Appel à communications: Le théâtre, lieu d'affrontement politique et social, du Cid à Hernani

17-18 septembre 2018 

Lieu du colloque : Institut d'études romanes de l'Université de Wroclaw (Pologne) 

Langues du colloque : français et anglais 

Propositions: avant le 1er mars 2018

 

 Lieu de sociabilité et de divertissement, le théâtre commence au XVIIe siècle à s’imposer en tant qu’une institution sociale aspirant à mouvoir les esprits de son temps. Plaire et instruire : voici le double rôle que les classiques lui assignent. 

Instruire, c’est former l’esprit et la personnalité des spectateurs : il s’agit d’une mission sociale et morale très importante. Le théâtre, grâce à son caractère relativement démocratique, devient un lieu où s’affrontent des idéologies, des conceptions morales et religieuses, des pensées sociales disparates. 

 

Le mouvement des Lumières renforce encore ce rôle pédagogique du théâtre. Voltaire initie le renouveau de la tragédie, bouleversant les règles d’or du classicisme. Le suivent Denis Diderot et Louis-Sébastien Mercier appelant les dramaturges à adapter mieux leurs ouvrages aux réalités de l’époque dans laquelle ils vivent, et où la bourgeoisie joue un rôle social et politique grandissant. Le drame bourgeois est né, se basant sur les motifs et « conditions sociales » proches du milieu urbain contemporain. 

La théâtromanie qui envahit la France dans les années 1770 est propice à une multiplication des théâtres de société (aristocratiques, bourgeois, artisanaux ou paysans en Flandre), et à l’ouverture des salles à un public populaire, ce qui va amener le débat sur les places assises au parterre, sur la création du « poulailler » au-dessus des loges ; ailleurs en Europe, le théâtre de cour ou de résidence n’a jamais empêché à des scènes ouvertes à un public bourgeois et populaire de prospérer dans les villes principales. 

 

En France sous la Révolution, les institutions théâtrales, émancipées de toutes les contraintes que leur imposait l’Ancien Régime, deviennent un territoire d’expérimentations artistiques parfois très outrées. Mais parallèlement la scène sert de lieu de propagande révolutionnaire des politiciens et idéologues du moment : le théâtre devient « l’école du peuple régénéré », aspirant à contribuer au renouveau moral souhaité par la Révolution, sans se départir d’un répertoire classique et comique largement majoritaire dans des soirées où se succèdent plusieurs courtes pièces. 

 

Enfin, avec Hernani et Cromwell, Victor Hugo opère une nouvelle révolution théâtrale en posant les fondements du drame romantique et moderne : il met l’individu à l’épreuve de l’Histoire. Mais les prémisses de ce bouleversement datent déjà du Directoire, avec, par exemple, les mélodrames de Pixerécourt ou le répertoire torturé de l’Opéra-Comique, qui met à l’honneur le drame psychologique. 

 

Nous invitons tous ceux qui dans leurs recherches s’occupent du théâtre de 1638 à 1830, en tant que lieu d’affrontements idéologiques, politiques et sociaux, à nous envoyer leurs propositions de communication traitant les sujets suivants : 

 

le théâtre comme lieu de divulgation de la politique officielle du gouvernement, 

le théâtre comme outil de pression de/sur l’opinion publique, 

le théâtre comme lieu de prises de positions politiques et sociales, 

le théâtre comme lieu d’endoctrinement et de réalisation des utopies socio-politiques, 

le théâtre comme moyen de réparation/de corruption des moeurs, 

le théâtre comme lieu de consolidation des traditions/de propagation des réformes esthétiques, politiques et sociales audacieuses. 

 

Chacune des questions inscrites sur la liste ci-dessus, qui n’a pas la prétention d’être exhaustive, peut être envisagée sous différents angles, par exemple du point de vue du public, des dramaturges, des acteurs, des autorités en place, enfin du point de vue contemporain ou historique. Bien que le colloque soit ciblé sur la France, nous resterons ouverts aux perspectives étrangères ainsi qu’aux études comparatistes. 

 

Les propositions de communication en français ou en anglais de 3000 signes maximum doivent être envoyées avant le 1 mars 2018 à l’adresse suivante : tomasz.wyslobocki@uwr.edu.pl. Les propositions, accompagnées d’une bibliographie sélective (5 références au plus), doivent prévoir une présentation de 20 minutes (en anglais ou en français) suivie de 10 minutes de discussion. 

Frais d’inscription : 80 EUR / 350 PLN (chercheurs actifs) et 60 euros / 250 zł (doctorants et étudiants) 

Les frais d’inscription comprennent le dîner de gala, les pauses-café et la publication des contributions (retenues après l’évaluation). 

 

Date du colloque : 17-18 septembre 2018 

Lieu du colloque : Institut d'études romanes de l'Université de Wroclaw (Pologne) 

Langues du colloque : français et anglais 

Comité scientifique du colloque : Beata Baczyńska (Université de Wrocław), Regina Bochenek-Franczak (Université Jagellonne de Cracovie), Philippe Bourdin (Université Clermont Auvergne), Dominique Godineau (Université Rennes 2), Monika Kulesza (Université de Varsovie), Justyna Łukaszewicz (Université de Wrocław), Maja Pawłowska (Université de Wrocław), Izabella Zatorska (Université de Varsovie)