin pittoresque trouve ses racines dans le XVIIIe siècle. C’est avec Rousseau, imité et prolongé par de multiples romanciers, essayistes et poètes, que se constitue ce jardin nouveau aux dénominations encore variées : on le dit souvent pittoresque ou à l’anglaise, quelquefois irrégulier ou naturel avant que ne s’impose l’épithète romantique qui décrit un style mais exprime aussi un type de sensibilité et un rapport radicalement nouveau à la culture.

Il s’agit ici de raconter la naissance du jardin pittoresque, d’en comprendre la philosophie, d’en décrire l’esthétique, à travers le foisonnement de textes que les écrivains français lui ont consacré, entre Lumières et Romantisme.

Sophie Lefay enseigna à l’université d’Orléans la littérature française du XVIIIe siècle. Outre plusieurs éditions de textes (dont les Éléments de littérature de Marmontel), elle a publié un livre sur les inscriptions dans la littérature, L’Éloquence des pierres.

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Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance ( Lucie CLAIRE)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:45

Lucie CLAIRE, Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance, Genève, Droz, 2022.

Figure éminente et aujourd’hui reconnue de l’historiographie latine, Tacite occupe au seuil de la modernité une place encore fragile. Le xvie siècle voit émerger pour ses œuvres un goût neuf, qui se traduit dans la publication d’éditions et de commentaires, dont les plus fameux sont ceux de Juste Lipse. Acteur majeur, et cependant sous-estimé, de ce courant européen, Marc-Antoine Muret a contribué avec passion à la renaissance de Tacite, auquel il a consacré de multiples travaux : une leçon d’introduction et un cours à l’université de Rome, l’édition des premier et deuxième livres des Annales, quelques chapitres de ses miscellanées philologiques et un commentaire posthume. Après une étude de la fortune érudite de Tacite, Lucie Claire analyse, à la lumière de nombreux documents personnels de l’humaniste, la lecture faite par Muret des Annales, lecture intime – dans sa bibliothèque – et publique – à l’université –, et la met en résonance avec la réception de l’historien dans l’Europe des Lettres.

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La bibliothèque de Thou et ses catalogues Ordonner les savoirs au XVIIe siècle Valérie Neveu
Posted: 14 Jul 2022 - 17:42

Valérie Neveu, La bibliothèque de Thou et ses catalogues. Ordonner les savoirs au XVIIe siècle, Paris, École nationale des chartes, à paraître en décembre 2022.

On connaît désormais l'intérêt d’étudier les anciens catalogues de bibliothèques, non seulement pour les ouvrages qu’ils décrivent, mais aussi en eux-mêmes, en tant que sources pour l’histoire de la bibliothéconomie. En ce sens, la série des catalogues dressés pour la bibliothèque fondée par Jacques-Auguste Ier de Thou, à la fin du XVIe siècle, qui resta entretenue et ouverte aux savants jusqu’à sa vente en 1680, constitue un terrain d’étude remarquable auquel est consacré le présent ouvrage.

La bibliothèque a fait l’objet de quatre catalogues entre 1617 et 1679. On doit les trois premiers, manuscrits, à de Thou lui-même (1617), aux frères Pierre et Jacques Dupuy (1645-1648) et à Ismaël Boulliau (1653). L’œuvre de ce dernier a fourni la matière du dernier catalogue, imprimé pour la vente. Leur agencement témoigne d’une réflexion novatrice, soucieuse de garantir la qualité des notices et un meilleur accès aux données bibliographiques.

Des sources complémentaires (correspondance, notes manuscrites) éclairent le travail et les choix techniques des bibliothécaires successifs, ainsi que le rôle décisif de Jacques-Auguste II, fils du fondateur, dans le perfectionnement du catalogue de bibliothèque en tant que nouveau genre d’écrit savant. Le dernier catalogue, intitulé Catalogus bibliothecae Thuanae, donné en exemple pour la perfection de sa classification à cinq divisions, a ainsi servi de source d’inspiration pour les gens du livre en France et en Europe.

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Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle) (Damien Fontvieille)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:40

Damien Fontvieille, Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle),  Paris, Ecole Nationale des Chartes, à paraître en décembre 2022.

Autour des premiers secrétaires d'État, apparus en 1547, se forme un clan de pouvoir composé de familles alliées, dont les membres exercent les plus hautes charges sous les Valois. Ces familles ont émergé au xve siècle, d'abord au service des princes dans le Val de Loire, avant de s’agréger, à la Renaissance, par les alliances matrimoniales des enfants de Guillaume Bochetel. Ainsi liées entre-elles, ces familles de robins en ascension, les L’Aubespine, les Bourdin, les Morvillier notamment, à leur tour ont apporté leurs propres alliés, comme les Neufville ou les Brulart. Le clan se délite progressivement à l’orée du XVIIe siècle, laissant pour héritier politique Villeroy, secrétaire d’État de Charles IX à Louis XIII.

Le clan Bochetel, marqué par une forte solidarité et l’importance des liens du sang, illustre le fonctionnement de la monarchie française de la première modernité, qui compte sur les réseaux de serviteurs à la fois pour l’exercice des charges et pour assurer l’exécution de ses ordres dans les provinces où ces familles ont conservé des alliés. Hommes et femmes du clan partagent une identité sociale particulière, entre haute robe cultivée et noblesse. Ils sont un miroir des transformations de la monarchie française à l’époque moderne qui évolue entre État domestique et naissance d’une administration expérimentée.

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