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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Si Molière m'était conté...
Posted: Friday, February 10, 2017 - 15:06

Appel à communications

Si Molière m'était conté...

8-10 novembre 2017

Propositions: le 31 mars 2017

 

colloque organisé par

Georges Forestier

Florence Naugrette

Élodie Bénard

Marc Douguet

Oriane Morvan

 

Université Paris-Sorbonne/CELLF16-21/Labex OBVIL

 

 Anecdotes, comédies dont Molière est le héros (Brécourt, Bordelon, Goldoni, Mercier, Sand…), romans (Dumas, Boulgakov…), tableaux (Monsiau, Gérôme, Ingres…), films (L. Perret, J. de Féraudy, A. Mnouchkine, G. Corbiau, L. Tirard…) : la vie et l’oeuvre de Molière sont génératrices d’histoires. La tentation de la fiction se manifeste dès les premiers textes qui lui sont consacrés, à commencer par les Nouvelles nouvelles (1663), où Donneau de Visé retrace le parcours fictif d’un auteur dont la réussite est bâtie sur la chance, l’absence de scrupules et des soutiens parmi les « gens de qualité » ou la Vie écrite par Grimarest (1705), « un des plus faux et des plus ennuyeux romans qui aient jamais paru », selon Jean-Baptiste Rousseau. Cette tendance s’accentue aux siècles suivants, où se développe le mythe moliéresque, relayé par les biographes et les critiques, mais aussi par les institutions culturelles, artistiques et scolaires, et où s’opère ce que Nathalie Heinich a appelé une « mise-en-légende » de l’artiste. Recopiées, amplifiées ou au contraire discréditées, minorées, les histoires imaginées par les premiers biographes et commentateurs sont pérennes. Le colloque Si Molière m’était conté... s’interrogera sur le rôle de la fiction dans la réception de Molière. Plus généralement, il s’agira d’éclairer la relation entre la fiction et le discours dans l’élaboration de l’histoire littéraire. 

Le colloque envisagera tout type de fiction, narrative et dramatique, littéraire, picturale et cinématographique, et s’articulera autour des questions suivantes : 

1- Fiction et portrait de l’homme et de l’artiste. Quelle image de l’homme Molière et du génie ces fictions renvoient-elles : portrait de l’artiste-type ? héroïsation ou prédilection pour une grandeur à hauteur d’homme ? Quelle conception de l’art dramatique et du comique illustrent-elles ? Quels liens peut-on établir entre la mythographie moliéresque et celle d’autres artistes ? Que révèle le fait que Molière ait suscité autant de récits et de représentations ? Pourquoi éprouvons-nous le besoin non seulement de lire, de voir et de jouer son théâtre, mais aussi d’entendre conter son histoire ? 

2- Genèse de la fiction. Quels rapports la fiction entretient-elle avec l’oeuvre de Molière et le discours critique ? Les histoires inventées font-elles naître les jugements critiques ? Ou, à l’inverse, les interprétations de l’oeuvre sont-elles utilisées pour raconter des histoires ? Lit-on l’oeuvre de Molière à la lumière de sa vie, ou sa vie au prisme de son oeuvre ? 

3- Formes et circulation de la fiction. Quelles sont les modalités d’ancrage de la fiction dans le discours critique ? Comment la légende de Molière a-t-elle circulé et proliféré ? Comment a-t-elle évolué et varié au fil du temps, aussi bien dans ses formes que dans ses interprétations1 ? Quel rôle l’institution scolaire a-t-elle joué dans sa construction et sa transmission ? Quelle place les critiques et les biographes accordent-ils aux zones d’ombre qui entourent la vie de Molière ? 

Les propositions de communications (2000-3000 caractères), accompagnées d’une courte bio-bibliographie (500-1000 caractères) sont à envoyer pour le 31 mars 2017 à colloquemoliere@gmail.com 

 

1 Dans le cadre du projet « Molière » (labex OBVIL) et en vue du colloque, un répertoire d’anecdotes sur Molière a été constitué. Cet outil de travail et de recherche (environ 200 anecdotes indexées actuellement) est disponible à l’adresse suivante : http://obvil-dev.paris-sorbonne.fr/corpus/moliere/anecdotes/index.php 

Source: Dramatica

Appel à communications, colloque jeunes chercheurs: Penser, représenter et vivre l’espace (XVe-XVIIIe siècle)
Posted: Friday, February 10, 2017 - 14:55

