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Traduire l'Aminta en 1632: Les traductions de Rayssiguier et de Charles Vion d'Alibray
Posted: 5 Nov 2016 - 17:34

Édition, notes et présentation par Daniela Dalla Valle. Turin, Rosenberg & Sellier, août 2016, 280 p.

Dans la littérature française des XVIe et XVIIe siècles, où l’italianisme est particulièrement important, l’Aminta du Tasse a rencontré un succès tout à fait extraordinaire. Après sa publication en Italie, on commence à l’imprimer en France, on le traduit plusieurs fois, on imite des passages, des personnages, des scènes, on en fait même un plagiat. En 1632, la « favola boschereccia » est traduite par deux écrivains assez remarquables : Rayssiguier et Vion d’Alibray. Nous avons choisi de proposer ici ces deux traductions, parce qu’elles s’insèrent dans le débat provoqué par l’introduction théorique du nouveau genre tragi-comique, qui s’oppose à la vieille tragédie. Cette querelle oppose entre eux Ogier, Mareschal, Chapelain, Mairet… Les deux traducteurs de l’Aminta en 1632 participent à cette querelle, et traduisent le texte italien en appliquant, d’un côté, les nouvelles règles envisagées (Rayssiguier), et, de l’autre, en affirmant la loi de la « fidélité » et du respect de la source, qui – dans certains cas comme celui-ci – prédomine sur les nouvelles règles (Vion d’Alibray).

Pierre Nicole, Essais de Morale.
Posted: 25 Oct 2016 - 11:43

Choix d'essais introduits et annotés par Laurent Thirouin, Les Belles Lettres, collection "Encre Marine", 2016. ISBN 978-2-35088-108-9. 35€.

Réédition, chez Encre Marine, des Essais de Morale de Pierre Nicole. Il s'agit d'un choix d'essais, considérés comme les plus importants et représentatifs. Ils sont donnés en texte intégral, dans le dernier état du vivant de l'auteur. L'introduction, l'annotation et les références bibliographiques ont été corrigées et augmentées depuis l'édition des PUF (1999).

Les Essais de morale ont figuré au XVIIe siècle, et jusqu'à la Révolution française, parmi les ouvrages de réflexion morale les plus célèbres et les plus pratiqués. Ils mériteraient à ce simple titre notre attention. Les thèmes de Pierre Nicole (1625-1695), ses prises de position, sont tributaires des préoccupations rigoristes de Port-Royal, sans se confondre pour autant avec elles. Dans un milieu intellectuel qui prônait les valeurs de résistance et un idéal de retraite hors du monde, Nicole se singularise par son souci de l'intégration de l'individu dans une société dont il proclame cependant l’inauthenticité. Ses considérations, tant pratiques que psychologiques, sur la civilité, sur la rencontre d’intérêts égoïstes – le « commerce d’amour-propre » –, sur l’universel et légitime besoin de paix, annoncent par bien des aspects les développements laïcs de l’utilitarisme. Mais Nicole reste avant tout un interprète de l’anthropologie augustinienne. Les Essais de morale en illustrent les convictions cruciales : dépendance de chaque homme à l’endroit de son désir, difficulté de coïncider avec ses propres valeurs, incapacité structurelle de connaître et d’évaluer la source de ses actes.

Ce volume propose un choix de dix essais, retenus pour leur caracère représentatif. Tous les textes sont donnés dans leur intégralité, et soigneusement établis à partir des éditions originales.

Sommaire :

Introduction
Indications bibliographiques
De la faiblesse de l'homme
De la soumission à la volonté de Dieu
Des moyens de conserver la paix avec les hommes
De la civilité chrétienne
De la grandeur
De la manière d'étudier chrétiennement
Traité de l'éducation d'un prince
De la connaissance de soi-même
De la charité et de l'amour-propre
Des diverses manières dont on tente Dieu

Commandes: http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100283970

Source: Fabula

Juliette Morice, Le Monde ou la Bibliothèque. Voyage et éducation à l'âge classique.
Posted: 25 Oct 2016 - 11:36

Paris: Les Belles Lettres, 2016. EAN13: 9782251445960. 26,90 euros.

Présentation de l'éditeur

D'Érasme à Rousseau, ce livre traverse trois siècles d'histoire de la philosophie, à la recherche d'une réponse à la question « Pourquoi voyager ? »

Si la question ne se pose guère aujourd'hui, elle fut pourtant, pendant trois siècles, l'objet de disputes complexes : car il était bien loin d'aller de soi que l’on pût voyager sans raison, pour le simple plaisir « d’aller voir ailleurs ». Entre le milieu du XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, la République des Lettres devient ainsi la scène d’une controverse sur l’utilité des voyages, notamment en matière d’éducation. Y a-t-il de bonnes raisons de voyager, lorsque rien ne nous y contraint ? Quelle est l’utilité d’une pratique qui procède inévitablement de ce plaisir ambigu qu’est celui de la curiosité ou de l’attrait pour la nouveauté ?
L’époque classique voit ainsi naître une réflexion sur les voyages dont les enjeux philosophiques sont évidents : elle montre l’importance que prend, dans la culture moderne, la question de l’éducation et son lien à une conception de l’homme en devenir, dont la formation ne repose plus seulement sur les mots, mais exige l’expérience du monde et le détour par les choses, exigence que manifeste par excellence la présence de la métaphore du livre du monde.

