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Calls for Papers and Contributions

Littérature et philosophie : repérages critiques (Nador)
Posted: Thursday, July 28, 2016 - 21:15

Royaume du Maroc

Université Mohamed Premier – Oujda

Faculté pluridisciplinaire de Nador

 

  • Colloque international sous le thème :

Littérature et philosophie : Repérages critiques

Nador : 03-04 Mai  2017

     Le département des études arabes et le département des études françaises à la faculté pluridisciplinaire de Nador, organisent un colloque international sous le thème : Littérature et philosophie : Repérages critiques.

- Mercredi et Jeudi, 03-04 Mai 2017.

Argumentaire

       La question du rapport entre  littérature et philosophie n’a pas cessé de soulever dans divers champs scientifiques, des problématiques de toute nature.Sans doute, cette thématique tellement sensible au niveau épistémologique, exige des révisions continues et des lectures renouvelables, non seulement parce que ce rapport n’arrête pas de nous surprendre par un nombre de donnés inconnues jusqu’alors, et de nous solliciter à nouveau, mais aussi car il s’agit d’un sujet qui se situe justement au cœur des questions critiques planant autour de toutes les préoccupations scientifiques et méthodologiques d’un grand nombre de sciences humaines contemporaines, dans leurs jonctions avec la création littéraire et la production philosophique. Et c’est en partant de cette hypothèse que le comité scientifique du colloque, vous propose d’y intervenir.

     Le philosophe œuvre d’habitude avec un dispositif conceptuel rigide et purement abstrait, tout comme le poète qui utilise  tout un système d’images, de signes et de symboles, que l’imaginaire ne cesse de pousser vers un glissement et une intensification de sens sans limites, ou plutôt comme le romancier ou dramaturge qui œuvre par un monde de personnages narratifs, qui traversent leurs esprits à l’intérieur d’un espace et d’un temps qui cheminent entre le sujet, la réalité et l’imagination.

     Pendant la civilisation antique grecque, les philosophes sophistes ont usé avec éloquence de tous les arts du discours, et ils sont arrivés à être des rhétoriciens professionnels par excellence. Aristote pour sa part, a modalisé toutes les règles logiques et linguistiques, qui ont fait de la métaphysique une haute science, régissant par là, toutes les orientations littéraires classiques au Moyen Age et même au début des Temps Modernes. Et Platon qui a banni les poètes de sa cité idéale, n’a pas cessé, à travers son maître Socrate, de structurer son système, en se basant sur les arts du dialogue, outre les techniques de la dialectique, tout en se référant à un patrimoine riche de narrations, de mythes et d’épopées.

     Il existe à l’intérieur des œuvres littéraires, des personnages et des sujets qu’on ne peut appréhender au niveau esthétique, ni avoir l’accès à leurs espaces humains et linguistiques si secrets et si cryptés ,que si nous les concevons en tant que sujets littéraires qui jouissent d’une forme conceptuelle émanant d’un ensemble de contextes et de circonstances psychologiques, physiques et sociales, nous basculons par la suite vers un sujet sublime et purement transcendantal.  

      Dans une optique méthodologique différente, mais qui nous amène au même horizon esthétique, il se trouve dans les œuvres philosophiques, des pensées profondes et bien investies dans l’abstraction, sur le sujet, l’esprit, l’existence, l’Homme et l’histoire qu’on ne peut jamais démystifier les présupposés ni décoder les intentions ontologiques, que dans un appareil conceptuel bien fondé par un cheminement illusoire et bien ficelé au niveau logique, rationnel, sémiotique et argumentatif.

     Dans la question du rapport entre littérature et philosophie, il s’agit en effet de deux approches sublimes de la vie et de l’existence qui pénètrent chacune d’elles à l’intériorité  par la voie du langage. Seulement que la deuxième  y accède par voie conceptuelle, tandis que la première intervient au niveau de la rhétorique et de l’imaginaire. A chaque pas de l’approche de la littérature ou de la philosophie, de l’existence et de la vie, on se trouve toujours d’avantages à coté d’une nouvelle conquête de l’esprit et du sujet, à partir d’un angle nouveau et dans des contextes rituels auxquelles on n’avait jamais pensé au passé. Dans ce sens, la littérature et la philosophie sont indéniablement deux pionniers innovants du langage. Dans l’histoire de la littérature et de la philosophie, il y a toujours des rapports subtils entre le discours contemplatif, conceptuel, et le discours poétique, surréaliste, et symbolique en général. En effet, il s’agit pour les deux interventions de l’esprit, d’un appel partenaire profond à la recherche d’un ensemble d’archétypes existentiels très fins de l’être social, provenant de la vie quotidienne d’une part, et de l’histoire des deux disciplines d’autre part, avec un attachement supplémentaire pour la philosophie.

Ce parachèvement incontournable se situe entre une trilogie référentielle permanente : - Le Moi -Le Monde et le Langage.

     F. Nietzsche attire notre attention à cette parenté intime entre philosophie d’une part, l’art et la littérature d’autre part en disant :

« Grand embarras de savoir si la philosophie est un art ou une science. C’est un art dans ces fins et sa production. Mais le moyen, la représentation en concepts, elle l’a en commun avec la science. » .

     René Descartes, à son tour, nous éclaire sur cette parenté, comme suit :

« Ce serait peut être surprenant de savoir que les idées profondes existent dans les écrits des poètes  plus que dans les écrits des philosophes. ». Et Jean Val disait aussi : «  En effet, il n y a pas une différence fondamentale entre la philosophie et la poésie ; je dirai même que la philosophie ne se limite pas à elle-même, car elle existe chez les poètes et les grands dramaturges, comme chez les philosophes. » 

     Dans ce sens strict, on peut dire que la philosophie est l’enveloppe conceptuelle emblématique qui règne autour de toutes les couleurs, toutes les émotions, toutes les métaphores profondes du discours littéraire et artistique, en leur offrant une sublimation existentielle exclusive. Et c’est dans ce sens même que la philosophie représente la teinte métaphysique du langage littéraire dans ses transfigurations subjectives et profondes. C’est la raison même  qui fait que toutes les grandes œuvres de la littérature mondiale sont celles qui ont su métaphoriser les concepts philosophiques en un sens d’inspiration pour toutes les cultures et toutes  les civilisations du monde, si diversifiées soient elles.  

     Le rapport entre  la littérature et la philosophie a connu dans divers moments de l’histoire une vive tension. Et en effet, c’est surtout avec le positivisme et les philosophies scolastiques que cette tension est bien flagrante.    Mais, le modèle le plus célèbre est celui de Platon qui a banni catégoriquement la poésie et les poètes, pour lui, dupeurs de la vérité, et ennemis de la méditation métaphysique, de la raison et du savoir logique.

     Et en effet, nous trouvons dans le patrimoine littéraire français un contre modèle de l’opinion platonicienne qui valorise l’inspiration à l’encontre de la méditation philosophique, sans faire allusion à la philosophie. Il s’agit de Victor Hugo qui dit ceci :

« La composition poétique résulte de deux phénomènes intellectuels, la méditation et l’inspiration. La méditation est une faculté ; l’inspiration est un don. Tous les hommes jusqu'à un certain degré, peuvent méditer : bien peu sont inspirés ».  

     Parfaitement dans la voie platonicienne, nous trouvons à l’intérieur du patrimoine philosophique arabo-musulman, cette antipathie à l’égard de la poésie. C’est ce qu’exprime Avicenne :

« La poésie doit œuvrer de l’imagination pour atteindre ces fins, c’est-à-dire l’accès à l’âme. (..).Et si on dispose de l’élément imaginaire, peut importe que le contenu est sincère ou factice, tout en sachant que se sont les paroles factices qui dominent la nature de la poésie. ».

     Il est certain que ce sont les soufis qui ont déployé les plus grands efforts pour revaloriser l’imaginaire arabe, à travers une relecture spirituelle innovante des significations esthétiques de la connaissance divine et humaine musulmane.   Et il est certain également que le soufisme comme nouvelle philosophie de l’esprit, était une source indéniable de révélation pour quelques expériences artistiques de haut niveau, dans l’histoire de la littérature arabe classique et moderne.

     Dans le but de disposer et de déconstruire le rapport complexe entre littérature et philosophie, on doit toujours se rendre compte de ce fil conducteur, ou plutôt cet espace qui unit leurs aspirations et leurs optiques communes, plus que de nous intéresser à la ligne de démarcation qui les sépare, sans négliger évidemment, la différence radicale de leurs méthodes et outils de travail. En fait, ce fil conducteur est l’écriture au sens strictement contemporain, comme intervention existentielle dans le monde, via le sujet .C’est sans doute, ce qui rassemble les philosophes, les créateurs littéraires et les artistes, en dépit des différences de ses formes, de ses rites et de ses moyens, dans leurs représentations subjectives exclusives.

     Il y a d’innombrables grands écrivains qui ont vécu des expériences modèles où se mêlent littérature et philosophie d’une manière distinctive. L’écriture en ce sens, dans ce contexte symbolique bien déterminé, est l’équivalent de l’identité de la créativité et de l’innovation, non pas l’équivalent d’une science ou discipline ou art bien défini. En un mot, l’écriture n’a pas de frontières épistémologiques stables.   

     Il s’agit dans ce sens d’une intervention ou d’un passage ontologique dans l’intérieur de l’Etre et de l’existence, ce qui n’est acquis que pour ceux qui sont aptes à réaliser un haut niveau de transcendance gnoséologique. Et Sartre, dans ses essais Situations, notamment dans Qu’est-ce que la littérature ?,  n’est pas loin de nous éclairer sur ce point en signalant que :

« L’écrivain n’est pas un écrivain parce qu’il a choisi de parler de quelques choses, mais parce qu’il a choisi d’en parler d’une manière différente. ». Nous remarquons également chez l’écrivain marocain Abdelkebir Khatibi cette orientation esthétique et ontologique, inspirée par ce mélange existentiel entre, littérature, activité artistique, et philosophie, dans sa conception de l’écriture :

« L’écriture et ses manières forment en elle même un ensemble de prise de positions analysables sur des niveaux différents envers les êtres et les choses, outre des prises de positions vis-à-vis de l’écriture elle-même (...). Je ne me considère pas en tant que penseur, ni philosophe, ni même un critique, même si j’use quelques fois un concept philosophique ou d’autre. Mais j’essaie d’aller vers le poème. »  

     En fait, le concept d’écriture est devenu aujourd’hui un choix préféré de beaucoup d’auteurs, philosophes, et théoriciens de l’œuvre artistique et littéraire, surtout depuis  cinquante ou soixante années passées, avec l’arrivée triomphante de ce champs critique qui a porté le nom d’études culturelles.