Centre interuniversitaire de recherche sur la première modernité (CIREM) 

Université Laval, Québec 

18-19 mai 2017

Propositions: 15 mars 2017

Mesurer, construire, parcourir, décrire, tracer, habiter, partager : autant d’approches, d’usages, de représentations qui, de la fin du XVe siècle à la Révolution française, portent témoignage de ce que l’on pourrait appeler des régimes de spatialité qui structurent la vie quotidienne, informent les modes de représentation, de production, d’échange. C’est précisément ce rapport, complexe et pluriel dans les savoirs qui l’informent et les formes qui l’investissent, que cette nouvelle édition du colloque « Jeunes chercheurs » du CIREM propose d’examiner en ses théories, de décliner en ses diverses pratiques, d’appréhender en ses divers dispositifs poétiques et artistiques. 

De l’exploration des terres inconnues au cadastre des propriétés, de l’arpentage des territoires au geste cartographique, des propositions mathématiques aux théories physiques, de l’intimité du for privé à l’exercice public d’un espace partagé, de l’hôtel particulier à la rue, du cabinet de travail au café, de la cellule au boudoir, de la représentation de la ville à celle de la nature, pour ne citer, parmi d’autres, que ces quelques exemples, l’espace se découvre, s’invente, s’expérimente, s’organise, mobilisant savoirs, pratiques, acteurs, dont nous proposons d’explorer les fondements, les dynamiques, les formes et les discours. 

Dans le cadre de cette réflexion, nous sollicitons des propositions qui s’inscrivent, à titre d’exemple, dans les axes suivants : 

- Les sciences et théories de l’espace 

- Les lieux de savoir et leurs réseaux 

- Les lieux du pouvoir 

- Vie privée / vie publique 

- Espace(s) et identité(s) 

- Les ailleurs 

- La ville / la campagne 

- Lieux et espaces marchands 

- Espace et/en mouvement 

- Espace et divertissement 

- Espace et spectacularité 

- Peindre l’espace 

- L’espace et ses aménagements 

- Les lieux de la fiction 

- Géographie(s) du corps 

- Sexuation de l’espace 

- Exil(s) 

- Enfermement(s) 

 

De nature interdisciplinaire, ce colloque accueillera les jeunes chercheurs (des étudiants à la maîtrise ou au « master » ainsi que des doctorants et postdoctorants) oeuvrant dans les différents champs des sciences humaines, de la littérature à l’histoire, en passant par la philosophie et l’histoire de l’art. Les communications, inédites et en français, ne devront pas dépasser les vingt minutes allouées à chaque participant. Les propositions de communication (titre et résumé de 250 mots, niveau d’études, ancrage institutionnel) doivent être envoyées au comité organisateur avant le vendredi 15 mars 2017 à l’adresse suivante : cierl.jeunes.chercheurs@gmail.com 

Les Cahiers du CIERL (Éditions Hermann, Paris) accueilleront les articles issus des communications après leur examen par un comité d’évaluation. 

Comité organisateur : 

Antoine Blais-Laroche 

Camille Gagné 

Claire Sinquin 

Ariane Sybertz 

Sara Trottier 

Accompagnement scientifique : 

Thierry Belleguic

Sabrina Vervacke 

Appel à communications: La danse et les nations : identités, altérités, frontières (XVIIe-XIXe siècles)
Posted: Wednesday, February 8, 2017 - 16:33

Colloque international

Paris, 26-29 octobre 2017

 

Propositions: le 30 avril 2017

 

À l’issue de trois années de recherche dans le cadre du programme de recherche HdD (Herméneutiques de la danse, coordonné par Arianna Fabbricatore), ce colloque international et interdisciplinaire a pour objectif de faire une synthèse sur le travail effectué autour de la question des styles et des genres de danse dans l’espace européen à l’époque des Lumières et d’ouvrir la recherche sur les enjeux sémiotiques, politiques et sociaux de la danse en tant que signe, expression ou représentation d’une frontière plus au moins perméable entre identités culturelles. Il s’agira de s’interroger sur la manière dont la danse théâtrale évolue dans un espace social et culturel où les enjeux sont liés à la confrontation entre les nations et à la définition de leur identité. 

Colloque organisé dans le cadre du projet « Discours sur la danse » 

http://obvil.paris-sorbonne.fr/projets/discours-sur-la-danse

 

 

Axes thématiques

 

Réfléchir

Comment penser la danse et la nation ? Quels liens entre corps et société ?

