Dans le cadre du projet ANR « Contrainte et intégration : pour une réévaluation des
spectacles forains et italiens sous l’Ancien Régime » (CIRESFI), un colloque se tiendra les 19
et 20 mars 2019 à l’Université de Reims et à l’Institut international de la marionnette de
Charleville-Mézières. Il aura pour sujet « Les spectacles forains en Europe, identités et
circulation des pratiques : musique, théâtre, danse, acrobaties et marionnettes, 1660-1830 ».
À l’époque, les foires – et les « jeux » qu’elles attirent – sont présentes dans toute la
France, d’une durée et d’un prestige variables selon l’importance des villes : Paris, Beaucaire,
Guibray, Lyon, Bordeaux… Ce sont toutefois les spectacles forains parisiens qui sont les plus
documentés à l’heure actuelle, en raison de leur importance et de leur attractivité. Ils l’ont été
surtout grâce aux ouvrages de J.-C. Nemeitz (1727), des frères Parfaict (1743), et d’É.
Campardon (1877). Depuis, ils ont fait l’objet d’un certain nombre de travaux et de
programmes de recherche contemporains qui ont donné une meilleure visibilité à ces
spectacles, en restant toutefois pour la plupart centrés sur Paris. L’exemple de l’opéracomique
des Foires, de loin le sujet le plus travaillé à l’heure actuelle, le montre bien.
Le colloque a donc la volonté d’envisager les spectacles forains dans leur globalité et
dans un contexte historique et géographique élargi. Il a pour objectif de s’interroger sur
plusieurs aspects : peut-on dresser une typologie de ces spectacles ? Peut-on y discerner des
spécificités, des particularités ou des invariants ? Dans le même esprit, le colloque étudiera
aussi bien les spectacles parisiens que ceux de province, en incluant les pérégrinations des
forains eux-mêmes, et en débordant du strict cadre institutionnel des foires. On s’attachera
également aux manifestations spectaculaires au sens large en ne se limitant pas au théâtre
d’acteurs : marionnettistes, acrobates, sauteurs et danseurs de corde, dont il faudra cerner les
particularités.
Les spectacles forains présentent, en général, un mélange de numéros variés, allant des
tours de passe-passe aux comédies de l’opéra-comique, des montreurs d’animaux aux théâtre
de marionnettes, des « curiosités » et lanternes magiques aux spectaculaires acrobaties et
danses de cordes, sans oublier les démonstrations des charlatans ou « opérateurs ». Ces
numéros n’hésitent pas à mêler divers types d’intervenants, proposant des spectacles mixtes
où se côtoient marionnettistes, acrobates, comédiens et danseurs comme dans la « Troupe de
tous les plaisirs » à la foire Saint-Laurent de 1681.
Un grand nombre de ces divertissements présentent, d’une manière prononcée ou non,
une dramaturgie où interviennent musique, jeu théâtral, pantomime et danses. Ainsi des
« liaisons » s’insèrent dans les numéros de sauteurs aux foires parisiennes, proposant de
petites intrigues dramatiques (Les Divertissements de la foire, 1678, anonyme). De même, les
marionnettes s’accompagnent de musiciens dûment engagés pour les faire chanter ou danser à
l’instar d’acteurs en vif (« Troupe royale des Pygmées », 1678).
La vie foraine s’organise également en saisons ce qui entraîne la circulation des
artistes et des troupes dans le pays, un sujet qu’il s’agira de mieux éclairer. En effet, de
nombreux documents d'archives, des témoignages, voire des comédies rapportent leurs
pérégrinations ainsi que leurs démarches pour s'installer dans les villes et les foires, Des
contacts s’établissent aussi avec d’autres pays européens, comme l’Angleterre et l’Italie : ces
apports étrangers enrichissent les spectacles, comme le montre l’influence des comédiens
italiens ou celle des pantomimes anglais attirés par les foires françaises. Pour ces derniers,
leurs spectacles raffinés, mêlant pantomime, comédie, musique et danse, participent pour
beaucoup à l’émergence d’une nouvelle conception de l’art chorégraphique, revendiquant une
autonomie expressive du geste et de la danse.
Enfin une attention toute particulière sera prêtée à l’analyse contextualisée des
lexiques employés pour désigner les spectacles et curiosités, les différents acteurs ou
matériels mobilisés, en relation avec le programme « Terminologie multilingue des arts du
cirque et des arts de la marionnette » de la chaire ICiMa.
Le colloque se propose donc de faire avancer la recherche sur le sujet par
l’analyse et/ou la découverte de documents neufs issus des archives, de l’iconographie,
des textes littéraires, historiques ou encore musicaux. De tels témoignages sont sûrement
capables de renseigner à la fois sur le succès des jeux forains mais aussi sur leur nature, leur
dramaturgie et leur richesse artistique.
Comité scientifique : Pauline Beaucé (Université Bordeaux Montaigne), Philippe Bourdin
(Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand), Raphaèle Fleury (Institut international de la
marionnette, Charleville-Mézières), Isabelle Ligier-Degauque (Université de Nantes),
Bertrand Porot (Université de Reims) Françoise Rubellin (Université de Nantes), Cyril
Triolaire (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand).
Le colloque se tiendra les 19 et 20 mars 2019 à l’université de Reims, Campus Croix-Rouge et à l’Institut international de la marionnette à Charleville-Mézières.
Les communications seront prévues pour 20 minutes suivies d’une discussion. Les
propositions de communication devront être adressées à bertrand.porot@univ-reims.fr. Elles
comprendront un titre, un argumentaire de 10 à 15 lignes environ et seront accompagnées
d’un bref curriculum vitae d’une demi-page ainsi que des coordonnées électroniques de leur
auteure ou auteur. Elles peuvent être rédigées en anglais ou en français.
Les propositions de jeunes chercheuses et chercheurs et de doctorantes et doctorants seront
particulièrement bienvenues.
Les transports seront, dans la mesure du possible, à la charge des participants.
Langues du colloque : anglais, français, italien. L’usage du diaporama est recommandé.
Une publication des actes est prévue.
Date limite d’envoi : 30 septembre 2018.
Source: Dramatica