     Certainement, tous les phénomènes littéraires, voire tous les courants artistiques et critiques immanents, sont attachés à un certain profil philosophique. Nous dirons même que nous ne pouvons jamais approcher cet héritage, si diversifié et si complexe, sans un retour irréversible à la source philosophique qui émane de son langage, de ses rituels linguistiques et sémiotiques, et de son empreinte spirituelle et esthétique. En fin de compte, il s’agit d’un système bien ficelé qui se compose de tous les penchants subjectifs de l’écrivain ou de l’artiste, penchants qui se glissent subrepticement au texte en tant que représentations conscientes ou inconscientes, plus ou moins philosophiques qu’on doit démystifier ou décrypter.   

     Nul doute que la littérature, pour sa part, est fortement présente à l’intérieur des textes philosophiques. Il est certain aujourd’hui, avec la nouvelle vague épistémologique de la transdisciplinarité, basée sur ce point bien déterminé autour d’une conception optimiste, autour d’un rapprochement profond entre littérature, philosophie et sciences humaines, que la littérature représente une source riche des tendances théoriques et ontologiques des philosophes. Il suffit de faire allusion pendant les Temps Modernes à Nietzsche qui voit en la poésie l’accès le plus profond à la pensée, lui qui se distingue de son langage philosophique fragmenté et plein de métaphores et de symboles. De même, Martin Heidegger aussi avec ses préoccupations ontologiques pour comprendre les secrets existentiels du langage, outre son attachement intime aux poètes de son époque, ou G. Lukacs et E. Bloch, le premier passionné par la production romanesque et le deuxième philosophe de l’utopie et écrivain d’une prose exceptionnelle ramifiée de surréalisme et de symbolisme apocalyptique. Enfin, Friedrich Schlegel qui se montre le philosophe allégorique le plus doué d’une poésie : il se réclame transcendantal.

En effet on peut avancer que les littéraires en général, et les poètes en particulier, mieux que les philosophes, ont des compétences considérables à démystifier les grandes idées philosophiques tellement rigides et figées.

     Ceci dit, on croit que quant à l’analyse du rapport littérature/philosophie, on doit partir d’une vision plus vaste et plus équitable. Et il existe à cet égard deux orientations dominantes :

1-Primo, il s’agit d’une tendance à relativiser la philosophie en un arrière plan de la littérature et des œuvres littéraires ;

2-Secundo, il s’agit de minimiser l’essence du patrimoine littéraire à des simples reflets, ou tout au plus, à des éclairages esthétiques plus ou moins féconds des grandes idées et concepts philosophiques.

     Loin de ces deux tendances, notre colloque ne vise pas du tout une recherche des potentialités offertes pour atteindre un archétype textuel philosophico-littéraire, ou bien dissoudre toutes les frontières entre les deux activités ou disciplines ; car ce genre de présence partenarial côte à côte n’est qu’une forme parmi d’autres de ce rapport complexe que nous appelons à déconstruire.

     Ce colloque vise justement de mettre au clair les carrefours de cette rencontre souvent discrète entre littérature et philosophie, et par là aller vers l’exploration des présupposés protocoles et paramètres sous-jacents qui gèrent conceptuellement, linguistiquement et esthétiquement cette rencontre.

     Cet argumentaire, ainsi problématisé, a amplement l’intention d’étayer une approche et une analyse de plus en plus consciente de ce rapport énigmatique, en partant des questions suivantes :

-  Quelles sont les formes littéraires de la philosophie ?

-Quelles sont les formes philosophiques de la littérature ?

-Quels sont les processus a travers les quels les courants et les grandes idées philosophiques affectent les contenus et les tendances linguistiques, artistiques et esthétiques des œuvres littéraires ?

- Quels sont les contextes subjectifs et objectifs a travers les quels les orientations créatives des genres littéraires gardent un empreint sur les dispositions conceptuelles particulières des philosophes ? 

- Jusqu’à quel point on peut avancer que les critiques et les historiens sont suffisamment attentifs à ce rapport complexe entre littérature et philosophie, soit ceux qui opèrent dans le domaine de la critique littéraire et artistique, soit ceux qui traitent l’histoire de la philosophie et se préoccupent des dissertations purement théoriques ?

- Est-ce qu’il y a vraiment des critères plus ou moins confiants, qui sont aptes, épistémologiquement parlant, à dresser un paradigme, pour avoir un accès au contenu philosophique de la littérature et vice versa ?

- Est-ce qu’on a le droit de dire que le langage représente le code secret a travers lequel un philosophe accède à la littérature, ou un créateur de lettres pénètre dans le monde de la philosophie ? En d’autres termes, est ce qu’il est concevable qu’un concept philosophique tellement rigide, systématique au niveau théorique, se transforme en métaphore, et que celle-ci, bien symbolique et fragmentée, se métamorphose en un système d’idées qui revêtent des formes et des couleurs qui échappent à l’entendement et à la perception ?   

- Si on admet que la littérature comparée aujourd’hui, surtout dans quelques-unes de ses approximations méthodologiques, institutionnalisées par les efforts critiques des études culturelles, a  élargi le champs de la comparaison, en ce sens qu’il s’agit davantage du rapport entre la littérature, les arts et les diverses productions culturelles et symboliques, peut-on être confiant pour avancer une conception théorique sur la quelle se base un champ scientifique nouveau qui s’intéressera probablement de toutes les formes comparatives entre littérature et philosophie, et qu’on aura la possibilité épistémologique d’appeler  « littérature philosophique comparée » ou « philosophie littéraire comparée  »  ?

     Toutes ces questions, outre les préoccupations inhérentes, propres aux niveaux analytiques, méthodologiques et critiques, se situent au sein des axes de recherches suivants que le comité scientifique du colloque propose aux collègues chercheurs et académiciens nationaux et internationaux en vue d’y apporter d’autres questions, réponses et hypothèses.

  • Première section thématique : Vers un paradigme possible pour décrypter les divers rapports entre littérature et philosophie .Possibilité de paramétrer ces rapports à la lumière d’une référence théorique soutenable, ou au contraire on ne peut à cet égard que formuler des hypothèses plus ou moins pertinentes. L’idée de  « littérature philosophique » et de « philosophie littéraire comparée. »
  • Deuxième section thématique : L’écriture en tant que créativité artistique/littéraire et parallèlement, une forme de théorisation philosophique. L’idée de dissolution des frontières épistémologiques.- Le texte en tant que synthétisation linguistique entre la rhétorique et le concept théorique, ou plutôt entre la métaphore et l’abstraction conceptuelle. Etudes comparatifs (Textes typiques à l’appui)
  • Troisième section thématique : La question de l’intersection historique marquante entre littérature et philosophie : Etudes théoriques et analytique : Les formes des interactions-les caractéristiques-les contextes et les questions critiques…..
  • Quatrième section thématique : Archétypes d’une philosophie littéraire et d’une littérature philosophique. Etudes appliquées sur des textes de dissertation théoriques ou de production imaginaire.      

 

  • Coordonnateur du colloque : Pr. Farid Lamrini
  • Comité scientifique :
  • Pr.Farid Lamrini – Coordonnateur
  • Pr.Hassan Banhakeia
  • Pr.Abouabdessalam El Idrissi
  • Pr. Abdelhamid Youyou
  • Pr. Ali Seddiki
  • Pr. El Hossaien Farhad

 

  • Comité d’organisation :
  • Pr. Farid Lamrini  
  • Pr. Hassan Banhakeia
  • Pr.Abouabdessalam El Idrisi
  • Pr. Abdelhamid Youyou
  • Pr. Ali Seddiki
  • Pr. El Hossaien Farhad
  • Pr.Belkacem Eljattari  
  • Pr.Youssef Taghzaoui
  • Pr. Abdellatif Taliouane

- Dates importantes :

     - La date de réception des résumés est fixée au 30 Septembre 2016. Envoyer environ de 500 mots  (10 à 15 lignes) + Formulaire d’inscription dûment rempli (ci-joint) + CV abrégé.

- L'avis du comité scientifique sur les propositions acceptées sera communiqué aux auteurs au plus tard le 15 Octobre 2016.

- La réception des papiers : Texte intégral (Article) est fixée au plus tard au

28 Février 2017.

-L’avis du comité scientifique sur les papiers acceptés définitivement, sera communiqué aux auteurs, au plus tard  le 30 Mars 2017.

- La tenue du colloque  sera le Mercredi 03 et Jeudi 04 Mai 2017.

-Le comité d’organisation prend en charge le logement et la restauration des participants pendant les deux jours du colloque.

- Contact :

     -Les propositions de communication doivent être adressées au coordonnateur général du colloque, sur l’une des deux adresses  suivantes:

-Pr. Farid Lamrini,   

E-mail, farid_lamrini@yahoo.fr ,   f.lamrini@ump.ma

 

  • Format des propositions :

Les propositions de communication intégrale sous format Word, taille 12, Times New Roman (12 pages maximum, y compris la bibliographie et les illustrations) devront comprendre les éléments suivants :

1) Les coordonnées précises de l’auteur ;

2) Le titre de la communication ;

3) Le résumé ; abstract : Les mots-clés- Hypothèse de recherche-problématique principale-Méthodologie et approche probables adoptées. 

-Publication :

  • une sélection de communications sera publiée par les organisateurs, après le colloque. Elle ne concernera que les articles dont le résumé et le texte intégral auront été envoyés dans les délais, et validés auparavant par le comité scientifique.

-Les Langues du colloque :

  • Arabe, Français. Les textes rédigés en Anglais et en Espagnol sont admis, sauf que leurs présentations devront se faire en français ou en Arabe.

Royaume du Maroc

Université Mohamed Premier – Oujda

Faculté pluridisciplinaire de Nador

  • Colloque international :

Littérature et philosophie : Repérages critiques

Nador : 03-04 Mai  2017

FORMULAIRE D’INSCRIPTION

 

  • Prénom…………………………………………………..
  • Nom……………………………………………………..
  • Profession………………………………………………..
  • Etablissement d’origine…………………………………….
  • Pays………………………………………………………….
  • Adresse personnel………………………………………….
  • N° de téléphone / Fax……………………………………..
  • Adresse électronique………………………………………..
  •  Axe de recherche choisi…………………………………….
  • Intitulé de la communication…………………………………….
  •  

  • RESPONSABLE :

    Faculté pluridisciplinaire de Nador-Université Mohamed Premier-Maroc

URL DE RÉFÉRENCE: http://www.fpn.ma/

Source: Fabula
Écrire/inscrire : écritures plurielles. Du Moyen Âge au début du XIXe siècle (Strasbourg)
Posted: Thursday, July 28, 2016 - 21:06

Date d'échéance pour les propositions de communication: le 4 novembre 2016.