Réflexions sur la sémiotique de la danse dans une perspective sociale et interculturelle. Identité, altérité et frontières à travers le corps dansant.

 

Représenter

Comment identifie-t-on l’étranger dans la danse des nations ? Comment le stéréotype se construit-il et quel rôle joue-t-il ? Pourquoi représenter l’autre ?

Etudes sur les personnages des ballets, sur les représentations de la France, des Français et des étrangers (les Français, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands, Savoyards, Turcs, Corsaires etc.)

 

Identifier

Comment le corps exprime-t-il une identité collective ? Qu’est-ce que la danse française/italienne (espagnole/anglaise…) ? Quels sont les éléments connotant différents styles de danse ? Quelles sont les limites symboliques ou réelles ? Comment construit-on l’identité à travers la danse ? 

Explorer les notions de « belle danse », danse italienne, styles de danse, danse grotesque. Les enjeux de la danse comique/tragique dans la construction identitaire de l’Italie et de la France. Appropriations, patrimoines, création de frontières symboliques, circulations, transferts.

 

Dialoguer

Comment une identité évolue-t-elle au contact d’une autre ?

Contaminations des techniques, circulation des artistes dans l’espace européen. Présence de la danse italienne en France (à l’Académie royale, à la Comédie-Italienne, aux Foires etc.) et de la danse française en Italie (cours francophiles etc.), de la danse italienne et française dans l’espace germanique (Vienne, Stuttgart etc.). Exemples d’influences, contaminations, échanges.

 

Débattre

Quels sont les discours sur la danse qui ont véhiculé l’idée d’identité ? Dans quel contexte ? Comment ont-ils défendu ou contré cette idée ?

Etude des discours polémiques portant sur la confrontation entre les nations, sur les idées de génie et de caractère des nations, précellence de l’une ou de l’autre culture, querelles, etc.

 

Distinguer

Comment la contamination entre les genres témoigne-t-elle des influences culturelles ?

Frontières entre les modèles, les styles, les formes et les goûts (ex : la caricature, la parodie comme explorations de l’altérité)

 

Modalités de proposition :

Les propositions de communication, d’environ 3000 signes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 30 avril 2017

à hdd.colloque@gmail.com et en copie à arianna.fabbricatore@gmail.com

 

Coordination

Arianna Fabbricatore (Université Paris-Sorbonne)

 

Comité scientifique

Charles Alunni (Ecole normale supérieure)

Elena Cervellati (Université de Bologne)

Paolo Fabbri (Centre d’Etudes sémiotiques Urbino)

Arianna Fabbricatore (Université Paris-Sorbonne)

Marie-Thérèse Mourey (Université Paris-Sorbonne)

Marina Nordera (Université Côté d’Azur)

Françoise Rubellin (Université de Nantes)

Martin Rueff (Université de Genève)

 

Comité d’organisation

Paolo Desogus (Université Paris-Sorbonne)

Delphine Vernozy (Université Paris-Sorbonne)

Source: Dramatica

CFP: Society for the Study of French History CFP - Deadline Extended
Posted: Wednesday, February 8, 2017 - 10:47

Society for the Study of French History 31st Annual Conference

‘France, Europe and the World’

University of Strathclyde, Glasgow, 26-27 June 2017

 

Deadline extended to: 28 February 2017

 

Confirmed plenary speakers:

Robert Gildea (Oxford)

Marie-Laure Legay (Lille 3)

John Merriman (Yale)

Sophie Wahnich (CNRS)

 

The history of France has been profoundly shaped by its European and global entanglements. Whether through its diplomatic and military engagements, colonial encounters, cultural and intellectual exchanges, or the interconnections of trade and commerce, the porous and fluid nature of France’s borders have brought a complex range of influences upon France’s history. As the role and status of France within Europe and the wider world changed, so did perceptions and representations of France.

 

This conference seeks to explore French history from international, transnational and global perspectives and invites speakers to reconsider the significance and relevance of the nation state. We invite participants to interpret the conference theme in its broadest terms.

 

In addition to the conference theme, we also invite papers or panels on any aspect of French history from the early medieval to the contemporary period and we welcome contributions that reflect the broad diversity of the history of France and its former colonial empire.