Seules les études littéraires et historiques semblent avoir pris au sérieux la question des voyages et l’étude de ce phénomène original dans l’histoire de la pensée européenne qu’est la profusion des « arts de voyager » à l’âge classique. Cet essai étudie les enjeux philosophiques de ce qui fut autant un objet de disputes qu’un défi pour la pensée.

Commandes: http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100857540

Source: Fabula

Jean Rohou et Brigitte Prost, Lectures du Misanthrope
Posted: 25 Oct 2016 - 11:25

Rennes, PUR, 2016. ISBN  978-2-7535-5140-4. 168 p. 18 €.

 

Présentation de l'éditeur :

Le Misanthrope, œuvre d’un dramaturge et d’un acteur, est explicable en partie par les besoins de la scène et du jeu théâtral. Ce manuel analyse la composition stratégique d’une intrigue présentée à l’endroit après avoir été composée à l’envers. Il insiste sur le fait que les rôles déterminent les caractères et il tâche de distinguer pour chaque personnage ce qui s’explique par la psychologie de ce qui relève de la dramaturgie et du jeu théâtral. Cela conduit notamment à montrer que Philinte assume deux rôles nettement différents et à faire de nouvelles hypothèses sur celui d’Alceste.

 

Jean Rohou – Le Misanthrope : sociologie, psychologie et mise en scène

  • Le problème de la sociabilité au temps du Misanthrope
  • Les débats sur l’amour de soi, l’honnêteté, la complaisance, la sincérité et la réforme de la société
  • Une mise en scène satirique des « mœurs du temps »
  • Des sources à l’œuvre
  • Une œuvre normalisée, complexe et ambiguë, dont la base est un travail de dramaturge
  • Composition stratégique de l’œuvre
  • Rôles et caractères
  • Diverses façons de percevoir Alceste

 

Brigitte Prost – Petite histoire des mises en scène du Misanthrope

Le Misanthrope de Molière, « une pièce d’or dont on n’a jamais fini de rendre la monnaie »

 

Ce livre bénéficie de la double compétence de Jean Rohou, acteur de théâtre et spécialiste de la littérature et de la société du XVIIe siècle, et de celle de Brigitte Prost, critique dramatique et maître de conférences en études théâtrales à l’université Rennes 2 dans le département des arts du spectacle.

 

Commandes: http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4223

Source: Dramatica

Hélène Billis, Passing Judgment: The Politics and Poetics of Sovereignty in French Tragedy from Hardy to Racine
Posted: 15 Oct 2016 - 09:57

University of Toronto Press, 2016. ISBN 9781487500269.

The royal judge was an archetypal character in French tragedy during the 17th century. This figure impersonated the king by asserting his judicial authority and bringing order to an otherwise chaotic world.

In Passing Judgment, Hélène Bilis examines how an overlooked character-type—the royal judge—remained a constant of the tragic genre throughout the 17th century, although the specifics of his role and position fluctuated as playwrights experimented with changing models of sovereignty onstage. Her readings analyze how this royal decision-maker stood at the intersection of political and theatrical debates, and evolved through a process of trial and error in which certain portrayals of kingship were deemed obsolete and were discarded, while others were promoted as culturally allowable and resonant. In tracing the royal judge’s persistent presence and transformation, Bilis argues that we can better grasp the weighty political stakes of theatrical representations under the ancien régime.

Table of contents

PREFACE

INTRODUCTION

CHAPTER 1: The Critique of Le Cid: Richelieu, Royal Judgment, and the Rules

CHAPTER 2: Failed Judgments, Thwarted Justice: Alexandre Hardy’s Scédase ou l’hôspitalité violée

CHAPTER 3: The Ceremony Unravels: Tragedy’s Comedic Turn

CHAPTER 4: Learning From Experience: On Corneille and Coherence

CHAPTER 5: Corneille’s Cinna and Rotrou’s Crisante: A Search for the Emperor’s Judgment

CHAPTER 6: Racine and Royal Fathers of Injustice—Mithridate and Phèdre

CONCLUSION

Note

Bibliography

Index

http://www.utppublishing.com/Passing-Judgment-The-Politics-and-Poetics-of-Sovereignty-in-French-Tragedy-from-Hardy-to-Racine.html