Depuis une trentaine d’années, considérant que tout document s’inscrit dans un contexte social, les chercheurs s’intéressent aux usages sociaux de l’écrit en s’appuyant notamment sur l’étude de sa matérialité. Sans distinguer a priori les différents types d’écrits, ils les sondent pour y découvrir la trace des activités des acteurs, tentent d’en reconstituer les conditions de production, de circulation, d’utilisation et de conservation. Ils sont souvent confrontés à des feuillets sur lesquels se trouvent réunies plusieurs écritures – que nous nommons « écritures plurielles » – et ils les analysent en fonction de leurs propres questionnements. Mais leurs interrogations ne concernent que rarement ces écritures plurielles elles-mêmes, d’où le projet d’en faire l’objet de cette journée d’études.

Les écritures plurielles résultent de l’intervention de plusieurs scripteurs et sont visibles sur un même document et/ou sur une même page. Elles ont pu être créées dans un temps court, par exemple lorsqu’un ambassadeur ajoute de sa main un post-scriptum sur une dépêche rédigée par son secrétaire, ou dans un temps plus long, dans le cas d’une chronique pour laquelle les continuateurs se succèdent au fil des décennies. Elles peuvent être le fruit d’une écriture collaborative, ou de "continuelles révisions et (...) continuations d’œuvres toujours ouvertes" (Chartier Roger, La main de l’auteur et l’esprit de l’imprimeur: XVIe-XVIIIe siècle, Paris, Folio, 2015, p. 18). Étudier les écritures plurielles signifie donc prendre en compte les documents écrits dans leur diversité, en se tenant à distance des catégories (écrits privés, publics), des genres (mémoires, documents nécrologiques...) et des domaines de savoir (juridique, littéraire, scientifique...) qui conditionnent trop souvent notre manière d’interpréter les textes du passé (GRIHL, Ecriture et action. XVIIe-XIXe siècle, une enquête collective, Paris, Éditions de l’EHESS, 2016, p. 9). Ainsi, un nécrologe présente à la fois un calendrier perpétuel figé par le moine qui l’a conçu et la liste des défunts qu’allongent au fil du temps les scripteurs successifs. Certains livres manuscrits ou imprimés accueillent dans leurs marges et leurs interlignes des annotations du (des) lecteur(s). On peut encore trouver, sur une dépêche ministérielle, la signature d’un ministre côtoyant l’écriture de son secrétaire, scripteur du corps du texte, ainsi que plusieurs annotations d’autres commis du bureau destinataire. Des phénomènes semblables peuvent s’observer dans une correspondance familiale où, sur une lettre qu’il a reçue de son fils, un père griffonne un accusé de réception et un résumé de sa réponse....

Étudier les écritures plurielles implique de tenir compte de leur dimension matérielle, intellectuelle et sociale, donc de considérer les documents du point de vue des scripteurs et des destinataires du document, ainsi que les opérations mises en œuvre par les uns et les autres plus que les contenus qu’ils recèlent (Jacob Christian, Lieux de savoir. 2, les mains de l’intellect, Paris, Albin Michel, 2010, p. 15). L’enjeu de cette journée consistera à saisir les activités, les gestes, les opérations, les procédures concrètes qui ont conduit à la coexistence de plusieurs écritures sur un même document ou/et sur une même page. En considérant que la forme, le support, la mise en page affectent profondément les usages des écrits, on cherchera aussi à comprendre les modalités de diffusion et d’interprétation de ces documents à plusieurs écritures ainsi que les significations que la société leur attribue.

Les écritures plurielles seront étudiées dans un cadre principalement européen (sans toutefois s’y restreindre) et dans la longue durée, du XIIe  siècle au début du XIXesiècle. Bien avant l’invention de l’imprimerie, la « révolution de l’écrit » des XIIe-XIIIesiècles fait de la société médiévale une société de l’écrit ; l’accroissement du nombre de textes, en particulier pragmatiques, et la hausse du nombre de scripteurs, notamment parmi les laïcs (membres des administrations urbaines/princières, marchands, écoliers, copistes des ateliers urbains, etc.) engendre aussi la multiplication de documents donnant à voir des écritures plurielles. Le tournant des XVIIIe et XIXe siècles se définit quant à lui par un double mouvement qui affecte également les écritures plurielles : d’une part le souci accru de l’individualisation de l’écriture, l’émergence du droit d’auteur, le sacre de l’écrivain, et d’autre part la révolution de la bureaucratie et le foisonnement du papier, dans l’administration par exemple.

Quelques grandes thématiques pourront être explorées:

  • les implications des écritures plurielles en termes de relations interpersonnelles entre les scripteurs : y-a-t-il écriture collaborative, collective, expression d’une hiérarchie, de conflits ?
  • les modalités pratiques de production d’écritures plurielles, les interactions entre différents stades d’écritures, les jeux d’écriture qui visent à homogénéiser le document ou a contrario à rendre visibles les différentes mains.
  • le statut d’auteur/scripteur dans le cas d’écritures plurielles, les  relations entre écriture et propriété intellectuelle.
  • les  rapports des écritures plurielles aux normes, aux modèles.
  • la présence des écritures plurielles ou leur devenir dans les copies.
  • les modalités de publication, de diffusion, de circulation des écritures plurielles.
  • les modalités de réception et de lisibilité des écritures plurielles.
  • les rapports entre manuscrit et imprimé.

 

Au-delà de la diversité des documents, de la diversité de leur lieu et de leur milieu de production, cette journée d’études entend ainsi saisir les évolutions et les caractéristiques communes des écritures plurielles, et peut-être dégager des méthodes d’analyse qui permettent de les saisir dans toutes leurs nuances grâce à un dialogue interdisciplinaire mené par des chercheurs d’horizons différents (historiens, paléographes, philologues, littéraires, etc.).

 

Organisation : Juliette Deloye et Anne Rauner (Université de Strasbourg, EA 3400 ARCHE)

 

Lieu et date : Université de Strasbourg, vendredi 9 juin 2017.

 

Comité scientifique (Université de Strasbourg) :

Thomas Brunner (EA 3400 ARCHE), Laurence Buchholzer (EA 3400 ARCHE), Isabelle Laboulais (EA 3400 ARCHE), Jean-Charles Monferran (EA 1337 Configurations littéraires), Emmanuelle Sempère (EA 1337 Configurations littéraires), Benoît Tock (EA 3400 ARCHE).

 

Envoi des propositions de communication :

Les propositions de communication, qui ne doivent dépasser 300 mots, sont à envoyer, accompagnées d’un curriculum vitae, à l’adresse suivante : ecritures.plurielles@gmail.com au plus tard le 4 novembre 2016.

ADRESSE

Université de Strasbourg

 

Poétique et imaginaire de l'enfermement (Chameaux 11)
Posted: Thursday, July 28, 2016 - 21:01

Jeunes chercheurs; date limite le 20 décembre 2016.

Pour son onzième numéro, la revue littéraire Chameaux, destinée à accueillir les articles de jeunes chercheurs (maîtrise, doctorat et postdoctorat) en études littéraires, souhaite ouvrir un espace de réflexion sur les prisons et les enfermements quels qu'ils soient, dans la production de langue française du Moyen Âge à nos jours. En effet, la prison est depuis longtemps un lieu privilégié de la production littéraire, qu’elle soit fictionnelle ou non, et a donné naissance à tout un ensemble de motifs, poétiques, postures, imaginaires, etc., que nous nous proposons d'explorer.

La prison influence la manière dont le monde est perçu, décrit et représenté, elle en détermine en effet tout le cadre spatial. Le cadre temporel y est aussi singulier en ce qu’il place un narrateur ou un protagoniste en dehors du temps quotidien et collectif. Le point de vue sur l’extérieur en vient souvent à reconfigurer la perception du présent subjectif, joignant à la limitation physique une liberté nouvelle de l’esprit et des idées – la prison stimule l’acte de l’écriture. La créativité du captif permet une prise de distance inusitée qui renouvelle le regard sur le monde, et bien qu’elle puisse être un frein à l’écriture, elle l'encourage néanmoins par son pouvoir d'émancipation. La peur engendrée dans ce cas va de pair avec une fictionnalisation du réel en tant que récit de survivance ou de postérité (littéraire et humaine). Le présent fait soit appel au futur, soit appel à l’aliénation d’un présent lancinant. Dans plusieurs cas, on conçoit que l’emprisonnement, par le biais d’une posture littéraire provoquée ou non, c’est-à-dire fictive ou non, mène à une désillusion face au présent. Si la captivité encourage bien souvent la réflexivité des auteurs, elle entraîne parfois une forme de désinvolture. On peut ici penser au Cardinal de Retz ou encore à Bussy-Rabutin qui, dans leurs Mémoires respectifs, mêlent leurs misères et la dénonciation de l'injustice de leur sort à une forme d'ironie et de détachement, faisant montre de ne pas se laisser atteindre par leur captivité.

Aussi, chez plusieurs essayistes et romanciers québécois, prenons Joseph-Guillaume Barthe, poète et patriote enfermé lors des Rebellions de 1837, ou Gérald Godin, poète et homme politique arrêté en octobre 1970, on remarque une tendance à faire de la prison un lieu de l’entre-deux : au moment d’écrire un journal en prison, ceux-ci prennent une distance face au drame collectif en vivant intimement le drame de leur emprisonnement. Arrimant de manière surprenante l'enfermement à la libération intellectuelle et littéraire, les auteurs voient s’enclencher un décloisonnement littéraire au moment même de l’emprisonnement physique.