 

We invite proposals for 20 minute papers in English or in French on any aspect of the conference theme. Proposals for panels of two or three papers are particularly welcome. We particularly invite contributions from postgraduate students and overseas scholars. Paper proposals should comprise a paper title, abstract of 300 words and a one-page CV in a single pdf file. Please send proposals to Dr Karine Varley at: ssfh2017@gmail.com by 28 February 2017.

 

Find out more about the SSFH at: http://frenchhistorysociety.co.uk/

Twitter: #ssfh2017 - @FrenchHistoryUK

Conference organisers: Karine Varley and Rogelia Pastor-Castro

 

Source: H-France

CFP: 'Mémoire des vaincus, Mémoire des vainqueurs dans le bassin méditerranéen (de l'Antiquité au XXIe siècle)' relance pour XVIe-XVIIIe
Posted: Tuesday, February 7, 2017 - 02:45

Appel à communications pour un colloque organisé les 9 et 10 novembre 2017, à Nantes, par Eugenio Amato, Isabelle Ligier-Degauque et Anne Teulade (l’AMo)

Date limite de soumission des propositions : 15 mars 2017

RELANCE :

Attente de communications centrées sur le XVIe-XVIIIe siècles (pour compléter le programme en cours d’élaboration).

« Mémoire de vaincus, Mémoire de vainqueurs dans le bassin méditerranéen (de l’Antiquité au XXIe siècle) : la Littérature à l’épreuve du conflit »

Selon la formule de Robert Brasillach, dans Frères ennemis (1944) qui met aux prises Etéocle et Polynice, « l’histoire est écrite par les vainqueurs » : mais la Littérature de toutes les époques met souvent en scène des situations ambiguës, où le gagnant et le battu subissent le même sort tragique ou expérimentent des dynamiques inversées. Les deux fils d’Œdipe se donnent mutuellement la mort sous les murs de Thèbes, dans la célèbre pièce d’Eschyle ; les Hellènes triomphateurs à Troie se heurtent aux dangers du nostos, le voyage de retour ; même les Romains conquérants de la Grèce doivent baisser la tête, face aux savants vaincus : Graecia capta ferum victorem cepit et artes intulit agresti Latio, disait, par ailleurs, le poète Horace (Ep. 2.1.156).

Le rapport de forces, à l’issue d’un conflit, déciderait de la rédaction officielle des événements, qui serait ensuite entérinée comme l’unique version admissible et nécessaire pour l’effort de reconstruction nationale. La nécessité de l’union, et même de la réunion des anciens belligérants, aboutirait à la primauté d’un récit sur un autre et négligerait, voire occulterait les souffrances subies par l’ancienne partie adverse : Rome, Imperatrix mundi, saura par exemple bien associer les vaincus à l’administration impériale, au point que, ainsi que le relève Paul Veyne, il n’est pas inhabituel de retrouver chez un historien et un sophiste de langue grecque de la période impériale, tels que Cassius Dion et Lucien de Samosate l’étaient, des expressions du genre « nous », les Romains.

Toutefois, une telle organisation rétrospective des faits peut-elle vraiment s’apparenter au travail de l’historien ? N’est-ce pas, en outre, s’exposer en toute logique à la réclamation d’un autre récit ? La mémoire des vainqueurs ne pourrait être envisagée, à plus ou moins long terme, sans la mémoire des vaincus. Ainsi, le récit historique des vaincus peut en certains cas contribuer à ré-encadrer la nécessité d’une vérité narrative dans le droit fil de l’historia, l’«enquête » dans le sens le plus classique du terme : l’histoire, pour ainsi dire, se structurant prioritairement sur l’examen des causes ayant déclenché un certain événement. De la sorte, un récit des vaincus, comme les Isaurica de Candide (VIe s. ap. J.-C.), s’efforce de rétablir la vérité historique de l’avènement d’Anastase, tout en redéfinissant l’identité des Isauriens ayant perdu le contrôle sur le trône d’Orient : Candide, représentant de l’ancien ordre, cherche à cerner un nouveau statut pour ses compatriotes, ne s’attachant pas à la commémoration, mais plutôt à un repositionnement des Isauriens sous le nouveau empereur.

Un tel compagnonnage des mémoires ne va pas sans difficultés : leur comparaison permettrait-elle un dépassement de l’inventaire des épreuves endurées par les divers partis en conflit ? Comme l’observe Bernard Lugnan (expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda), à propos de la politique coloniale de la France en Algérie, présentée comme « brutale et injuste » par François Hollande en décembre 2012, « La Mémoire n’est pas l’Histoire. L’historien est un peu comme le juge d’instruction : il travaille à charge et à décharge, alors que le mémorialiste ou le témoin sont, par définition, en pleine subjectivité ». Ainsi, dans le dramaticule « Tout le reste est singerie » (qui appartient au cycle La Servante, 1995) d’Olivier Py, le Tatoueur envisage le travail dans lequel il s’est engagé sur son propre corps comme une façon de prendre sur lui la faute des pères, à savoir, précisément, la colonisation française. Le tatouage s’apparente ici à un acte mémoriel qui ne libère pas la mémoire, bien au contraire. Un tel geste relève de ce que Paul Ricœur a qualifié de « mémoire blessée » dans La Mémoire, l’histoire, l’oubli (2000). Or, le devoir de mémoire, qui se présente sous la forme d’une intimation ambiguë, relève de la justice et non de l’histoire : c’est bien cette « ère de la commémoration » qui inquiétait le philosophe.

La littérature peut proposer un antidote ou un contrepoint à ces usages plus ou moins instrumentalisés de la mémoire, comme le monde l’exemple des Sept contre Thèbes, évoqué supra. D’ailleurs, dans un travail précédent, Temps et récit, Paul Ricœur défendait les vertus de la fiction en ces termes : « [elle] libère rétrospectivement certaines possibilités non effectuées du passé historique ». Dans un numéro du Débat intitulé « L’histoire saisie par la fiction », Patrick Boucheron considère également la littérature comme une « force supplétive de l’histoire », expression qui pourrait revêtir une acuité particulière lorsque l’accès au passé est fragilisé. A notre tour, nous voudrions interroger la façon dont la littérature peut produire des discours et des récits mémoriels moins assujettis aux injonctions circonstancielles que les écrits de commémoration, voire même œuvrer à une représentation du passé conflictuel, par la mise en intrigue narrative et par le jeu avec des points de vue contradictoires. Il serait d’ailleurs intéressant de se demander si l’histoire doit être un aboutissement de la littérature dès lors qu’il est question de « mémoires » (des vaincus ou des vainqueurs). Selon Olivier Abel, il faut « déconstruire la prétention de la mémoire à avoir le dernier mot » « car, de toute façon, le travail de l’histoire vers une réconciliation des mémoires est sans fin ». La journée d’étude sera ainsi conduite à questionner les liens entre littérature et historiographie.

Nous souhaiterions recentrer la réflexion sur le bassin méditerranéen, de l’Antiquité au XXIe siècle, pour réfléchir à la façon dont la littérature peut servir la construction de mémoires contraires, voire contrariées, et déterminer si elle parvient à atteindre la distance critique qui serait le propre de l’histoire. Le « continent liquide » cher à Braudel, espace de voyages et de métissages, est aussi un lieu fracturé où divers conflits se sont succédés, depuis les guerres médiques antiques jusqu’aux violences contemporaines, en passant par les guerres puniques, les croisades, la guerre de course, les conquêtes coloniales et la décolonisation. Non seulement il s’agit d’un espace qui, par sa constitution mosaïque propice aux échanges et aux tensions, concentre un précipité de cas de conflits, mais il pourra également être envisagé comme un laboratoire pour penser la confrontation des mémoires et la possibilité de tisser des dialogues, tant l’histoire de cette aire culturelle oscille entre divisions et utopie d’une « communauté humaine qui existe malgré les cloisons du sang ».

Les propositions de communications, centrées sur la période XVIe-XVIIIe (pour compléter le programme en cours d’élaboration), assorties d’un titre, ne doivent pas excéder une demi-page. Elles sont à envoyer avant le 15 mars 2017 à :

EUGENIO AMATO (eugenio.amato@univ-nantes.fr), ISABELLE LIGIER-DEGAUQUE (isabelle.degauque@univ-nantes.fr) et ANNE TEULADE (anne.teulade@univ-nantes.fr)

 

URL DE RÉFÉRENCE: http://lamo.univ-nantes.fr

Source: Fabula

New Publications

Nicolas Schapira, Maîtres et secrétaires (XVIe-XVIIIe siècles). L'exercice du pouvoir dans la France d'Ancien Régime
Posted: 14 Oct 2020 - 19:18

Albin Michel, coll. L'évolution de l'humanité, 2020. ISBN 9782226453051. 336 p. 24€.