La prison peut aussi s'envisager dans les rapports qu'elle entretient avec d'autres thèmes : l'amour en est un particulièrement évident. Il n'y a qu'à penser au motif médiéval de la prison d'air, tel qu’il s’incarne notamment dans l'épisode de la Joie de la cour qui clôt le roman Erec et Enide de Chrétien de Troyes en lui offrant une ultime résolution. Le motif de la prison d'air permet ici de réconcilier les armes et l’amour dans la vie du chevalier en palliant le déséquilibre initial. Néanmoins, tous les amoureux qui cherchent à tenir l'être aimé en captivité ne connaissent pas une fin aussi heureuse que dans ce roman arthurien. Pensons entre autres à La Prisonnière, le cinquième tome d'À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, où le narrateur, faute de pouvoir véritablement sonder le cœur d'Albertine, cherche à en contrôler le corps en la gardant chez lui. Or, si dans cet exemple la captivité rendait impossible le plein épanouissement de l'amour, le motif de la prison heureuse de La Chartreuse de Parme inverse complètement ce rapport. En effet, Fabrice del Bongo, parce qu'il peut observer Clélia du haut de la tour Farnèse, connaît ironiquement le bonheur en prison, allant jusqu'à y préférer son séjour à la liberté.

La notion de captivité pourra être explorée de manière plus abstraite, plus éloignée du lieu même de la prison, que ce soit une cyclicité dans laquelle un personnage serait emprisonné, ou encore dans tout autre phénomène qui pourrait s'y apparenter. En gardant à l’esprit que la prison est un lieu pluriel et un lieu de retrait particulièrement fécond, il s’agira, pour ce onzième numéro de la revue Chameaux, de montrer de quelle(s) façon(s) l'enfermement peut se constituer en un enjeu littéraire à part entière.

Les contributions devront prendre la forme d’analyses (ton universitaire) ou d’essais (ton plus personnel) ; elles sont attendues pour le 20 décembre 2016. La parution du onzième numéro est prévue pour le printemps 2017. Vous pouvez soumettre vos contributions en ligne ou nous les faire parvenir à l'adresse suivante : chameaux@lit.ulaval.ca. N’hésitez pas à nous écrire à cette adresse si vous souhaitez obtenir plus d’informations. Nous vous invitons également à conformer votre texte au protocole éditorial de la revue avant de le soumettre. Veuillez prendre note que les propositions d’articles ne seront pas évaluées, mais seulement les textes entiers.

Alexandra Guité-Verret (Université de Montréal)

Louis Laliberté-Bouchard (Université McGill)

http://revuechameaux.org

Source: Fabula

CfP, Graduate conference: "The Fine Art of Lying: Disguise, Dissimulation and Counterfeiting in Early Modern Culture"
Posted: Thursday, July 28, 2016 - 20:51

Florence, 7 April 2017. Proposals due 31 October 2016.

The 2017 IASEMS Graduate Conference at The British Institute of Florence is a one-day interdisciplinary forum open to PhD students and researchers who have obtained their doctorates within the past 5 years.

Dissimulation is but a faint kind of policy, or wisdom; for it asketh a strong wit, and a strong heart, to know when to tell truth, and to do it. Therefore it is the weaker sort of politics, that are the great dissemblers! (Francis Bacon, “Of Dissimulation”)

Throughout history the question of what a lie is and whether it is wrong to lie has been the subject of a lively debate among Western philosophers and theologians. In antiquity, lying has been often stigmatized and condemned on religious, moral and legal bases: it is a sin, a transgression, a criminal offense and therefore intrinsically wrong and morally reprehensible. Contrary to this absolutist position, held by philosophers such as Augustine and Kant, the utilitarian perspective, put forth by Bentham and Mill in the nineteenth century and expanded by J.L. Austin in the twentieth century, proposes that the concept of lying and its moral implications are context dependent and defined by social conventions. The aim of the conference is to explore lying and related concepts such as falsehood, deceit, disguise, dissimulation, counterfeiting, the role they have and the values they entail in early modern culture.

Discussions on lying also imply a range of other issues and questions concerning truth, its attainability and the meaning of its attainment; and notions of trust, faith, belief. During the conference we want to reflect on these topics and also explore creative ways of eluding the prohibition of lying through linguistic and rhetorical strategies such as, for instance, equivocation and amphibology. We welcome contributions addressing (but not necessarily restricted to) the following topics:

  • The confession and condemnation of lies
  • Justifications for lying
  • Lying to enemies, liars
  • Lies protecting family, friends and the public good
  • White lies
  • Dissimulation of religious belief and unbelief
  • Counterfeiting and propaganda
  • The use of dissimulation in politics
  • Truth and falsehood in early modern news
  • Metatheatre and embedded plays
  • Disguise on early modern stage and in prose fiction
  • Literary dissimulation and its linguistic implication

Candidates are invited to send a description of their proposed contribution according to the following guidelines: Please provide name, institution, contact info, title and a short abstract of the proposed contribution (300 words for a 20-minute paper), including a short bibliography. Abstracts are to be submitted by 31 October 2016 by email to ilaria.natali@unifi.it. All proposals will be blind-vetted. The list of selected papers will be available by 30 November 2016. Each contribution is to last no longer than 20 minutes and is to be presented in English; candidates whose first language is not English are kindly asked to have their paper revised by a native speaker. Participants will be asked to present a final draft of the paper two weeks before the Conference.

SELECTED SPEAKERS WHO ARE IASEMS MEMBERS CAN APPLY FOR A SMALL GRANT. PLEASE CONTACT ALESSANDRA PETRINA AT alessandra.petrina@unipd.it and LAURA TOSI AT tosilaur@unive.it.

Source: RSA

CfP: New book series, Renaissance History, Art & Culture
Posted: Thursday, July 28, 2016 - 20:43

General Editors: Christopher Celenza; Samuel Cohn, Jr.; Andrea Gamberini; Geraldine Johnson; and Isabella Lazzarini.

This series investigates the Renaissance as a complex intersection of political and cultural processes that radiated across Italian territories into wider worlds of influence, not only throughout Western Europe, but into Eastern Europe, the Middle East, Asia, the Indian subcontinent and the Americas. It is alive to the best writing of a transnational and comparative nature and crosses canonical chronological divides. The intent of the series is to spark new ideas and encourage debate on the meanings, extent and influence of the Renaissance within Europe, broadly defined, and the wider world. It encourages engagement by scholars across disciplines—history, literature, art history, musicology, and even the social sciences—and focuses on ideas and collective mentalities as social, political, and cultural movements that shaped a changing world from ca. 1250 to 1650.

For more information, or to submit a proposal, please contact one of the acquisitions editors: Tyler Cloherty, tcloherty@arc-humanities.org, or Erika Gaffney, Erika.Gaffney@arc-humanities.org. Or, visit http://en.aup.nl/series/renaissance-history-art-and-culture.

Source: RSA

New Publications

Histoire des polices en France. Des guerres de Religion à nos jours, dir. Vincent Millot
Posted: 29 May 2020 - 12:57

Avec Emmanuel Blanchard, Vincent Denis et Arnaud-Dominique Houte. Belin, coll. « Références », 2020. ISBN : 978-2-410-01143-2. 584 p. 41€.

Comment s’est construit l’ordre public en France ? Des Croquants aux Gilets jaunes, la monarchie, les deux empires et les cinq républiques ont fait face au défi des « émotions » et des révoltes, mais aussi à une attente de paix civile et de sécurité… Quatre spécialistes proposent une histoire inédite des polices, inscrite dans la longue durée, une histoire attentive aux événements du quotidien, aux grandes affaires comme au fracas des crises politiques et sociales.

Le lecteur découvrira la vie, les ressources, les méthodes et la culture des forces de l’ordre – police, maréchaussée, gendarmerie – chargées d’assurer le contrôle des populations, leur encadrement, leur répression ou leur sécurité.

Ouvert aux comparaisons comme à l’étude des circulations internationales, ce livre fait la part belle aux échanges avec d’autres polices européennes et, pour la première fois, aux espaces colonisés, en Amérique, en Afrique et en Asie. Il décrit la « longue marche » d’une professionnalisation amorcée dès l’Ancien Régime avec la création du lieutenant général de police et la diversité des solutions débattues puis mises en œuvre pour réguler villes et campagnes.

Vivant et richement illustré, l’ouvrage propose aussi un « Atelier » qui détaille les sources et leurs usages, parcourt les fronts pionniers de la recherche, rend compte des débats historiographiques les plus actuels.

https://www.belin-editeur.com/histoire-des-polices-en-france#anchor1

Frédéric Lelong, DESCARTES ET LA QUESTION DE LA CIVILITÉ. La philosophie de l'honnête homme
Posted: 20 May 2020 - 10:54

Honoré Champion, 2020. ISBN 9782745352835. 246 p. 45€.

La philosophie de Descartes est souvent associée à l’image d’une rationalité ascétique, fondée sur un exercice solitaire de la pensée, et hostile par principe aux passions humaines comme au sens commun. Cette image d’une rationalité hautaine, qui n’aurait rien à voir avec la tradition humaniste issue de la Renaissance, est celle que le présent ouvrage entend remettre en question. L’oeuvre de Descartes s’y trouve éclairée par la problématique humaniste de la civilité et par son effort pour définir un moyen terme vertueux entre une censure ascétique de la nature humaine et un abandon à la spontanéité aveugle de la sensibilité.

Dégager la perspective d’une « civilité de la raison cartésienne », c’est aussi s’efforcer de construire pour l’humanisme un fondement métaphysique et rationnel, lié tout à la fois à l’idée théologique d’une « bonne nature » et à une description phénoménologique de notre expérience du monde. Aussi s’agit-il de restituer non pas seulement le dessin doctrinal et argumentatif de la philosophie de Descartes, mais également la couleur et la vitalité associées aux tonalités éthiques et affectives d’une écriture à travers laquelle seule se délivre la conception cartésienne de la subjectivité.

Frédéric Lelong, agrégé de philosophie, est docteur des universités de Paris I et de Neuchâtel. Il enseigne actuellement en lycée dans l’académie de Créteil. Il est l’auteur d’études sur l’humanisme de la Renaissance, sur Descartes et sur la lecture qu’en propose la phénoménologie contemporaine.

https://www.honorechampion.com/fr/11224-book-08535283-9782745352835.html

Ouverture du site « Voix du Mercure galant »
Posted: 17 May 2020 - 18:14

http://www.voix-du-mercure-galant.org/

Les « Voix du Mercure galant » sont nées d’un pari et d’une expérience.