Avant d’être une employée indispensable au fonctionnement des entreprises et des administrations, le secrétaire a été un homme, un domestique, tenu à l’obéissance à son maître mais étroitement associé à l’exercice de son pouvoir. Il en incarnait et parfois en mettait en scène la part la plus secrète.

L’enquête de Nicolas Schapira fait l’histoire de cette cellule élémentaire de la vie des pouvoirs : le couple maître-secrétaire, où l’un décide tandis que l’autre relaie, écrit, contrôle, tient mémoire. C’est entre Renaissance et Lumières, au moment où le papier devient le support de toute décision, où les administrations des souverains, grands seigneurs et prélats se rationalisent, que le besoin de tels agents s’est affirmé. Scribes, hommes à tout faire, historiens, ils assurent que l’éclat des actions du maître l’emporte sur le travail de ses bureaucrates.

Plus de secrétaires domestiques aujourd’hui, certes, mais les fonctionnements domestiques perdurent dans les entourages des puissants : fidélité contre confiance, temps de travail non compté, personnel sans statut clair, ascensions sociales accélérées. Le livre dessine ainsi une anthropologie des pouvoirs modernes.

Agrégé et docteur en histoire, Nicolas Schapira est professeur d’histoire moderne à l’Université Paris Ouest Nanterre. Il est l’auteur, notamment, de Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale, Champ Vallon, 2003 ; et (en collaboration) de Histoire Littérature Témoignage. Écrire les malheurs du temps, Gallimard, 2009.

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/maitres-et-secretaires-xvie-xviiie-siecles-9782226453051

New publication: François Boscheron, ami de Challe, ses œuvres, ses biographies et ses travaux éditoriaux
Posted: 14 Oct 2020 - 13:52

François Boscheron, ami de Challe, ses œuvres, ses biographies et ses travaux éditoriaux. Une enquête bio-bibliographique. 2020, Peter Lang.

William Brooks

François Boscheron, dont rien n’était connu jusqu’ici, ni les dates extrêmes de sa vie ni même son prénom, fut à ses heures perdues un auteur de petites oeuvres originales. Des travaux biographiques et éditoriaux portant sur des figures majeures du XVIIe siècle, telles Charpentier, Corneille, D’Aubignac, Pavillon, Quinault et Varillas, lui ont valu de multiples mentions dans des ouvrages de critique littéraire et historique. Parmi les contemporains avec lesquels il interagissait pendant le premier tiers du XVIIIe, on compte Boffrand, Fontenelle, Galland, La Monnoye, Saint-Pierre et Sallengre. Ami du romancier et voyageur Robert Challe, dont il était dans une certaine mesure le représentant à Paris, Boscheron était comme lui un correspondant important des responsables du Journal littéraire de La Haye. Malgré tous ces liens, cet habile touche-à-tout n’a jamais fait l’objet d’une étude d’ensemble. Ce livre se donne donc comme objectif d’évaluer ses écrits et de replacer cet écrivain convenablement dans ce qu’il aurait appelé la « République des Lettres ». Pour la première fois, cet auteur méconnu se trouve pourvu d’une identité, d’une vie personnelle et d’un contexte professionnel qui, pour être imprévu, n’en était pas moins central dans la société parisienne de son époque

Philippe Quinault, Théâtre complet. Tome III, Tragi-comédies romanesques. Éd. W. Brooks et C. Marchal-Weyl
Posted: 12 Oct 2020 - 17:07

Classiques Garnier, 2020. ISBN: 978-2-406-09639-9. 583 p. 49€.

Librettiste de Lully, Philippe Quinault fut aussi en son temps un dramaturge réputé. Ce volume rassemble ses trois premières tragi-comédies, La Généreuse Ingratitude, Les Coups de l’amour et du hasard et Le Fantôme amoureux, ainsi qu’une pièce inédite à l’attribution contestée, La Fille généreuse.

https://classiques-garnier.com/theatre-complet-tome-iii-tragi-comedies-romanesques.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Lettre_hebdo__12102020&utm_medium=email

Arrêt sur scène / Scene Focus
Posted: 12 Oct 2020 - 16:50

Le dernier numéro de la revue Arrêt sur scène / Scene Focus vient de paraître. Il est consacré aux "scènes d'exécution" dans les théâtres anglais et français (XVIe-XVIIe siècles).

Vous le trouverez ici : https://ircl.cnrs.fr/productions%20electroniques/arret_scene/arret_scene_focus_contents.htm

N'hésitez pas à diffuser l'information !

Bien cordialement à tous,

Bénédicte Louvat

 

Sommaire / Contents

Bénédicte Louvat (ELH/PLH, EA 4601, Université Toulouse – Jean Jaurès) et Nicholas Myers (IRCL, UMR 5186 CNRS et Université Paul-Valéry Montpellier 3) Introduction

Marie-Madeleine Fragonard (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) La justice spectaculaire. L’exécution des sentences : pratiques et représentation théâtrale

I. Montrer, raconter, taire : modalités de représentation de la scène d’exécution

Pierre Pasquier (CESR, UMR 7323 CNRS et Université François Rabelais de Tours) La réalisation technique des scènes d’exécution capitale sur la scène française du XVIIe siècle

Yan Brailowsky (Université Paris Nanterre) « La tête qui bondit » ou la décollation de Marie Stuart

Caroline Labrune (Académie de Versailles) La mort n’est pas une fin. La scène d’exécution est-elle vraiment une « scène à faire » ?

À écouter : L’exécution de Mariane (extraits de La Cour sainte du Père Caussin et de La Mariane de Tristan L’Hermite) (les étudiants et enseignants de lettres modernes Annlyse Boquet, Lauriane Brégou, Luc Davin, Marine Frileux, Rania Mezlef et Catherine Pascal. Direction : Bénédicte Louvat)

II. Exemplarités et contre-exemplarités

Gilles Bertheau (CESR, UMR 7323 CNRS et Université François Rabelais de Tours) : Execution and the Questioning of Authority in Three Early Modern English History Plays

Nathalie Oziol (IRCL, UMR 5186 CNRS et Université Paul-Valéry Montpellier 3) : State Violence and Last Sentences in Thomas Kyd’s Spanish Tragedy

Ruoting Ding (University of Electronic Science and Technology of China, Chengdu, Sichuan) : Les tragédies de l’exécution chez La Calprenède : ambiguïté judiciaire et esthétique aristotélicienne

Databases, Revenues, and Repertory: The French Stage Online, 1680-1793
Posted: 10 Oct 2020 - 17:06

Version française en bas

Dear Colleagues,

We are delighted to announced the online, open access publication with the MIT Press of our bilingual volume, Databases, Revenues, and Repertory: The French Stage Online, 1680-1793 https://cfrp.mitpress.mit.edu/.  This work is an innovative collection of original essays that explore an important initiative in the digital humanities, the Comédie-Française Registers Project (CFRP).  Databases, Revenues, and Repertory takes advantage of this unique online archive to explore programming decisions made by the royal troupe in Paris during the Enlightenment and the French Revolution. Scholars of the period know that the plays of Molière, Racine, Corneille, and Voltaire were frequently performed, but the troupe’s full repertory in this 113-year period consisted of more than 1,000 plays written by over 300 authors, spread across more than 33,000 nightly performances.

How did politics, economics, and social conflict shape the troupe’s repertory and affect its finances? Was the theater a space for critical discussion of public issues, or a place to seek escape from the uncertainties of the world? Several essays in the volume explore the long-term trends in box office receipts and repertory decisions across the century, while others focus on the critical years around 1760, when the influence of Enlightenment ideals and authors made itself felt on the French capital’s premier stage. A third set of essays considers the uses of digital humanities methodologies in the study of French theater history and in the humanities more generally—how new are the methodologies and conclusions of digital humanists, how do these applications reshape the questions we ask of literature and cultural history, and how do they expand our sensory understanding of the past?

Sylvaine Guyot, Harvard University

Jeffrey S Ravel, MIT

 

Table of Contents

S. Guyot and J. Ravel, “Introduction: Digital Technology and Theater History”

 

I. Interpreting Data, Visualizations, and Sound

J. Ravel, “The Comédie-Française by the Numbers, 1752-2020”

J. Peters, “Looking at the Literary: Data-Driven Visualizations and the Comédie-Française Registers Project”

J. Cherbuliez, “The Sound of Theater: Crowds, Acoustics, Oration”

D. Edelstein, “Comment: Back to the Future"

 

II. Eighteenth-Century Repertory and Revenues

W. Weber, “The Parallel Canons at the Opéra and the Comédie-Française at the End of the Old Regime”

F. Velde, “An Analysis of Revenues at the Comédie-Française, 1680-1793”

D. Miller, “Comment: Defining Repertory”

A. McCants, “Comment: Money, Prices, and Accounting for Taste: Theater Economics as Revealed by the Comédie-Française Registers Project”