Réseau social avant l’heure, le Mercure galant, mensuel fondé par J. Donneau de Visé en 1672, s’est nourri de l’activité des « ruelles » puis des salons de la fin du XVIIe siècle, lieux de sociabilité déterminants pour la production littéraire et musicale. Les textes publiés dans le Mercure galant sont aujourd’hui étudiés, notamment sous l’angle de la galanterie. Les airs font eux aussi l’objet d’analyses sérielles ou spécifiques. Cependant, l’ensemble de cette production reste muette. Les airs demeurent peu connus du public et des musiciens, les textes sont presque toujours appréhendés à partir d’une lecture silencieuse. Or la plupart d’entre eux étaient destinés à la lecture à haute voix, certains étaient conçus oralement et beaucoup étaient même rédigés collectivement. Rendre ces textes et ces musiques à leur nature sonore leur restitue une dimension sensible, qui modifie la perception que nous en avons. Le pari consiste donc à nous donner collectivement les moyens d’écouter des extraits du Mercure galant et, au-delà du plaisir sonore, de réinterroger ces textes et ces musiques à l’aune d’une perception modifiée par l’écoute. L’approche génétique, comme l’analyse de la valeur, l’étude de la réception ou encore la réflexion sur les phénomènes de réemploi, pourraient s’en trouver modifiées.

L’expérience collective du confinement, qui compromet la vitalité de l’activité artistique et bouleverse le rapport à soi et aux autres, a été l’occasion de lancer une expérience participative. « Le Mercure confiné », expérimentation scientifique, artistique et ludique, a invité musiciens, comédiens, lecteurs, amateurs et professionnels, passionnés du XVIIe siècle ou simples curieux, à lire, déclamer, chanter, jouer les airs, les fables, les histoires galantes, les lettres, les nouvelles qui composent le Mercure galant, avec les moyens artistiques et techniques très limités qui sont les nôtres actuellement, pour partager, malgré l’isolement, ces interprétations, et faire ainsi écho au salon dématérialisé qu’a été le Mercure galant.

Le site Voix du Mercure galant publie ces premières contributions et poursuit l’aventure, dans des conditions qu’on espère meilleures. Une fois retrouvés sa basse continue, son souffle ou ses compagnons de musique, des séances d’enregistrements seront proposées à ceux qui le souhaiteront, ainsi qu’aux étudiants et aux élèves des conservatoires. La rubrique ‘récitation’ s’adresse spécialement aux enfants ; les instrumentistes peuvent aussi interpréter les succès du temps évoqués dans le Mercure galant, les chanteurs proposer d’autres airs contemporains.

Vous êtes collectivement invités à participer !

Pour accompagner les Voix du Mercure galant dans leur découverte de ces objets virtuellement sonores, le programme Mercure galant de l’IReMus (Institut de recherche en musicologie, CNRS) met à disposition des ressources numériques issues de l’édition parisienne du Mercure galant, édition également accessible sur Gallica :

Une édition en TEI, publiée par l’OBVIL, des articles relatifs à la littérature, à la musique et à la vie artistique, enrichie des planches publiés dans le périodique : 737 airs en fac-similés et bientôt, 474 estampes,

Une édition moderne, en cours, des partitions.

S’y ajouteront bientôt une indexation fine des articles sur la musique et les spectacles, qui s’appuiera sur un vaste ‘référentiel’ de l’Ancien Régime entièrement interopérable. 

À ce jour, la fouille du texte en accès libre est limitée. Toutefois, l’équipe « Mercure galant » de l’IReMus peut vous aider dans la recherche d’informations, de textes ou de musiques, en fac-similés ou en notation moderne.

Contact : mercure.galant.2020@gmail.com

Noah D. Guynn, Pure Filth: Ethics, Politics, and Religion in Early French Farce,
Posted: 15 May 2020 - 11:17

University of Pennsylvania Press, collection "Middle Ages Series", 2019. ISBN 9780812251685. 272 p. $69.95.

As Noah D. Guynn observes, early French farce has been summarily dismissed as filth for centuries. Renaissance humanists, classical moralists, and Enlightenment philosophes belittled it as an embarrassing reminder of the vulgarity of medieval popular culture. Modern literary critics and theater historians often view it as comedy's poor relation—trite, smutty pap that served to divert the masses and to inure them to lives of subservience. Yet, as Guynn demonstrates in his reexamination of the genre, the superficial crudeness and predictability of farce belie the complexities of its signifying and performance practices and the dynamic, contested nature of its field of reception. Pure Filth focuses on overlooked and occluded content in farce, arguing that apparently coarse jokes conceal finely drawn, and sometimes quite radical, perspectives on ethics, politics, and religion.

Engaging with cultural history, political anthropology, and critical, feminist, and queer theory, Guynn shows that farce does not pander to the rabble in order to cultivate acquiescence or curb dissent. Rather, it uses the tools of comic theater—parody and satire, imitation and exaggeration, cross-dressing and masquerade—to address the urgent issues its spectators faced in their everyday lives: economic inequality and authoritarian rule, social justice and ethical renewal, sacramental devotion and sacerdotal corruption, and heterosocial relations and household politics. Achieving its subtlest effects by employing the lewdest forms of humor, farce reveals that aspirations to purity, whether ethical, political, or religious, are inevitably mired in the very filth they repudiate.

Noah D. Guynn is Professor of French and Comparative Literature at the University of California, Davis.

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Table of Contents

A Note on Sources

Introduction. The Many Faces of Farce Chapter 1. The Wisdom of Farts: Ethics and Politics, Farce and Festive Comedy Chapter 2. A Justice to Come: Messianism and Eschatology in Maistre Pierre Pathelin Chapter 3. Sacraments and Scatology, Faith and Doubt: Andrieu de La Vigne's Mystère de Saint Martin and Its Farces Chapter 4. Making History: Misbehaved Women, Well-Behaved Women, and the Sexual Politics of Farce Afterword. Against Protoforms

Notes Works Cited Index Acknowledgments

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Excerpt [uncorrected, not for citation]

Introduction The Many Faces of Farce

Society is a very mysterious animal with many faces and hidden potentialities, and . . . it's extremely shortsighted to believe that the face society happens to be presenting to you at a given moment is its only true face. None of us know all the potentialities that slumber in the spirit of the population. —Václav Havel

In seeking to understand the culture of farce in late medieval and early modern France, we could do no better than to start with the guidon, or "heraldic flag," of the festive and theatrical society known as the Infanterie Dijonnaise, or La Mère Folle de Dijon. On one side of the guidon (Figure 1), we find Mère Folle herself, wearing robes in the signature colors of folly (red, yellow, and green), a fool's cowl (with eared hood, scalloped collar, and jingle bells), a crescent moon-shaped wimple (to evoke lunacy), a long flowing scarf, and a Carnival mask. She is surrounded by the four keepers of the winds, whose cherubic, disembodied faces peer out at her from dark, menacing clouds and whose exhalations appear to have caused her hood to blow off, her scarf to unfurl, and her mask to come undone. Seemingly unperturbed at being thus bombarded and exposed, her face retains the inscrutability of a mask, even as she dexterously uses three fols, or "bellows," to direct her own blasts of wind at the cherubs. The fols are an apt symbol for her, as they suggest a verbal-visual pun on fol/folie. They may also refer to the folliculus, or "scrotum," reminding viewers that all members of the Infanterie were men, even if their sovereign presented as a woman, with porcelain skin, narrow shoulders, and pendulous breasts.

On the reverse side of the guidon (Figure 2), we find two well-muscled acrobats, followers of Mère Folle who perform their own blustery, topsy-turvy version of foolishness. Like their commander, they wear fool's colors and eared hoods and are surrounded by the keepers of the winds. They have made no attempt to mask themselves, however, but have instead lowered their breeches to expose the lurid sight of their round, dimpled, shining ass cheeks. As if to prevent us from looking away, they contort themselves to ensure we will see as much of them as possible. The one fool holds the other upside down in his arms, and both men are twisted so that each may turn toward us while blowing a fart in his partner's face. The pleasure they derive from their antics is evident, especially for the upended fool, who smiles beatifically as he inhales deeply through a pert, upturned nose. The flatus itself is rendered visible, using the same white brushstrokes that depict the squalls emanating from the mouths of the keepers of the winds. As if in imitation of the acrobats, the cherubs cock their heads and turn their faces toward us as they offer a gusty retort.

It would be tempting to read the guidon as an expression of senseless vulgarity and escapist humor: a thumbing of the nose at moral seriousness, a mooning of the buttocks at the dark clouds of adversity, or a tooting of the sphincter at the variable winds of fortune. Indeed, even the cherubs seem to be laughing at the acrobats' absurd hijinks: their faces are lit up with simpering smiles, as if to indicate that they, too, can be lured in by fatuous (and flatulent) human games and that Mère Folle can make fools of both Lady Nature and Lady Fortune. We should not be too quick to dismiss the Infanterie as a band of rascals and wags, however, or as purveyors of vacuous jokes and gratuitous laughter. On the contrary, as Juliette Valcke has shown, their institutional mission was characterized by ethical, political, and religious depth, if not exactly gravity. Their aim was to use ludic ritual and comic theater "to establish a true moral jurisdiction over their fellow citizens" (15), to inveigh against "misconduct of all sorts" (55) and at all social levels, and to animate religious feasts by inspiring collective acts of devotion. The wind cherubs may themselves signal the spiritual inflection of the Infanterie's activities, inserting reminders of messianic revelation into popular festivity: Daniel's vision of "the four winds of the heaven" as the social agitations that herald the Apocalypse (Dan. 7:2); God's promise that the "spirit" will come "from the four winds" and enable "[the] slain" to "live again" (Ezek. 37:9); Christ's prophecy that the "Son of man" will send angels to "gather together his elect from the four winds" (Mark 13:27); and John's prediction that the angels of doom will hold back the "four winds of the earth" for the faithful (Rev. 7:1), only to unleash them afterward against the wicked (Rev. 8:5).

While modern viewers may find it difficult to understand how the Infanterie could use scatological foolishness to conjure eschatological truths, the fact is that the two registers are not as distinct as they may seem and were not necessarily in conflict in medieval and early modern culture (Morrison). If Mère Folle blurs the relationship between face and mask, reality and illusion, spirit and wind, so, too, does the Messiah, whose identity is known only to "the Father" (Mark 13:32), who is difficult to distinguish from "false prophets" with their bogus "signs and wonders" (Matt. 24:24), and whose spirit takes the form of "a mighty wind" (Acts 2:2) that "breatheth [or perhaps, breaketh] where he will" (John 3:8). Likewise, if the acrobats turn one another and the world upside down, confounding faces with buttocks, mouths with assholes, breath with flatus, they also remind us that the devout "are made a spectacle to the world and to angels and to men" (1 Cor. 4:9)—indeed, that they make themselves "fools for Christ's sake" (4:10) in order to show the world that its "wisdom . . . is foolishness with God" (3:19). Just as Christ may be confused with the Antichrist, miracles with make-believe, and the godly with the mad, so, too, may truth be found in bluff, faith in doubt, profundity in the fundament, and theological understanding in the most sordid and inane of spectacles.

These are essential insights for anyone wishing to understand the preposterous, unbridled, and scurrilous aesthetic of early French farce. Judged according to classical aesthetic standards, this would appear to be the most vulgar, primitive, and formulaic of theatrical genres. To begin with, farce characters are generally devoid of psychological complexity, are used to embody crude stereotypes, and often bear no other name than the social category to which they have been subsumed: wife, husband, priest, cobbler, miller, and so on. What's more, farce plots, rarely more than an hour long, are typically vulgar and predictable in the extreme, crafting flimsy scenarios around sexual and scatological jokes, cynical and repetitive proverbs, and unlikely forms of social inversion: wives who best (or beat) their husbands, servants their masters, tenants their landlords, and so on. Finally, farces indulge in a great deal of vulgarity, buffoonery, and mischief, apparently without concern for, and sometimes openly ridiculing, the more obviously elevated and edifying content found in morality, miracle, and mystery plays. With nearly two hundred surviving scripts and countless others lost to history, farce was plainly the most favored genre of early French comic theater. And with audiences drawn from all social ranks and milieus (from the working poor to the haute bourgeoisie, from university students to petty aristocrats, from fraternal associations to royal courts), it was the most pervasive one as well. Yet to modern audiences familiar with the moral and sentimental comedies of Corneille and Molière, and neglectful of the latter's indelible early training as a farceur (Rey-Flaud, Molière), the aesthetic and social impact of farce may seem rather limited: an hour of strutting upon the stage, a tale told by an idiot signifying nothing.

This book seeks to reclaim the aesthetic and social complexities of French farce by focusing on thematic content related to ethics, politics, and religion. I argue that farce's repetitive and even obsessive focus on social clichés, moral depravity, le monde à l'envers, and le bas corporel does not make it a naïve, crude, or primitive theater or a mere diversion for the rabble. On the contrary, it is a highly intricate, deeply self-conscious cultural form that can accommodate, and indeed depends upon, multiple, conflicting modes of interpretation. In the ensuing pages, I argue that, even as farce illustrates the depravity of human behavior and constructs fictional worlds devoid of kindness, tolerance, and love, it also lends comic resonance to the most august sources of Christian moral wisdom: scripture, liturgy, theology, hagiography, and sacraments. As with other, traditional forms of religious humor—for instance, the medieval risus paschalis: burlesque homilies, lewd jokes, and theatrical entertainments that commemorated Christ's Resurrection by filling the church with levity and laughter (O'Connell)—farce parodies and ridicules, even as it revitalizes and extends, sacred texts, themes, and rites. It also embraces contradictory modes of political engagement. If, on the one hand, it finds rowdy humor in the undermining of authority, the overturning of hierarchies, and the repudiation or transgression of social norms, on the other hand, it demonstrates that inverted hierarchies are hierarchies nonetheless and that anarchic wit depends upon the inevitability of political domination in the temporal world.

Problems of interpretation in turn yield problems of classification: contradictory readings are so densely intertwined in farce that it becomes difficult, if not impossible, to categorize individual works as either normative or subversive, conservative or radical, or to determine what ideological goals they would have aimed at or achieved in performance. Many farces appear simultaneously to stabilize and destabilize, affirm and oppose established values, traditions, and institutions. Even as they allow spectators to participate imaginatively in staged rebellion, they offer reminders that in real life, dissidence will provoke a coercive response unless it remains latent, silent, or invisible. The latency of resistance in farce can itself be read in contradictory ways—as an acknowledgment that the ruling classes are capable of imposing docility on subalterns, or alternatively as a reminder that subaltern resistance can never be fully eradicated and retains its power precisely because it can be so difficult to detect.

The cynicism of this political outlook (farce's apparent belief in endless antagonism and injustice) is in turn counterbalanced by a tendency in many works—including Maistre Pierre Pathelin, the undisputed, and by some accounts the only, masterpiece of the genre—to focus implicitly or explicitly on ethical, religious, and messianic themes. This includes Jesus's prophecy (in all three synoptic Gospels) that in the Kingdom of Heaven the first will be last and the last first (Matt. 19:30, 20:16; Mark 10:31; Luke 13:30), as well as Mary's prophecy (in the Magnificat canticle) that at the end time her son will unseat the mighty and exalt the humble (Luke 1:52). Tellingly, even these themes can be classified in disparate ways—as licensed and innocuous forms of folk religion or as insidious and disguised forms of political agitation; as the opiate of the masses, fostering belief in a future justice that will remain perpetually on the horizon, or as the veiled expression of hidden struggles, nourishing the desire of subordinates to resist their subordination in remembrance of Christ himself. To echo Václav Havel (who knew a thing or two about creative, ludic, and veiled expressions of dissent), early French farce, like the societies that reveled in its foolish humor, is a "mysterious animal with many faces" (109), none of which can be said to be the real or authentic one, and each of which is in some sense a mask.

My goal in this book is to revalue farce and the urban popular cultures in which it flourished by scrutinizing these many faces, by probing the genre's manifest and latent forms of social and cultural mediation, and by attempting to reconstruct its often contradictory ethical, political, and religious investments. Following Pamela Allen Brown, who in turn cites Stuart Hall, I take popular culture to encompass "any text or performance that became familiar in part because it was either cheap, or free to be heard, seen, or performed oneself" (18); that was, by dint of social and stylistic accessibility, likely to "[circulate] through multiple trajectories" (18); and that is misrepresented, therefore, by "self-enclosed" critical approaches that analyze "cultural forms as if they contained within themselves, from their moment of origin, some fixed and unchanging meaning or value" (Hall 237). True, farces were sometimes staged for restrictive, elite audiences: French kings from Charles VI to Louis XIV are known to have been passionate admirers of the genre (Rousse, "Pouvoir"); and Pathelin itself may originally have been conceived for the court of René d'Anjou (Roy). Still, their usual ambit was considerably more expansive and diverse. Performances were regularly sponsored by urban institutions that were anything but static, monolithic, or acquiescent: colleges, universities, guilds, confraternities, youth associations, and the festive societies Natalie Zemon Davis has dubbed the "Abbeys of Misrule" (97-123). The occasion for a performance was often a religious festival—most famously, Carnival—that sanctioned, or at least tolerated, hierarchical inversion, social mobility, and political disruption. Finally, farces would customarily, if not exclusively, have been staged in open-air or broadly accessible spaces that could not easily restrict attendance or control audience response. Even plays that were performed behind closed doors often circulated beyond them, as witnessed by the fact that Pathelin yielded at least two popular sequels and multiple print editions that may well have been hawked by vendors in the streets (Rousse, "Pathelin" 18-19). Indeed, regardless of where they were put on (in a castle in Anjou, an assembly hall in Paris, a public square in Dijon, or a jury-rigged playing area in a small provincial town), farces were composed in an idiom that all could understand, appreciate, and share, and that was well suited to the heterogeneous, wayward, and often unruly popular audiences for which the period is known (Enders, Death 105-17; L. Muir, "France" 325-27). As we shall see, moreover, despite an apparent penchant for hackneyed themes and plots, the extant playscripts typically respond in creative, experimental, and largely untotalizable ways to the symbolic structures, subjective differences, and ideological fault lines that characterized French urban life on the threshold to modernity.

Unfortunately, farce's aesthetic and social complexities have nearly always been lost on learned scholars. From Renaissance moralists to Enlightenment philosophes, from Romantic philologists to modern theater historians, intellectuals of all stripes have heaped reproaches upon farceurs, accusing them of pandering to the rabble, degenerating public morals, and violating norms of civility and taste (Rey-Flaud, Farce 1-10). True, attitudes toward farce (and late medieval theater generally) have shifted considerably over the past thirty years or so, thanks to rigorous historical research from scholars like Jelle Koopmans, Marie Bouhaïk-Gironès, Katell Lavéant, and Sara Beam; to Jody Enders's pioneering explorations of rhetoric and law, memory and violence, imitation and enactment, performativity and ethics on the early French stage; to Koopmans's rediscovery and reedition of the Recueil de Florence, a collection of fifty-three farces that went missing in the 1920s (see A Note on Sources, above); and to Enders's deeply learned and deliciously irreverent modern English adaptations of two dozen of the best plays (the beginning of a much-anticipated series). And yet despite a profusion of scholarship that aims to bring neglected material to light and to disabuse us of centuries' worth of prejudice and misconception, we have not entirely discarded the "self-enclosed" critical perspectives that tend to bridle, diminish, and distort popular culture.

Thus, E. Bruce Hayes argues in a recent monograph that "the world of farce does not move beyond the quotidian and the domestic" (15); that it exhibits a "pervading pessimism that does not promote change, but instead scorns anything that could be construed as new or innovative" (15); and that it took a figure like Rabelais to realize the subversive potential of farce, in part by narrativizing it and removing it from the stage. Invoking Peter Burke's claim that popular culture was essentially "conservative" in nature (230), "as if people believed that the system could not change" (234), Hayes argues that "traditional farce . . . offers little in terms of 'new ways of thinking about the system'" (6, citing N. Davis 143). Farce was radicalized only when Rabelais and the "elite group of reform-minded humanists" with which he was associated (7) "recognized [its] potential to be transformed into a political weapon to be used against entrenched institutions" (6).

Of course, one might dismiss Hayes as a chauvinistic seiziémiste whose account of the conventionality and quietism of medieval farceurs enables him to exaggerate the achievements of Renaissance humanists, even as it requires him to minimize the extensive historical, cultural, and political overlap between the two. As he rightly notes, however, many card-carrying medievalists have made similar claims, arguing that if farce has an ethics and politics, they must be mechanical, instrumentalist, and conservative in nature, serving, on the one hand, to reinforce established norms through negative examples and, on the other, to attenuate, suppress, and purge disruptive impulses (Aubailly, Théâtre 181-89; Rousse, Scène 253-60; Knight, Aspects 41-67; Mazouer, Moyen Âge 347-58, Renaissance 130-44). This view is echoed, moreover, by Jessica Milner Davis in the most influential transhistorical study of the genre. For Davis, "the style of humor in farce is essentially conservative," meaning it "tends to restore conventional authority, or at least to save that authority's face, at the end of its comic upheavals" (3). If it disallows "airs and pretences," and often ridicules the wealthy and powerful, it also precludes any "preaching for a revolution" (3), calling instead for a "cheerful ending" with "no offence given or taken" (46).