 

III. Circa 1760

T. Luckett, “Financial Difficulties and Business Strategies at the Comédie-Française During the Seven Years War”

P. Frantz, “The Voltaire Moment”

L. Clay, “The Strange Career of Voltaire, Bestselling Playwright of Eighteenth-Century France”

L. Connors, “Comment: Celebrating Voltaire in the 1760s”

 

Postface

C. Biet, S. Harvey, A. Sanjuan, “The CFRP, from Archaeology to Futurology”

 

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Chères et Chers Collègues,

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution en ligne et en accès ouvert, chez la presse universitaire de MIT, de notre volume bilingue - Databases, Revenues, and Repertory: The French Stage Online, 1680-1793 https://cfrp.mitpress.mit.edu/.  Cette œuvre prend pour objet un vaste projet en humanités numériques consacré aux Registres de la Comédie-Française.  Ce collectif interdisciplinaire s’appuie sur ce corpus d’archives numérisées sans égal pour étudier les choix de programmation et la politique tarifaire mis en œuvre par les Comédiens-Français au siècle des Lumières et sous la Révolution. Si l’on sait communément que Molière, Racine, Corneille et Voltaire se trouvaient souvent à l’affiche au XVIIIe siècle, les registres révèlent que sur une période de 113 ans, avec plus de 33 000 soirées de représentation, le répertoire de la Comédie-Française comptabilise plus de mille pièces, écrites par plus de 300 dramaturges.

Quel était l’impact des événements politiques, du contexte économique, des tensions sociales et des rivalités institutionnelles sur la constitution du répertoire de la troupe et sur son équilibre financier ? Le théâtre d’Ancien Régime constituait-il un lieu de discussion des questions socio-politiques, ou un espace de divertissement à l’écart des troubles du monde ? Certaines contributions de cet ouvrage s’attachent à identifier les tendances majeures qui caractérisent les revenus et les décisions de programmation de la Comédie-Française pendant plus d’un siècle, tandis que d’autres se concentrent spécifiquement sur le tournant des années 1760, quand l’influence de la pensée et des grandes figures des Lumières devient éminemment sensible sur la scène parisienne. Dans une perspective autre, un troisième ensemble d’articles se propose de sonder les apports des méthodes numériques pour l’étude de l’histoire du théâtre et pour les sciences humaines en général : les procédures d’enquête et les résultats des humanités numériques sont-ils radicalement inédits ? Sous quelles conditions ces nouvelles méthodologies conduisent-elles à reformuler les questionnements de la critique littéraire et de l’histoire culturelle ? Dans quelle mesure ces approches sont-elles aussi l’occasion d’approfondir notre compréhension sensorielle du passé ?

Sylvaine Guyot, Harvard University

Jeffrey S Ravel, MIT

 

Table des matières

S. Guyot and J. Ravel, “Introduction: Histoire du théâtre et humanités numériques”

 

I - Interpréter les archives: données, visualisations, sons

J. Ravel, “La Comédie-Française par les chiffres, 1752-2020”

J. Peters, “Voir le littéraire: la visualisations des données et le Projet des Registres de la Comédie-Française”

J. Cherbuliez, “Les sons du théâtre: publics, acoustique, déclamation”

D. Edelstein, “Commentaire: Retours vers le futur"

 

II.  Répertorier et recettes au XVIIIe siècle

W. Weber, “Les repertoires parallèles de l'Opéra et de la Comédie-Française à la fin de l’Ancien Régime”

F. Velde, “Une analysis des recettes de la Comédie-Française, 1680-1793”

D. Miller, “Commentaire: Définir le répertoire”

A. McCants, “Commentaire: Revenues. Prix, comptabilité: l’économie théâtrale révélée par le Projet des Registres de la Comédie-Française”

 

III. Autour de 1760

T. Luckett, “Troubles financières et stratégies commerciales à la Comédie-Française pendant la guerre de Sept Ans"

P. Frantz, “Le Moment Voltaire”

L. Clay, “L’étrange carrière de Voltaire, le dramaturge le plus rentable du XVIIIe siècle”

L. Connors, “Commentaire: Célébrer Voltaire dans les années 1760”

 

Postface

C. Biet, S. Harvey, A. Sanjuan, “Le Programme RCF, de l’archéologie à la futurologie”