And yet tenacious as this reading of farce may be, it is predicated on a rather flimsy essentialism, by which I mean it endows a historically extensive, socially pervasive, and inherently ephemeral and interactive performance tradition with a predetermined, uniform set of intentions and outcomes. Or as Havel would put it, the reading claims to know "all the potentialities that slumber in the spirit of the population" (109) and denies to the supposedly benighted hoi polloi the capacity to imagine alternative social realities, or oppose existing ones, without a humanist intelligentsia to guide them. In reconsidering the aesthetic, intellectual, and social operations of the farce tradition, we would do well to abandon such an elitist and deterministic point of view and turn instead to materialist scholarship that problematizes the ways in which ideology acts through popular culture and is acted on by it.

A good place to begin might be Pierre Macherey's reading of Jules Verne; for here we learn that "a writer [or in our case, a playwright or performer] never reflects mechanically or rigorously the ideology which he represents, even if his sole intention is to represent it: perhaps because no ideology is sufficiently consistent to survive the test of figuration. And otherwise, his work would not be read [or, for that matter, performed]" (195). We might turn as well to Fredric Jameson's celebrated study of Jaws and the Godfatherfilms; for Jameson (citing Macherey) shows us that "the work of art does not so much express ideology" as endow it "with aesthetic representation and figuration" and enact its "virtual unmasking" as a cultural construct liable to internal instability and interpretive difference ("Reification" 147). Even more useful for my purposes is John Fiske's analysis of Anglo-American television series; for Fiske shows us how any attempt "to produce a coherent set of meanings and social identities around an unarticulated consensus" (320) inevitably runs afoul of the "multiaccentuality of the [ideological] sign": a "polysemic potential" that enables diverse "social groups" with diverse "social interests" to enjoy the same cultural objects even as they exercise "[the] power to construct meanings, pleasures, and social identities that differ from those proposed by the structures of domination" (320; citing Volosinov 23).

In this book, I propose a similarly materialist reading of late fifteenth- and early sixteenth-century French farces, which I take to be the expression of collective social and cultural experiences that could not be reduced to a collective or false consciousness—and would never have found an audience if they had been. As a vibrant and ubiquitous mass medium, farce could be used to shape and reshape subjective and communal awareness, civic involvement, and large-scale structures of thought and belief. It could not, however, impose passivity and consensus on spectators, nor (to quote Fiske) could it neutralize cultural and class struggle by "reduc[ing] the multiaccentual to the uniaccentual" (320). To be sure, censors and patrons often sought to restrict theatrical content, regulate performances, and condition audience response. But there is little reason to believe that they could ever master the unpredictability and evanescence of live theater long enough to create a truly stable set of representations—or that, even if they were able to do so, such representations could be used to suppress dissent or thwart change.

In fact, recent work in theater history has made quite the opposite claim. Drawing on archival evidence that has long been neglected or misconstrued, scholars have reinterpreted medieval popular theater as a uniquely privileged but also inherently volatile medium for social interaction, contestation, and transformation. As Carol Symes argues in a study of thirteenth-century Arras, the medieval "common stage" was a literally and figuratively open-ended vehicle for urban populations to gain access to publicity, to reflect on faith and morality, and to question prevailing distributions of wealth and power. Relatively unbounded and highly representative, it can usefully be compared to Jürgen Habermas's public sphere, in that the German philosopher's notion of Öffentlichkeit, "the urban 'open realm'" (Symes, Common 127), finds a rough analogue in notions the Arrageois applied to public meeting and performance spaces: ad phalam, which Symes glosses as "out in the open" or "at the . . . display place" (145), and en plaine hale, "in the open air [literally, the marketplace] and in the presence of the assembled townspeople" (207). If Habermas denies the very possibility of a medieval public sphere on the grounds that the printing press was a prerequisite for communicative rationality, Symes counters that it not only existed but was likely to have been "larger and more buoyant" than its modern counterpart (279). After all, as Edward Herman and Noam Chomsky have shown, modern mass media are subject to concentrated ownership, government sourcing, and profit imperatives, making it relatively easy for the public sphere to be hijacked by corporate and political interests. By contrast, Symes argues, Arras's public sphere was shaped by media "that could not be efficiently controlled—no matter how hard kings and canonists might try"; media that, in their interactive and dialogical liveness, endowed the community with forms of "meaningful exchange, social innovation, and political action" that modern consumer culture may well lack (279). This claim is certainly borne out by Symes's speculative reconstruction of a performance of Le garçon et l'aveugle, a kind of proto-farce in which "actors pretending to be con men pretending to be beggars"—and who may initially have been taken by onlookers for "beggars putting on a good show (the better to win alms), or con men whose begging and acting skills had been honed out of sheer necessity"—must stake out space for a performance in a crowded and boisterous public square (132-33). While we lack the evidence to prove that the play was staged as Symes imagines, her conclusion is certainly an apt one: by posing as social undesirables who nonetheless manage to win and hold the attention of an urban audience, street performers would have effectively demonstrated how "people without the power to assert themselves through more conventional means (violence, wealth) [could gain] other types of power through the use of public media" (130).

If we turn to the fifteenth and sixteenth centuries (a period for which we have a far more robust, if still uneven, record of performance conditions and practices), we soon discover that the common stage retained, and perhaps enhanced, its mediatizing and democratizing functions. For Jelle Koopmans, the profane playwrights of this era, who "invented a new tradition without knowing ancient models," can be considered "radically experimental"—indeed far more so than, say, the 1950s avant-garde, which differentiated itself from "a known and documented tradition" ("Rire" 210) even as it perpetuated many features of theatrical realism, including the proscenium stage, box sets, and a fixed system of perspective. To gain a fuller picture of the formal and ideological experimentalism of early farce—to glimpse what Koopmans calls its "unlit face" (210)—we must shift our own ossified perspectives, especially the still widely accepted "safety valve" theory, which holds that festive comedy depicts le monde à l'envers in order to confine social rebellion to the realm of make believe and to impose an aesthetics of closure that restores "everything to its proper place" at the end of the show (213; citing Mazouer, Renaissance 144).

Even a cursory examination of performance records reveals how misguided this theory is. Farceurs were regularly accused of sedition and lèse-majesté, and of performing polemical plays that sought to hinder rather than enable social integration. Those accusations seem, moreover, to have been well grounded: farce presentations led with some regularity to open confrontations with authority, eruptions of violence, and prison terms for those involved. If this, farce's dark and menacing face, has seldom been visible to modern literary critics, there are, for Koopmans, three main reasons: first, the most disruptive plays were likely never published or were suppressed after publication; second, the plays that did survive were almost certainly subject to censorship and self-censorship; and third, in reading these plays, critics have adopted taxonomic and generic modes of analysis that have tended to generalize, neutralize, or obscure subversive content, much of which is already encoded or veiled ("Rire" 211, 219-21). Divorced from historical context, the corpus of surviving farces has thus lent itself to a nostalgic, reactionary, and totalizing vision of the harmless and childish antics of the lower classes at play. Koopmans exhorts us to resist such a groundless, sentimental caricature and to embrace instead neohistoricist and microhistoricist projects of recovery: we must delve into municipal and regional archives in order to resituate farce within its original communicative settings, thereby redefining its popular character. That character is just as likely to be targeted and oppositional as conventional and quiescent, and in many instances the latter tendencies would have served to conceal and enable the former. Farceurs may have smiled broadly, but evidence suggests that they often did so through clenched or gnashing teeth. Likewise, the laughter they elicited in audiences was not always playful and harmless; on the contrary, writes Koopmans, it could be a "rire grinçant": ruminative and brooding, sometimes even threatening and cruel.

But what are we to do with the scores of published scripts that cannot be linked to a well-defined context and that have often given the impression of puerile mischief, genial resignation, and toothless wit? I believe we could read those scripts more deeply, and perceive farce's many faces more clearly, if we were to start by conceding Jody Enders's claim that early French playwrights rarely managed (or sought) to impose aesthetic coherence and fixed value systems on the common stage. Instead, they enacted a play of differences, shuttling freely "between hegemonic and populist agendas, concession and rebellion, oral and written transmission, tradition and change, illusion and reality," to the point that one pole becomes difficult to distinguish from the other (Death 5). Even the most conventional farces exhibit elements of this dialectical oscillation, which is legible in the very thematic and structural properties of the genre. Thus, the proverbial basis for many plots—à trompeur, trompeur et demi, "every deceiver will be deceived," or, more literally, "for every deceiver, a deceiver and a half"—suggests that in the hands of farceurs, reality is prone to increasingly artful forms of falsification and that the seemingly bland repetition of traditional formulas may itself constitute a tactic for pursuing social advantage, disruption, and change. After all, many farce characters use theatrical tricks to claim identities and privileges that are not their own by right, custom, or birth. Even if they are eventually exposed or unseated, moreover, it is usually by an even wilier deceiver pursuing not justice or truth but his or her own advancement. Together, then, trompeur and trompeur et demi reveal that social roles, ranks, and realities are not fixed and innate but contingent and transferable, and that the theatricality of everyday life can be used to undermine hegemonic forms of social determinism.

Naturally, we encounter more rigidly conceived characters in farce as well, characters whose truth to type seems to verify the power of social categories to absorb individuals and prescribe their destinies. And yet by giving ideology such a crude form, these characters must also have exposed it as a system of representation subject to demystification and appropriation. Many spectators would presumably have understood, whether consciously or unconsciously, that reductive stereotypes have little to do with real people but instead mark an attempt to impose ideological order through fictional means. Many others would likely have grasped the ways in which real people could in turn use typological masks—what were known in the period as faux visages (Koopmans, "Et doit")—to achieve subversive goals or avoid pernicious outcomes. Indeed, theater archives lend credence to such a claim: forensic records reveal that farceurs were immensely skilled at exploiting the genre's conventions, as well as the ambiguities of identity and intention inherent in theatrical performance, to surreptitiously convey seditious messages, to guarantee themselves plausible deniability in case of detection, and to undermine the efficiency of political domination by ruling elites (Bouhaïk-Gironès, "Procès").

Evidence such as this surely confirms Paul Zumthor's claim (which Enders is fond of citing) that "of all the arts, theater is, without a doubt, the most receptive to changes in the social structure, and the most revelatory of those changes" (Essai 447, qtd. in Enders, Death 5). As Enders rightly notes, however, "it is not so easy to figure out just what theater was . . . revealing . . . in a given time and place" (Death 5); nor can we readily discern all the manifest and latent meanings a play and its players would have communicated to an assembled audience and the various subgroups it encompassed. Much like the tricksters they played, farceurs were careful to hide their faces in a regression of masks, and seem to have been especially skilled at concealing acts of rebellion within gestures of concession. We must therefore train ourselves to think of all faces in farce as faux visages. By endowing social identities and relations with aesthetic form, these false faces illustrate the paradoxical power of concealment and latency. Or to quote a description of les Gens (the People) in Métier, Marchandise, le Berger, le Temps et les Gens, a fifteenth-century farce morale, "Ilz vous montrent leur faulx visage / Car ilz parlent mal en deriere" ("They show you their false face because they speak ill behind it"; qtd. in Koopmans, "Et doit" 280).

Taking my cue from characters like les Gens, Mère Folle, and her acrobatic fools, I argue in this book that much of the richness of the extant farce corpus lies in its use of familiar and shared, but also elusive and multiaccentual, cultural codes to mediate, negotiate, and reflect upon the ethical, political, and religious complexities of late medieval and early modern urban life. My ambition is to recover some of this richness by exploring the many intriguing ways in which character types, crude jokes, and conventional plotlines were imbued with social, ideological, and even metaphysical significance. My approach diverges sharply, however, from current trends in medieval theater history. Trained in literary criticism and cultural and critical theories, I have focused less on original archival research than on published playscripts in modern critical editions. As Koopmans notes, it is rare that we can "faire le pont" between these two forms of evidence ("Rire" 217); and indeed, I am often obliged to adopt speculative methods in this book as I turn to plays for which we lack solid information regarding date, provenance, authorship, audience, or performance practice. I aim to show, however, that a materialist, socioaesthetic analysis of farce can be considerably advanced by focusing on literary modes of social description, representation, and critique, especially parody and satire; by attending to the semantic ambiguities inherent in playscripts and their intertextual (and especially scriptural) references; and by using poststructuralist, anthropological, feminist, and queer theories of ethics and politics, domination and resistance, subjectivity and subjection, faith and doubt to conjecture about possible relationships between theatrical spectacles and the social and ideological worlds in which they emerged. As I argue in the following four chapters, those relationships are neither static nor neutral but are instead profoundly equivocal, highly charged, and largely ungeneralizable.

Chapter 1 draws on Michel de Certeau's theory of everyday consumption and James C. Scott's theory of the "infrapolitics" of subordinate groups to argue that, even when farceurs purvey seemingly compliant or hegemonic forms of comic representation, they also establish a dialectical relationship with them, exposing contingencies, weaknesses, and opportunities at the heart of the ideological field. Thus, whereas many scholars have argued that farce uses satirical depictions of inversion, deviance, and revolt to ensure moral rectification and political acquiescence, I insist that those depictions mediate oppositional struggles without resolving them and thwart attempts to achieve social catharsis. This denial of closure invites a hermeneutic stance I call "plural reading": states of interpretive undecidability that elicit participatory engagement and oscillate between the enforcement and disruption of ingrained systems of value. In keeping with this focus on hermeneutic practice, the chapter is devoted in large part to historical performance as it can be reconstructed from institutional records, eyewitness testimonies, and the like. I do, however, present readings of three plays: the Norman farce Le gentilhomme et Naudet; Pierre Gringore's four-part Parisian Carnival play Le jeu du Prince des Sotz et de Mere Sotte; and the Reformation-era Rouennais morality play Le Ministre de l'Eglise, which, while not technically a farce, aptly illustrates how the multiaccentuality of comic theater can fuel ethical inquiry, political opposition, and religious innovation.

Chapter 2 turns to Maistre Pierre Pathelin and argues that this celebrated courtroom drama, in which a devilish shepherd tactically relinquishes human speech and agency in order to triumph over his exploitative employer and shyster lawyer, is not the immoral or amoral masterpiece it is often made out to be. Rather, Pathelin makes deft use of social parody to expose the injustices of mercantile capitalism, and of scriptural parody to elaborate an ethical and political eschatology that is known (like the eschaton itself) only as prophetic expectation. I argue that contemporary audiences would have been deeply attuned to the operations of parodic repetition in the play and would have construed it less as profane desecration than as productive engagement with sacred beliefs. Among other things, sacred parody transforms a notion of otherworldly justice that inures us to present injustice into an opportunity to critique and resist bourgeois hegemony in Christ's name. The chapter concludes with readings of Pathelin's little-known sequels, Le nouveau Pathelin and Le testament Pathelin, which echo the original by using liturgical parody to put pressure on religious conventions and moral norms.

Chapter 3 is also devoted to the sacred-profane dialectic and focuses on Andrieu de La Vigne's Le mystère de saint Martin, a three-day-long saint's play that was staged in the Burgundian city of Seurre in 1496 and included two shockingly irreverent farces: Le meunier dont le Diable emporte l'âme en enfer and L'aveugle et le boiteux. My claim is that these farces point to lay misgivings regarding clerical sanctity and sacramental efficacy even as they show us that it was in the very nature of late medieval belief systems to confuse orthodox rituals and theologies with their apparent contradiction, to sacralize the filth that official religion strives to preclude, and to affirm the power of the liturgy by contemplating its performative failures. While little attention has been paid to Christian content in farce, many plays focus on theological doctrine, devotional practices, and clerical life, especially those that were inserted like forcemeat (farcir, "to stuff") into mystery play productions. This chapter attempts to provide a richer perspective on religion in farce by examining burlesque sendups of Penance, Eucharist, and hagiography in Le meunier and L'aveugle and the ways in which they establish a dialogical relationship between mystery and farce, and thereby present alternatives to, and suggest alternative meanings within, familiar rituals and codes.

My final chapter is devoted to la farce des femmes and offers a queer reading of the classic "woman on top" theme, which served both as a normative charivari (affirming male headship through fanciful inversions of sexual hierarchy) and as a projection of revenge fantasies (including women's own and those of various "feminized" subalterns). Although feminists have long argued for an inherent ambivalence in fictions of female insubordination, scholars of farce have tended to view those fictions as ridiculous contrivances that clarify hierarchies by reversing them. My claim is that farce's gendered fantasies are far queerer than this reading allows. They often entail games of cross-dressing and rest upon a fluid conception of sexual difference that lends itself to a variety of appropriations. I seek to queer la farce des femmes by demonstrating how female characters work to disclose the tenuous relations, cultural anxieties, and ideological fissures at the heart of the heterosocial regime, whether they submit to its dictates or repudiate them. To make my case, I examine two plays: Serre Porte et Fin Verjus, in which a shrewish housewife surrenders power to her husband only on the condition that he obey her by donning her dress and exacting revenge on their shared enemy; and Le poulier à six personnages, in which a milleress rescues her husband from eviction and debt using paradoxical gestures of submission that enable her to subordinate men and emancipate women across the social spectrum. Drawing on Mary Hartman's "subversive" history of the household and Jack Halberstam's queer account of "shadow feminism," I argue that these plays manifest the ability of well-behaved women to acquire room for maneuver, to raise political voices, and to enact historical agency even in circumstances of apparent ideological overdetermination.

Before moving on, I should say a few words about the structural and intellectual design of this book. First, I should admit to, and perhaps apologize for, my proclivity for long chapters. This proclivity is rather clearly at odds with the formal economy of farce itself and entails what may initially appear to be unlikely departures into unrelated (and unfunny) domains: nominalist philosophy, sacramental theology, female clergie, marital debt theory, historical demography, law enforcement, foster parentage, and so on. I hope to have made the relevance of these deviations evident to my readers, to have kept my through line well in sight, and to have compensated for my rather unbounded sense of intellectual terrain by carefully subdividing my chapters into sections. Second, I should acknowledge that most of the plays studied here are little known even to specialists and therefore require detailed exposition. To that end, I have organized many of my readings seriatim in order to give a sense of the temporal unfolding of plot in performance. Finally, I should grant that while I have worked assiduously to avoid the kind of decontextualized analysis Koopmans critiques, I have nonetheless conceived this book as a study in genre and have therefore sought to identify broad continuities within the farce repertory. In an attempt to mitigate the essentializing tendencies of literary taxonomies, I supply geographical and chronological signposting wherever I can. I am assisted in this task by the brilliant historical lexicographer Yan Greub, whose diatopic study Les mots régionaux dans les farces françaises has enabled scholars to attribute specific plays to specific regions with far greater certainty than in the past. I also rely on the work of theater historians who have studied the manuscript and print sources for farce, gleaning from them precious clues regarding provenance and dating. Most crucial for my purposes is Koopmans's new edition of the Recueil de Florence, which has enabled numerous historical discoveries and conjectures. Perhaps most enticing among these is Koopmans's speculation that the plays contained in the Recueil may have been assembled by Pierre Gringore and the theater troupe of which he was a member, that the troupe may have sold their repertory to a publisher early on in the reign of Francis I, and that the reason for the sale may have been the king's vigorous persecution of satirical actors and political dissidents (22-23). The volatile, contested nature of farce performance, which is the subject of Chapter 1, may thus be legible in the history of the books that have preserved farce scripts for posterity.

https://www.upenn.edu/pennpress/book/16032.html

Laurie M. Wood, Archipelago of Justice: Law in France’s Early Modern Empire
Posted: 15 May 2020 - 11:00

Yale UP, 2020.  ISBN: 9780300244007. 288 p. $65.00.

An examination of France’s Atlantic and Indian Ocean empires through the stories of the little-known people who built it

This book is a groundbreaking evaluation of the interwoven trajectories of the people, such as itinerant ship-workers and colonial magistrates, who built France’s first empire between 1680 and 1780 in the Atlantic and Indian Oceans. These imperial subjects sought political and legal influence via law courts, with strategies that reflected local and regional priorities, particularly regarding slavery, war, and trade. Through court records and legal documents, Wood reveals how courts became liaisons between France and new colonial possessions.

Laurie M. Wood is assistant professor of history at Florida State University, where she is affiliated with the Institute on Napoleon and the French Revolution.

https://yalebooks.yale.edu/book/9780300244007/archipelago-justice